Parmi les séries qui mélangent histoire et enquête, Les Carnets de l’apothicaire a trouvé sa vitesse de croisière avec ce quatrième tome. Le manga est tiré du roman de Natsu Hyuuga, avec Itsuki Nanao au scénario et Nekokurage au dessin, et il est publié par Ki-oon. L’ambiance est celle d’une cour impériale inspirée de la Chine ancienne, où les sourires cachent souvent des secrets et où un simple détail peut tout changer. Ce volume nous emmène hors des murs du palais avant de nous y ramener, et il joue sur les contrastes : un côté plus léger et un côté plus sombre, avec toujours cette héroïne que personne ne voit venir. Si vous aimez les histoires où l’on cherche des indices, où l’on observe les personnages et où chaque tome donne envie de lire le suivant, vous êtes au bon endroit.

Mao Mao est désormais goûteuse et dame de compagnie au service d’une des concubines préférées de l’empereur. Elle part dans le quartier des plaisirs pour profiter de quelques jours de repos auprès de son père. Mais l’apothicaire n’a pas le temps de souffler très longtemps, car une courtisane et l’un de ses clients ont été retrouvés empoisonnés dans une maison close du coin. Avec son calme et son sens de l’observation, elle va chercher à comprendre ce qui s’est passé. De retour au pavillon de Jade, ses ennuis continuent. Jinshi lui demande d’éclaircir un autre mystère : le corps d’une servante de la cour intérieure a été découvert dans les eaux glacées des douves. Entre ces deux affaires très différentes, Mao Mao va devoir utiliser toutes ses connaissances, et cette fois encore, rien ne se passera tout à fait comme prévu.

Pour moi, ce tome 4 est un très bon moment de lecture, surtout grâce à son rythme. Les deux enquêtes ne se ressemblent pas du tout : la première se passe dans le monde coloré et animé du quartier des plaisirs, la seconde dans un palais plus froid, plus silencieux, où l’on sent que chacun cache quelque chose. Ce changement d’ambiance donne envie de tourner les pages. J’aime aussi la manière dont les indices sont posés, sans jamais perdre le lecteur : on réfléchit en même temps que Mao Mao, on regarde les détails dans les dessins, et on prend plaisir à comprendre pas à pas. L’univers est riche, avec des décors, des tenues et des lieux très bien dessinés qui rendent la cour impériale vivante.

Ce qui rend le tome encore plus agréable, c’est la façon dont il fait avancer ses personnages. On découvre Mao Mao dans un cadre plus personnel, avec son père, et cela nous la fait voir autrement que dans les intrigues du palais. Sa curiosité pour les poisons et son franc-parler font toujours mouche, et sa relation avec Jinshi continue de se construire de façon intéressante, avec cette confiance qui s’installe doucement. Le manga parle aussi de la place des femmes dans une société très codée, des différences entre les classes et du pouvoir du savoir quand on est une jeune femme sans titre ni fortune. Ces sujets sont amenés avec simplicité, au milieu des enquêtes, sans jamais alourdir le récit. C’est un tome que je recommande à tous ceux qui aiment les histoires de mystère avec une héroïne maligne et un univers qui change des classiques.

