Le troisième tome de Kagurabachi arrive à un moment où la série a déjà installé son univers et ses règles. Les lecteurs savent désormais à quoi s’attendre, et c’est justement ce qui rend ce volume intéressant : il doit réussir à garder l’attention sans compter sur l’effet de surprise du départ. Ici, le décor change, avec un lieu bien plus mystérieux et une ambiance différente de ce qu’on avait vu jusque-là. Reste à savoir si ce nouveau cadre apporte assez de fraîcheur pour relancer l’envie de tourner les pages.

Chihiro apprend que Shinuchi, la plus puissante des lames enchantées forgées par son père, est mise en vente sur un marché noir. Décidé à la récupérer, il se rend sur place, mais l’endroit est très bien gardé. Des sorciers talentueux ont pour mission de protéger la vente, et chacun d’eux représente une vraie menace. Pour atteindre son but, Chihiro va devoir se frayer un chemin au milieu d’adversaires redoutables, sans jamais perdre de vue ce qui compte pour lui.

Ce troisième tome change de rythme, et c’est plutôt bienvenu. Le cadre du marché noir donne à l’histoire une atmosphère plus lourde, avec ce sentiment que tout peut dégénérer à chaque instant. L’enjeu est facile à comprendre : une lame précieuse, des gardiens dangereux et un héros qui n’a rien à perdre. Les combats restent le point fort du volume. Ils sont variés, bien mis en scène, et chaque adversaire apporte sa petite touche, ce qui évite de s’ennuyer.

Le tome fait aussi avancer l’histoire sur la quête de Chihiro et sur le poids des lames de son père. On en apprend un peu plus sur ces armes, ce qui rend la suite plus intrigante. Le récit reste fidèle à son style : direct, nerveux, sans grandes digressions. Certains lecteurs aimeront cette efficacité, d’autres trouveront que l’intrigue avance de façon assez classique. C’est un volume solide, qui prépare bien la suite sans chercher à tout révolutionner.

