Après un premier tome qui posait les bases, on attendait de voir si Kagurabachi allait confirmer. C’est souvent à ce moment-là qu’un manga se joue : il doit prouver qu’il a de la ressource, au-delà de son point de départ et de sa réputation. Ce deuxième volume arrive donc avec une vraie question en tête : est-ce que l’histoire parvient à monter d’un cran, ou se contente-t-elle de répéter ce qui a déjà fonctionné ? Pour les lecteurs qui hésitaient encore à continuer, c’est le tome qui permet de se faire une vraie opinion sur la série.

Chihiro est lancé dans un combat difficile contre Sojo, un adversaire qui manie lui aussi une lame enchantée. Les deux hommes se rendent coup pour coup et l’issue reste incertaine jusqu’au bout. Pendant ce temps, ailleurs sur le champ de bataille, les forces spéciales envoyées contre l’ennemi se retrouvent en très mauvaise posture. Le tome laisse aussi un peu de place aux personnages qui entourent Chihiro : Char évoque une partie de son passé, ce qui permet de mieux comprendre d’où elle vient et ce qu’elle a traversé.

Ce deuxième tome est plus dense que le premier, et c’est tout à son avantage. Le duel occupe une grande partie du volume, mais il ne devient jamais répétitif : les attaques s’enchaînent, le rapport de force bouge, et on sent que chaque coup compte. L’histoire prend aussi un peu plus d’épaisseur côté personnages. On s’attache plus facilement à ceux qui entourent Chihiro, et l’émotion arrive à plusieurs moments sans être forcée. Quelques touches d’humour viennent alléger l’ambiance, ce qui évite à l’ensemble d’être trop pesant.

Reste un bémol : Je trouve que le dessin est un cran en dessous du premier tome, avec un rendu parfois moins soigné. Cela ne gâche pas la lecture, mais ça se remarque. Au final, ce tome confirme que la série a de quoi tenir sur la durée. Il donne envie de lire la suite, surtout pour voir où l’auteur veut emmener Chihiro après un affrontement aussi marquant.

