Treize nuits de vengeance Tome 1 : Quand les femmes bafouées se font justice
Figure incontournable du manga, Kazuo Kamimura signe avec Treize nuits de vengeance un recueil qui tranche radicalement avec l’image plus posée qu’on lui connaît habituellement. Puisant dans le folklore japonais de l’époque d’Edo, l’auteur y explore les thèmes de l’amour trahi, du désir et de la rancœur à travers le prisme de figures féminines déterminées à se venger de ceux qui les ont bafouées. Ce premier tome, qui rassemble trois récits inédits en France, confirme le talent de Kamimura pour marier poésie graphique et bascule vers l’horreur, offrant une œuvre aussi captivante que dérangeante.

Ce premier tome de Treize nuits de vengeance rassemble trois récits courts se déroulant à l’époque d’Edo au Japon, chacun consacré au portrait d’une femme confrontée à la trahison masculine. La première nuit conte l’histoire d’Oiwa, une femme dont le père a été assassiné et qui se voit contrainte d’accepter l’amour de son meurtrier, un rônin. La troisième nuit s’attarde quant à elle sur Onami, une gozé tombée amoureuse du fils du patron d’un village de pêcheurs, qui lui propose de rester vivre à ses côtés. À travers ces destins de femmes victimes d’une société étouffante, Kazuo Kamimura explore les thèmes de l’amour, de la jalousie et de la rancœur, développant progressivement les prémices d’une vengeance qui ne manquera pas de frapper ceux qui se sont joués de leurs sentiments.

Ce premier tome de Treize nuits de vengeance confirme tout le talent de Kazuo Kamimura pour marier poésie graphique et noirceur assumée. Les récits, bien que denses avec leurs centaines de pages chacun, permettent une véritable immersion dans le destin de ces femmes bafouées, entre tragédie et sensualité. Les illustrations sont d’une grande qualité, avec de belles touches de couleur qui tranchent élégamment avec les lignes noires du dessin, rendant hommage au savoir-faire visuel de l’auteur.

L’ambiance dérangeante instaurée par ces histoires horrifiques fonctionne particulièrement bien pour évoquer les travers d’une société oppressive envers les femmes, même si le mélange d’érotisme et d’épouvante pourra ne pas convenir à tous les lecteurs. Les bonus en fin d’ouvrage, avec leurs explications sur le folklore de l’onryō et le contexte de création, apportent une plus-value appréciable pour situer l’œuvre.



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