[Chronique Manga] Les carnets de l’apothicaire
Découvre notre chronique des mangas les carnets de l’apothicaire éditer chez Mana Books & Ki-oons ! Dans la Chine impériale, une jeune servante au savoir médical hors du commun dissèque les mystères du palais avec la même précision qu’elle analyserait un poison , discrète, implacable, et décidément trop curieuse pour son propre bien.


Au cœur de la Cité interdite, Maomao n’est pas une servante comme les autres. Formée dès l’enfance aux plantes médicinales et aux substances toxiques par son père apothicaire, elle dissimule son savoir sous des dehors modestes, cherchant avant tout à traverser sa servitude sans attirer l’attention. Mais lorsque des enfants du palais tombent mystérieusement malades, elle ne peut s’empêcher d’intervenir , révélant malgré elle un talent qui va la propulser au cœur des intrigues les plus dangereuses de la cour impériale, entre rivalités de concubines, complots politiques et secrets d’État.

Les Carnets de l’Apothicaire séduit par la rare intelligence de sa construction : là où beaucoup de séries se contentent d’un cadre historique comme simple décor, celui-ci en fait le moteur même de l’intrigue, chaque mystère révélant avec précision les rouages d’une société impériale minutieusement reconstituée. Son héroïne, Maomao, tranche radicalement avec les figures féminines convenues du genre ni romantique éperdue ni guerrière invincible, mais une jeune femme pragmatique, mordante et profondément humaine, dont l’esprit scientifique apporte une fraîcheur narrative jouissive. Le manga excelle à entremêler enquêtes médicales, tensions politiques et portrait de condition féminine. A l’origine c’est avant tout un roman, mais il possède aussi d’un animé de plusieurs saisons, bien que l’animé soit très censuré par rapport a l’œuvre originale et beaucoup trop romantisé.

Les Carnets de l’Apothicaire bénéficient en France d’une double publication manga qui reflète la coexistence de deux adaptations distinctes au Japon. La version éditée par Ki-oon, dont la publication française a débuté en janvier 2021, est scénarisée par Itsuki Nanao et dessinée par Nekokurage, prépubliée initialement dans le Monthly Big Gangan de Square Enix depuis mai 2017. Mana Books, de son côté, propose depuis octobre 2023 une seconde adaptation intitulée Les Carnets de l’Apothicaire – Enquêtes à la cour, dessinée par Minoji Kurata connue pour Assassin’s Creed – Blade of Shao Jun et dont les deux premiers tomes sont sortis simultanément au prix de 7,95 € chacun. Cette version chez Mana Books compte déjà 19 tomes disponibles en français , tandis que Ki-oon enrichit également son offre autour de la licence, notamment avec la publication d’un artbook officiel. Les deux éditions partagent le même roman source de Natsu Hyuga et la même héroïne, Mao Mao, mais proposent des styles graphiques et des rythmes narratifs différents, offrant ainsi aux lecteurs francophones deux regards complémentaires sur cet univers.

Pour la version Ki-oon, Nekokurage a été repérée par un éditeur de Square Enix alors qu’elle était encore à l’université, grâce à ses dessins en ligne remarqués pour leurs personnages pleins de vie et leur univers pop. Sa carrière décolle en 2011 lorsqu’elle remporte un prix, et sa première série Soshokukei Danshi était déjà ancrée dans la Chine ancienne , un univers qui la passionne depuis l’adolescence, notamment la période des Trois Royaumes, ce qui lui a permis d’être sélectionnée pour adapter le roman. À ses côtés, Itsuki Nanao, responsable du scénario et du story-board, a su se faire remarquer dès le lycée en participant à des concours de maisons d’édition avant d’être repéré par Square Enix ; appréciant autant l’humour que l’émotion, il veille à trouver un équilibre entre le charme du roman original et les exigences narratives propres au manga.Du côté de Mana Books, c’est Minoji Kurata, déjà connue pour son adaptation d’Assassin’s Creed – Blade of Shao Jun, qui signe les dessins d’Enquêtes à la cour, proposant une version décrite par l’éditeur comme fidèle et passionnante du roman officiel. Enfin, à l’origine de tout, Natsu Hyuga a débuté Les Carnets de l’Apothicaire en 2011 sous forme de roman gratuit en ligne, dont le succès fulgurant a conduit à une publication en librairie dès l’année suivante ; autrice passionnée par la Chine ancienne et notamment par Wu Zetian, seule impératrice connue de l’empire du Milieu, elle dépeint avec talent une Chine à la fois réaliste et fantasmée.




Laisser un commentaire
Vous devez vous connecter pour publier un commentaire.