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Une aube nouvelle - mise en avant

[Critique Anime] Une Aube Nouvelle de Yoshitoshi Shinomiya

Avec Une Aube Nouvelle, Yoshitoshi Shinomiya signe une œuvre d’une rare sensibilité, où l’animation devient langage, respiration et émotion pure. Entre poésie visuelle, contemplation et éclats de vie, le film propose une expérience singulière qui s’adresse autant aux amateurs d’animation d’auteur qu’aux spectateurs en quête d’un cinéma différent.

Une œuvre poétique et sensorielle

Yoshitoshi Shinomiya

Né en 1980, le réalisateur Yoshitoshi Shinomiya a assuré la direction artistique et la réalisation de scènes spéciales pour des films en prises de vues réelles et d’animation, notamment Your Name (Makoto Shinkai) et Dans un recoin de ce monde (Sunao Katabuchi). Il a également réalisé le clip Adventure Squad: Mori no Yusha, ainsi que Tokino Crossing, qui a attiré l’attention du public lorsqu’il a été projeté sur un écran quadrilatéral géant au Shibuya Scramble Crossing. Parallèlement à ses activités dans des domaines variés tels que la conception de livres, la publicité ou les spots télévisés, il poursuit un large éventail de pratiques artistiques, incluant la peinture, la sculpture et l’image en mouvement, tout en explorant les techniques traditionnelles de l’art japonais.

Une Aube Nouvelle est le premier long‑métrage de Yoshitoshi Shinomiya, artiste peintre et illustrateur reconnu, qui signe ici une œuvre très personnelle, à la croisée du cinéma d’auteur et de l’animation japonaise. Il s’agit d’une coproduction franco‑japonaise entre Asmik Ace Entertainment et Miyu Productions. Le film est distribué en France par ADN.

Il a été présenté en première mondiale à la Berlinale 2026 avant de remporter le Prix du Jury Contrechamp au Festival d’Annecy 2026, ce qui confirme son statut d’œuvre marquante dans l’animation d’auteur.

Une Aube Nouvelle - affiche

  L’usine de la famille Obinata, spécialisée dans les feux d’artifice, est sur le point d’être fermée administrativement. Autrefois nichée au cœur d’une forêt verdoyante, le site est désormais recouvert de panneaux solaires, et une route départementale doit bientôt traverser l’emplacement de l’usine.

    Depuis quatre ans, Keitaro s’est enfermé dans cette usine désaffectée, où il fabrique seul des feux d’artifice. Il est obsédé par le mystère du shuhari, un feu d’artifice fantôme censé représenter l’univers, que son père avait créé juste avant de disparaître.  Avant la confiscation de l’usine, Keitaro est déterminé à lancer le shuhari de son père. Hanté par ses souvenirs, il fait appel à son frère Chicchi et à son amie d’enfance Kaoru pour faire éclater Une Aube Nouvelle.

Synopsis

La fin d’une époque

Alors que l’ensemble des locaux a accepté de plier bagage, Mr Obinata n’est pas prêt à se séparer de son usine de feux d’artifices qui est en activité depuis plus de 300 ans et va être victime d’une fermeture administrative afin de laisser place à de nouveaux projets délaissant l’avenir des locaux et la forêt environnante qui sera rasée afin d’emmagasiner un max de profits.

Alors que chacun cherche à gagner du temps, leur dernier espoir réside dans le Shuari, un feu d’artifice fantôme dont le projet n’a jamais vu le jour. Quatre ans plus tard, Keitaro est resté dans la demeure familiale, mais s’apprête à se faire expulser. C’est alors qu’il se retrouve à faire équipe avec son frère Chicchi et Kaoru, une amie d’enfance pour tenter de réaliser le rêve d’une vie. Mais ce projet resté des années en sommeil leur permettra-t-il de préserver l’héritage familial ?

Une œuvre marquante pour les amateurs d’animation d’auteur

Ce qui frappe de prime abord, c’est la dimension expérimentale du film conçu en 2D. La palette de couleurs flatte la rétine, ces dernières sont chatoyantes et marquent tant pour la colorimétrie des personnages, l’environnement, mais aussi les feux d’artifice qui sont au cœur du récit. Une sensibilité poétique très marquée qui ne laisse pas indifférent…

On retiendra également le récit au rythme assez lent, mais qui prend le temps de poser les bases d’un scénario centré sur la mémoire, la famille et la création. L’ensemble permet de mieux comprendre les motivations de chacun, et de s’attacher aux différents personnages dont Keitaro qui au-delà de l’aspect matériel de la demeure familial, voit aussi s’écrouler un savoir-faire familial délaissé par son père qui ne peut plus compter sur le soutien de sa défunte épouse. Le tout sur un fond écologique qui montre l’appétit insatiable des promoteurs qui sont prêts à détruire l’histoire d’une vie au profit d’un parc de panneaux solaires. Une œuvre contemplative, mais qui incite également le spectateur à s’interroger sur l’évolution de notre monde…

Avec Une Aube Nouvelle, Yoshitoshi Shinomiya signe une œuvre magistrale qui s’adresse aux amateurs d’animation d’auteur et de cinéma poétique. Un joyau à l’ambiance contemplative, parfois lente, mais profondément immersive qui se hisse sans mal parmi nos coups de cœur de la période estivale…

L’avis d’Atris

Parmi les points forts de ce film d’animation, la qualité de l’animation est clairement ce qui frappe en premier. Yoshitoshi Shinomiya livre un style pictural unique, marqué par des touches de couleur vibrantes et une sensibilité poétique, qui donne au film une identité visuelle proche d’une toile en mouvement. On sent une vraie maîtrise derrière la caméra, pas étonnant quand on sait que le réalisateur a notamment travaillé comme directeur artistique sur Your Name et Dans un recoin de ce monde.

Côté histoire, on suit un groupe de trois jeunes, deux frères et leur amie d’enfance qui refusent de voir l’entreprise familiale, une fabrique de feux d’artifice vieille de plusieurs siècles, disparaître sous le coup d’une saisie administrative. À travers ce récit, le film aborde plusieurs thématiques fortes : la transmission de l’héritage familial, la disparition de l’artisanat face à la modernisation, l’amitié, le passage à l’âge adulte, et le deuil.

Dans l’ensemble, c’était plutôt chouette. Le film n’est pas très long (à peine plus d’une heure), ce qui en fait un format accessible, et il aborde des sujets qui résonnent avec des enjeux bien actuels, la perte des savoir-faire traditionnels face à l’industrialisation, la difficulté de préserver un héritage dans un monde qui change trop vite. Une proposition sincère et visuellement marquante, même si elle reste modeste dans son ambition narrative.