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L'école emportée

[Chronique Manga] L’école emportée !

Découvre notre chronique du manga l’école emportée éditer chez Glénat ! Quand une école entière bascule hors du monde, ce survival aux allures de cauchemar éveillé se révèle être avant tout une méditation poignante sur l’innocence sacrifiée, la faillite des adultes et le monde brisé qu’une génération laisse en héritage à la suivante.. Un survival oppressant et sans pitié, signé par le maître japonais de l’horreur Umezu Kazuo. On parle évidemment de l’école emportée qui est terminé en 6 tomes et éditer chez Glénat et pour un public averti.

L’École emportée de Kazuo Umezu a été éditée une première fois en France par Glénat Manga en six volumes entre novembre 2004 et octobre 2005, dans un format compact basé sur l’édition bunko japonaise ,un choix souvent critiqué par les lecteurs, le petit format ne rendant pas justice à l’expressivité du trait d’Umezu. Glénat a ensuite republié la série à partir de 2021 dans un format plus généreux, profitant de la notoriété grandissante du mangaka en France , portée notamment par les publications du Lézard Noir et le prix patrimoine obtenu à Angoulême en 2018 pour Je suis Shingo. Cette nouvelle édition en six tomes se conclut en 2022 et permet enfin d’apprécier l’art d’Umezu dans toute sa splendeur.

Un matin ordinaire, une école primaire est mystérieusement arrachée au monde réel et projetée dans un désert hostile et sans vie. Élèves et professeurs se retrouvent seuls, coupés de tout. Les adultes s’effondrent rapidement , folie, violence, S , laissant les enfants se débrouiller seuls face à la faim, aux maladies et aux dangers d’un environnement impitoyable.Shô, le protagoniste, doit mener ses camarades dans cette lutte pour la survie, tandis que sa mère, de l’autre côté, refuse d’abandonner et cherche désespérément à le retrouver.

Publié entre 1972 et 1974, le manga est considéré comme l’un des tout premiers survival japonais, et son influence sur le genre est immense , on retrouve son empreinte jusque dans les œuvres de Junji Ito. Ce qui le rend remarquable, c’est qu’il ne se contente pas d’enchaîner les scènes de tension : derrière le survival se cache une œuvre profondément humaine, qui interroge la responsabilité des adultes, l’amour d’une mère et l’héritage écologique laissé aux générations futures , un propos étonnamment moderne pour l’époque.Plus de cinquante ans après sa sortie, le manga n’a pas pris une ride.

Né en 1936 à Kōya au Japon, Kazuo Umezu débuta sa carrière à l’âge de 19 ans par des publications dans la filière des librairies de prêt, entrant dans le cercle des auteurs du Gekiga Kōbō, dont les récits plus adultes faisaient de la sociologie et de la psychologie le cœur de leurs histoires. Au Japon, il porte officieusement le titre de « Dieu du manga d’horreur » et, pour beaucoup de Japonais dont l’enfance a été bercée par ses œuvres, cet auteur mythique est tout bonnement l’égal d’Osamu Tezuka.Umezu est fasciné par les aspects les plus sombres de la nature humaine, et ses œuvres peuvent être lues comme des cauchemars dont le lecteur, quand bien même il le voudrait, ne pourrait s’échapper. Il a publié de nombreuses œuvres telles qu’Orochi, Watashi wa Shingo ou encore Kami no Hidari-te Akuma no Migi-te, dont certaines ont été adaptées à la télévision. En France, il fallut attendre les années 2010 et les publications du Lézard Noir pour que le mangaka trouve véritablement son public, Je suis Shingo ayant notamment remporté le prix patrimoine au festival d’Angoulême en 2018

Lectrices assidue depuis très longtemps qui lit de tout ! Je lis aussi du Webtoon ! 🫶