37 seconds Tome 1 : La quête de liberté de Yuma, entre handicap et émancipation
Adapté du film primé de Hikari sorti en 2020, 37 Seconds débarque désormais en manga chez Akata, porté par le trait si particulier de Yohei Kurihara. Un choix de mise en images qui donne une intensité à ce récit, déjà salué pour sa manière frontale et sincère d’aborder le handicap. Loin des clichés qu’on pourrait craindre, cette première adaptation en bande dessinée s’annonce comme une œuvre qui mérite qu’on s’y attarde.

Yuma rêve de devenir mangaka à part entière, mais sa vie ne lui en laisse pas vraiment l’occasion. Parce qu’elle vit en fauteuil roulant, sa mère prend toutes les décisions à sa place, et son amie d’enfance profite d’elle en s’appropriant le manga qu’elle dessine en secret. Épuisée par ces abus quotidiens, Yuma finit par prendre son courage à deux mains et postule dans un magazine de prépublication de mangas érotiques, une décision qui va marquer le début de sa quête de liberté.

Ce premier tome frappe fort par son honnêteté. L’histoire montre Yuma comme un personnage complet, avec ses envies, ses frustrations et sa vraie soif d’indépendance. Le choix de la faire se tourner vers les mangas érotiques est audacieux, mais il permet d’aborder des sujets rarement traités avec autant de franchise chez les personnes en situation de handicap, notamment la question de la sexualité.

Le dessin de Yohei Kurihara ajoute beaucoup à la force du récit, avec des ombrages sans trames qui donnent une vraie intensité aux planches. Ce premier tome pose bien les bases de l’histoire, même si certains personnages secondaires, comme la mère de Yuma, restent encore un peu trop en retrait pour l’instant. On sent malgré tout que la série a beaucoup à offrir, et l’envie de découvrir la suite du parcours de Yuma est déjà bien présente à la fin de ce tome.



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