Après un premier tome qui posait les bases d’un postulat aussi ambitieux que chaotique, Versus poursuit son exploration de cette collision improbable entre treize mondes et leurs ennemis respectifs. ONE, déjà reconnu pour son sens de l’absurde maîtrisé avec One-Punch Man et Mob Psycho 100, continue de jouer avec les codes du genre en multipliant les forces en présence. Ce deuxième tome pousse le concept encore plus loin, offrant un savoureux jeu de rapports de force où alliés et ennemis ne sont plus si simples à distinguer.

Après une ultime tentative désespérée pour vaincre les ennemis naturels qui menaçaient l’humanité d’extinction, treize mondes se sont brutalement percutés, entraînant avec eux leurs habitants… et leurs adversaires respectifs. Le héros Hallow de Sorcerion et ses compagnons, tout comme la commandante Keila de l’Ordonnance Mécanique et son équipe, se retrouvent soudainement acculés par les forces combinées de leurs ennemis, démons et robots réunis. Mais un étrange retournement de situation va rebattre les cartes : ces mêmes ennemis commencent à s’affronter entre eux.

Ce deuxième tome de Versus confirme le savoir-faire de ONE pour orchestrer un chaos savamment maîtrisé. En poussant plus loin la logique de sa collision de mondes, l’auteur multiplie les forces en présence sans jamais perdre le lecteur, s’appuyant sur un sens du timing comique et dramatique qui a déjà fait ses preuves dans ses œuvres précédentes. Le retournement de situation qui voit les camps ennemis s’affronter entre eux est particulièrement bien amené, apportant une respiration bienvenue et une dose d’inattendu à une intrigue qui aurait pu vite devenir prévisible.

Le duo formé par Hallow et Keila fonctionne bien, chacun apportant sa propre dynamique à ce récit chorale où les enjeux s’accumulent sans jamais étouffer le rythme. La mise en scène des affrontements, portée par un dessin efficace, sait alterner tension et moments plus légers avec une aisance qui rappelle les meilleurs instincts de ONE. Un tome qui confirme que Versus a largement les épaules pour tenir la distance sur le long terme, en jonglant habilement entre action débridée et humour absurde.

