Certains mangas arrivent avec une réputation qui les précède, et Kagurabachi fait clairement partie de ceux-là. Bien avant sa sortie en librairie, la série faisait déjà beaucoup parler d’elle sur les réseaux, au point de devenir l’un des titres les plus suivis du moment sur Manga Plus. Quand on sait qu’un auteur est attendu au tournant, une question se pose forcément : est-ce que le résultat est à la hauteur ? Avec ce premier tome, Kana propose enfin au public français de se faire sa propre idée. Qu’on ait suivi l’actualité du titre de près ou qu’on le découvre seulement aujourd’hui, c’est l’occasion de voir ce que Takeru Hokazono a dans le ventre.

Chihiro est un jeune apprenti forgeron qui travaille chaque jour aux côtés de son père, Kunishige, un artisan réputé pour ses lames. Les deux hommes n’ont pourtant rien en commun : le père est un homme joyeux qui plaisante à longueur de temps, tandis que le fils est calme et très sérieux. Ils pensaient pouvoir vivre ainsi longtemps, dans la chaleur de la forge et dans une complicité faite de petits riens. Mais un événement tragique vient tout bouleverser et plonge Chihiro dans une haine profonde. Armé d’une épée aux pouvoirs particuliers, il décide alors de consacrer sa vie à une seule chose, la vengeance. Ce premier volume pose les bases de son parcours et nous présente les ennemis qui se dressent déjà sur sa route.

Ce premier tome se lit très vite, et c’est une vraie qualité. L’histoire va droit au but, les enjeux sont posés clairement et on comprend sans effort ce qui pousse le héros à avancer. Chihiro n’est pas un personnage bavard, mais son regard et ses réactions en disent long. Le contraste avec son père, au début du récit, rend la suite d’autant plus forte. Les scènes de combat sont un vrai point fort : elles sont lisibles, bien rythmées, et chaque coup de lame a du poids. Le côté forge et artisanat apporte aussi une touche originale, qui donne de la personnalité à l’ensemble.

Tout n’est pas parfait pour autant. Le dessin est propre et soigné, mais certains lecteurs le trouveront un peu lisse, avec un rendu parfois très numérique. Et si le point de départ est efficace, il reste assez classique pour un récit de vengeance. Ce tome installe beaucoup de choses sans encore nous surprendre vraiment. Cela dit, il donne une vraie envie de lire la suite, et c’est ce qu’on attend d’un premier volume. C’est un bon départ pour tous ceux qui aiment les histoires de sabres, d’action et de héros déterminés.

