Villainess Level 99 Tome 1 : Eumiella, une méchante pas comme les autres
Dans un paysage manga saturé d’isekai centrés sur des méchantes de jeux otome, il devient de plus en plus difficile de se démarquer sans reprendre les mêmes ficelles éculées. C’est pourtant le pari que relève Villainess Level 99 de Nokomi, publié en France chez Soleil Manga, en injectant une bonne dose d’autodérision et de mécaniques RPG à un sous-genre parfois figé dans ses formules. Une manière de rappeler que même dans un filon exploité jusqu’à la corde, il reste encore de la place pour surprendre.

Réincarnée dans le corps d’Eumiella Dolkness, la super méchante cachée de son otome game préféré, une étudiante japonaise discrète décide de tirer parti de sa vie antérieure pour éviter le funeste sort qui attend son personnage. Plutôt que de chercher à se lier avec l’héroïne et les prétendants du jeu, elle mise tout sur l’entraînement, bien décidée à devenir suffisamment forte pour affronter seule le roi démon si la situation l’exigeait un jour. Un plan qui tourne cependant à son désavantage lorsqu’elle atteint, sans vraiment le vouloir, le niveau 99, attirant sur elle une attention qu’elle avait justement tout fait pour éviter.

Villainess Level 99 réussit son pari en apportant une bouffée d’air frais à un sous-genre pourtant saturé de méchantes réincarnées. La grande force du tome tient à son héroïne, Eumiella, dont la froideur assumée et l’obsession pour l’optimisation façon RPG tranchent agréablement avec les personnages plus sentimentaux habituellement au centre de ce type de récit. L’humour, discret mais efficace, naît justement de ce décalage : voir une jeune fille aussi peu concernée par les enjeux romantiques du jeu, focalisée uniquement sur sa progression, apporte une fraîcheur bienvenue au concept.

Le trait de Nokomi, dynamique et lisible, sert bien les quelques scènes d’action disséminées dans ce premier tome, sans pour autant voler la vedette à l’aspect plus posé de la mise en place narrative. Si le postulat de départ n’invente rien de révolutionnaire, c’est surtout l’exécution qui convainc, entre rythme maîtrisé et personnage principal immédiatement attachant malgré son détachement de façade. Un tome d’introduction efficace, qui donne clairement envie de suivre la suite de l’ascension malgré elle d’Eumiella.



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