Avec Zange, Santa Inoue s’éloigne des ambiances de rue qui ont fait sa réputation pour s’attaquer à une peur beaucoup plus proche de nous : celle qui peut surgir au détour d’une soirée ordinaire. Ce deuxième tome ouvre un nouveau chapitre pour la série et prouve que l’auteur n’a pas envie de lâcher son lecteur. Si vous aimez les récits qui mettent mal à l’aise sans jamais prévenir, c’est une lecture à ne pas manquer.

Dans une banlieue proche de Tokyo, Naomi Satsukawa, jeune employée de bureau, quitte son travail et se dépêche de rentrer chez elle. Une journée comme les autres, en apparence. Mais ce tome ouvre un nouveau chapitre dans l’univers de Zange, et la jeune femme va elle aussi se retrouver face à une situation qu’elle n’aurait jamais imaginée. Entre tension permanente et sentiment d’impuissance, l’histoire suit des personnes ordinaires au moment précis où tout bascule.

Ce deuxième tome confirme ce qui fait la force de la série : l’horreur vient de la normalité. Les personnages pourraient être n’importe qui, ils vivent des journées banales, et c’est justement ce qui rend le malaise aussi efficace. La mise en scène de Santa Inoue est très découpée, presque cinématographique, et donne l’impression d’assister à la scène sans pouvoir intervenir. On ne s’ennuie pas, et on lit les pages avec la boule au ventre.

Attention, ce n’est pas un manga pour tout le monde. Il s’inspire de faits divers et ne cherche pas à adoucir ce qu’il raconte, donc il faut accepter sa violence et son ambiance pesante. Mais si vous aimez les histoires sombres, qui jouent sur le réalisme plutôt que sur le surnaturel, ce tome vaut vraiment le détour.

