Après un premier tome qui mélangeait fantasy, humour et émotion, la vraie question était de savoir si la série saurait garder cet équilibre sur la durée. Ce deuxième volume répond plutôt bien : on retrouve ce contraste qui fait l’identité du manga, celui d’un monde dangereux et d’un quotidien presque tendre, où les rapports humains passent avant les coups d’éclat. Avec ce tome, la série prend un tournant plus intime, et c’est ce qui la rend aussi attachante.

Kakyu, un diable à la force phénoménale, vit désormais une existence paisible dans un monde parallèle. Il élève seul Ars, un bébé recueilli après une tragédie, mais l’enfant ne semble pas tout à fait comme les autres. Dépassé par son rôle de père, Kakyu décide de chercher quelqu’un pour l’aider. Sa route croise alors celle d’Elsa, une elfe noire réduite en esclavage, qui lui paraît tout à fait convenir. Reste à savoir si elle acceptera de sauter le pas, elle qui doute de sa place et de son droit au bonheur.

Le plus grand plaisir de ce tome, c’est le duo formé par Kakyu et Elsa. Kakyu reste un personnage savoureux : très puissant, mais maladroit dès qu’il s’agit de parler à quelqu’un, et sa façon de formuler les choses de manière trop directe provoque des situations drôles. Face à lui, Elsa apporte une vraie profondeur. Son passé lui pèse, et son hésitation donne au récit une dimension émotionnelle plus forte que dans un simple « diable qui adopte un bébé ». Le thème de la famille choisie fonctionne bien : un diable, une elfe et un enfant venu d’ailleurs, trois êtres très différents qui apprennent à se faire confiance. Le rythme est enlevé, ce qui laisse peu de temps morts, et l’alternance entre humour et sentiments fait mouche.

Le dessin accompagne parfaitement ce ton : expressif, il passe sans effort des scènes d’action aux moments de tendresse, et les émotions des personnages se lisent au premier coup d’œil. Le rythme enlevé de l’histoire est un vrai atout : on tourne les pages sans voir le temps passer, et chaque chapitre apporte son lot d’humour, de sentiments ou de révélations. Les personnages gagnent encore en profondeur, et la famille que forment peu à peu Kakyu, Elsa et Ars devient réellement attachante. Ce deuxième tome tient toutes ses promesses, enrichit l’univers sans perdre ce qui faisait le charme du premier volume, et donne envie d’enchaîner immédiatement avec la suite.

