[Test] Faraway - La tête dans les étoiles

Au milieu de l’avalanche de superproductions qui ont rythmé ces derniers mois, il est parfois bon de s’accorder une petite respiration. Et pour cela, on peut toujours compter sur Annapurna Interactive ! Mais cette fois-ci, l’éditeur sort des sentiers battus avec Faraway, un titre développé en solo par Steph Thirion. L’éditeur nous a plutôt habitués à des expériences purement narratives, à l’image du récent Forever Ago, mais avec Faraway, Annapurna nous propose un puzzle-game qui prend le parti de la simplicité extrême. Aux manettes d’une étoile filante, et doté d’une esthétique épurée, le titre offre une parenthèse spatiale aussi relaxante en apparence qu’exigeante manette en main.

Les +
  • Un gameplay qui fonctionne
  • Des modes différents
  • Une petite ambiance réussie
  • Son prix (10€)
Les –
  • On fait très vite le tour
  • Peut-être trop minimaliste justement
  • Les menus vraiment moches

Faraway: est un petit jeu sympathique qui ravira les amateurs de casse-têtes. Édité par un Annapurna à semi contre-emploi (car le gameplay reste minimaliste), ce titre développé en solo réussit le pari de l'élégance grâce à son minimalisme absolu et son gameplay intelligent à une seule touche. Sous des abords faussement enfantins, son système de déplacement gravitationnel exige un réel temps d'apprentissage. Il offre un défi relevé, particulièrement dans son mode procédural, qui ne laisse pas le temps de réflechir. Le problème étant que la mécanique reste simpliste dans son principe, et même si elle est dure à maîtriser, on se retrouve à trop vite faire le tour de Faraway. On se retrouve donc face à une petite parenthèse spatiale et cérébrale pour souffler un peu (quand on échoue pas trop) – Ninof

6.5
von 10
2026-11-04T15:00:00+01:00

Une sobriété assumée, des menus jusqu’au gameplay

Dès les premières secondes, Faraway fait dans la sobriété absolue. Ses menus, particulièrement austères, semblent tout droit sortis d’une vieille présentation PowerPoint, notamment au niveau de la police d’écriture, et la présence d’un > au lieu d’une flèche plus traditionnelle. Cette approche minimaliste donne le ton d’une expérience qui va à l’essentiel. Après tout, l’espace, c’est vide, le jeu suit donc ce parti. L’esthétique générale suit cette même ligne directrice : le joueur n’incarne rien de plus qu’une étoile filante évoluant dans le vide sidéral pour relier des étoiles entre elles, et les transformer en constellations.

[Test] Faraway - La tête dans les étoiles

Ce minimalisme s’étend jusqu’à son gameplay, qui ne requiert l’utilisation que d’une seule et unique touche. Mais ne vous y trompez pas : si cette mécanique paraît simpliste de prime abord, elle exige en réalité un véritable temps d’adaptation avant d’être pleinement maîtrisée. Le principe de déplacement est en effet diablement exigeant. Lorsque votre étoile filante s’approche d’une étoile, presser le bouton A vous permet d’entrer dans son champ gravitationnel et de tourner en orbite autour d’elle, avec plus ou moins de vitesse au cours de l’orbite. Il s’agit ensuite de choisir le bon angle d’éjection et de relâcher le bouton au moment opportun pour vous propulser dans l’espace vers votre prochaine cible, et ainsi de suite, pour se déplacer d’étoile en étoile, à la recherche de la prochaine zone où créer une constellation.

Trois modes pour devenir le maître des étoiles

L’objectif de ces balades d’orbite en orbite à travers la galaxie est clair : jouer les créateurs intergalactiques en dessinant des constellations. Cette mécanique gravitationnelle sert de colonne vertébrale à l’ensemble du jeu, et se décline à travers trois modes distincts, chacun ayant son principe de réussite.

[Test] Faraway - La tête dans les étoiles

Le cœur de l’expérience réside dans le mode principal, sobrement intitulé Faraway. C’est indéniablement le mode le plus plaisant du titre. Sa grande force repose sur sa génération procédurale : d’une partie à l’autre, les constellations à créer et les puzzles à résoudre ne sont jamais les mêmes, offrant une rejouabilité infinie, avec évidemment un leaderboard pour comparer son score aux autres joueurs.

Le joueur dispose de 45 secondes au départ pour engranger le plus haut score possible. Dans ce temps imparti, il faudra réussir à emmener notre étoile filante de zone rouge en zone rouge, pour construire les plus grandes constellations possibles. Et le stress monte lorsqu’il ne reste plus que quelques secondes au compteur et qu’on doit rejoindre la prochaine zone rouge (ce genre de déplacement prend souvent 10s).

[Test] Faraway - La tête dans les étoiles

Pour faire exploser son compteur, il faut donc réussir à relier toutes les étoiles d’un groupe pour former la plus grande constellation, et si possible dans le même temps créer des boucles (des cycles fermés comme un triangle complet). Valider ces formes parfaites permet de faire grimper le multiplicateur de points et en plus de regagner de précieuses secondes. C’est d’ailleurs en progressant dans ce mode que l’on débloque les niveaux des deux autres modes. Plus haut est notre score, plus hauts les niveaux seront débloqués. Ces derniers proposent une approche différente : l’épreuve « Classique » demande de résoudre une série prédéfinie d’une petite dizaine de constellations à la suite, tandis que le mode « Ascent » se concentre sur une unique figure d’une plus grande complexité, et nécessitant forcément une boucle pour être résolue.

[Test] Faraway - La tête dans les étoiles

Un puzzle-game en mode die and retry

Et c’est précisément là que réside toute la difficulté de Faraway. Si les tous premiers niveaux font office de promenade de santé (ou de gentil tutoriel), la difficulté augmente rapidement, et les niveaux avancés se transforment en véritables casse-têtes qui vont demander du temps, de la patience, et de la réflexion. Et contrairement à un jeu de réflexion traditionnel où l’on peut poser sa manette pour analyser la situation, Faraway ne vous laisse aucun répit. Notre étoile filante, portant bien son nom, ne s’arrête jamais de bouger.

[Test] Faraway - La tête dans les étoiles

Il est donc impossible de se poser pour réfléchir. Le gameplay repose sur l’instinct et la précision chirurgicale du lâcher de bouton : il faut tenter, échouer, analyser sa trajectoire en une fraction de seconde, et retenter immédiatement. L’avantage est que dans les modes classiques, si on se rate, on peut reprendre directement. Pas de mort, pas de chargement, pas de temps limité. Juste le joueur, son étoile filante, et sa patience, à reprendre la construction de la constellation. Les amateurs de jeux retors et minimalistes à l’esthétique épurée, dans la droite lignée d’un Super Hexagon ou d’un Geometry Wars, y trouveront assurément leur compte face à cette exigence de tous les instants.

Pour enrober ce défi spatial, le jeu de Steph Thirion s’appuie sur une direction artistique très simple mais diablement efficace. La patte graphique retranscrit parfaitement cette sensation de vide sidéral, portée par une bande-son qui accompagne très justement l’action et renforce l’immersion sans jamais déconcentrer le joueur de ses orbites.

[Test] Faraway - La tête dans les étoiles

Faraway est donc une petite parenthèse spatiale, un petit bonbon pour les joueurs à la recherche d’un casse-tête original. Steph Thirion est allé à l’essentiel, et cette petite aventure a quelque chose de poétique, tant il est satisfaisant de réussir à créer une belle constellation. Et face aux nombreux échecs qui auront lieu dans les différents niveaux, sachez que dans l’espace, personne ne vous entendra crier.

By Ninof

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