[Test] Screamer : une surprise à pleine vitesse.

Temps de lecture estimé :7 Minutes, 48 Secondes
Les +
  • Direction artistique forte et marquante
  • Ambiance sonore réussie
  • Concept original mêlant course et narration
  • Gameplay dynamique et nerveux
  • Système de combat (strike / bouclier)
Les –
  • Narration limitée par le budget
  • Manque de cinématiques animées
  • Répétitivité possible sur la durée

Screamer: surprend. Derrière une proposition atypique mêlant anime et jeu de course, Milestone propose une expérience exigeante et originale. Imparfait dans sa mise en scène, mais solide dans son gameplay, le jeu réussit à se démarquer dans un genre souvent très formaté. Cody

7.5
von 10
2026-04-06T09:00:00+02:00

Un reboot inattendu.

Screamer sort le 26 mars 2026 sur PC, PS5 et Xbox Series. Développé et édité par le studio italien Milestone, le jeu marque le retour d’une licence apparue en 1995 sur PC, à une époque où elle proposait une expérience de course arcade assez classique, que l’on pouvait rapprocher d’un Ridge Racer sur PC.

Milestone est surtout connu pour ses jeux de course à tendance simulation, notamment avec les séries Ride ou MotoGP, qui mettent en avant une approche plus réaliste de la conduite. Avec Screamer, le studio prend donc une direction assez différente.

Plus de trente ans plus tard, le studio fait un choix assez radical. Plutôt que de proposer un simple remake ou une suite fidèle à l’original, Milestone décide de conserver uniquement le nom pour en proposer une réinterprétation complète.

Screamer version 2026 s’éloigne ainsi totalement de ses origines pour devenir un jeu de course futuriste, avec une forte identité visuelle et une volonté assumée d’intégrer une dimension narrative. Le titre mélange alors plusieurs influences, entre arcade, univers cyberpunk et inspiration directe de l’animation japonaise.

Une orientation qui peut surprendre au premier abord, mais qui permet au jeu de se démarquer immédiatement dans un genre souvent très codifié.

Entre anime et jeu de course.

Screamer propose une expérience hybride assez rare dans le genre. Là où la plupart des jeux de course se concentrent uniquement sur la performance et la progression, le titre de Milestone tente d’intégrer une véritable dimension narrative au cœur de son expérience.

Le jeu mélange ainsi des courses nerveuses avec une narration clairement inspirée des animés japonais. On y retrouve des personnages marqués, des rivalités, des enjeux personnels et une volonté de construire un univers cohérent autour de ces différents protagonistes. L’ensemble s’inscrit dans un cadre futuriste, avec une ambiance cyberpunk qui renforce l’identité du jeu.

Le mode histoire, structuré autour d’un tournoi underground, sert de colonne vertébrale à l’ensemble. C’est à travers cette compétition que le joueur découvre les différents personnages, leurs motivations et les liens qui les unissent. Le récit se construit progressivement, avec des rebondissements et une mise en scène qui cherche à s’approcher des codes de l’animation japonaise.

Un des éléments les plus marquants reste le traitement des langues. Chaque personnage s’exprime dans sa propre langue, que ce soit en anglais, en français ou dans d’autres langues, un choix assumé par les développeurs. Ce parti pris est directement intégré au lore du jeu, qui justifie cette compréhension globale par l’utilisation de technologies de traduction dans cet univers futuriste.

Ce mélange entre narration et jeu de course ne fonctionne pas toujours parfaitement, mais il apporte une vraie personnalité à Screamer et contribue à le distinguer des productions plus classiques du genre.

Une ambition freinée.

L’un des aspects les plus intéressants de Screamer reste sa volonté de proposer une véritable histoire, là où le genre se contente généralement d’un simple enchaînement de courses. Le jeu tente clairement d’apporter une dimension narrative plus poussée, avec des personnages, des enjeux et une progression scénaristique qui s’inscrit dans la durée.

Le mélange entre cinématiques animées et séquences en visual novel fonctionne globalement bien dans sa structure. Les moments animés, réalisés en collaboration avec le studio japonais Polygon Pictures, apportent une vraie identité visuelle et participent à installer l’univers du jeu. Les phases plus statiques, quant à elles, servent à développer les dialogues et les relations entre les personnages.

On sent une réelle ambition dans l’écriture, avec une volonté de construire un univers cohérent, d’introduire des rivalités et de faire évoluer les différents protagonistes au fil du tournoi. Le jeu s’inspire clairement des codes de l’animation japonaise, avec des personnages archétypaux mais efficaces, et une narration qui repose sur des tensions, des révélations et des relations entre les différents acteurs de l’histoire.

Cependant, cette ambition se heurte rapidement à certaines limites. Le manque de moyens se fait ressentir, notamment dans la mise en scène. Les transitions entre les séquences animées et les phases en visual novel peuvent parfois casser le rythme, et certaines animations manquent de fluidité ou de synchronisation avec les voix.

Cela n’empêche pas de suivre l’histoire avec intérêt, mais donne par moments l’impression que le jeu n’a pas totalement les moyens de ses ambitions. Le résultat reste engageant, mais laisse un léger sentiment d’inachevé sur l’ensemble de la partie narrative.

Une arcade exigeante.

Sous ses airs accessibles, Screamer cache un gameplay bien plus exigeant qu’il n’y paraît. Derrière son esthétique inspirée de l’animation japonaise et son univers futuriste, le jeu repose avant tout sur des bases solides de jeu de course, qui demandent une réelle implication de la part du joueur.

La conduite, bien que clairement orientée arcade, ne se limite pas à une prise en main immédiate. Elle nécessite une certaine maîtrise, notamment dans la gestion du rythme et des mécaniques propres au jeu. Le système de boost, lié aux passages de vitesse, demande un bon timing pour être exploité efficacement. De la même manière, les drifts doivent être utilisés avec précision, sous peine de perdre trop de vitesse dans les virages.

La lecture des trajectoires joue également un rôle important. Il ne s’agit pas simplement d’accélérer et de tourner, mais bien d’optimiser chaque portion de circuit pour conserver un maximum de vitesse et rester compétitif face aux adversaires.

À ces bases s’ajoute le système d’éco, une mécanique centrale du jeu. Celui-ci permet non seulement d’améliorer les performances du véhicule, mais aussi de revenir en course après une explosion, évitant ainsi une élimination définitive. Une idée intéressante qui renforce le rythme des courses tout en apportant une dimension supplémentaire à la gestion des ressources.

Screamer intègre également un système de combat qui vient enrichir les affrontements sur la piste. Les strikes permettent d’attaquer les adversaires pour les mettre hors course, tandis qu’un système de bouclier offre la possibilité de se défendre. Ce mélange entre course et affrontement ajoute une tension constante, où il faut à la fois gérer sa trajectoire et anticiper les actions des autres concurrents.

L’ensemble de ces mécaniques apporte un vrai dynamisme aux courses, mais contribue également à augmenter la difficulté globale du jeu. Screamer ne se contente pas d’être un jeu de course arcade accessible. Il demande du temps, de la pratique et une certaine rigueur pour être pleinement maîtrisé.

Un choix qui pourra surprendre les joueurs non habitués au genre, mais qui donne au jeu une profondeur bienvenue sur la durée.

Une base solide pour prolonger l’expérience.

Screamer propose plusieurs modes de jeu qui viennent compléter l’expérience principale. Le mode histoire, structuré autour du tournoi, reste le cœur du jeu, mais il est accompagné de modes plus classiques.

Un mode arcade permet de lancer rapidement des courses, avec le personnage et le véhicule de son choix, idéal pour enchaîner les sessions sans passer par la narration. Le jeu propose également différents types d’épreuves, comme du contre-la-montre, qui permettent de varier les approches et de travailler sa maîtrise.

Côté contenu, Screamer se montre plutôt généreux. Le jeu propose une quarantaine de circuits, avec des environnements variés, ainsi qu’une douzaine de pilotes, chacun associé à son propre véhicule et à son identité. De quoi renouveler régulièrement les courses et offrir une certaine diversité sur la durée.

Le multijoueur constitue également une part importante de l’expérience. Screamer propose des courses en ligne avec différents formats, dont des modes en équipe. Dans ces derniers, la performance ne repose pas uniquement sur la position à l’arrivée, mais également sur le nombre d’adversaires mis hors course grâce aux strikes.

Ce système de scoring, qui combine performance et agressivité, apporte une dimension supplémentaire aux courses et promet des affrontements particulièrement dynamiques en ligne.

Si l’ensemble reste assez classique dans sa structure, il a le mérite d’être cohérent avec le reste du jeu et de proposer suffisamment de contenu pour prolonger l’expérience au-delà du mode histoire.

Une identité forte.

C’est sans doute sur ce terrain que Screamer marque le plus de points. Dès les premières minutes, le jeu impose une direction artistique très affirmée, directement inspirée des codes de l’animation japonaise. Que ce soit dans le design des personnages, la mise en scène ou encore l’ambiance générale, le titre assume pleinement cette influence et parvient à construire une identité visuelle cohérente.

L’univers futuriste, teinté de cyberpunk, fonctionne particulièrement bien. Les environnements sont variés, passant de zones urbaines lumineuses et saturées de néons à des circuits plus ouverts, parfois presque désertiques. Cette diversité permet de renouveler régulièrement l’expérience visuelle, tout en conservant une cohérence globale dans la direction artistique.

Les effets visuels participent également à cette immersion. La sensation de vitesse est bien retranscrite, les jeux de lumière sont convaincants, et l’ensemble donne un rendu dynamique et vivant à l’écran. Sur le plan technique, le jeu s’en sort très bien, avec une expérience fluide et sans problème majeur à signaler.

Côté sonore, Screamer confirme cette identité forte. La bande-son mélange plusieurs influences, avec des morceaux rock et métal inspirés de la scène japonaise, mais aussi des sonorités électroniques qui accompagnent parfaitement l’univers futuriste du jeu. L’ensemble contribue à renforcer le rythme des courses et à maintenir une tension constante.

L’introduction du jeu, pensée comme un véritable opening d’animé, donne immédiatement le ton. Elle installe l’ambiance et participe à l’immersion dès les premières secondes. Plus globalement, le travail audio accompagne efficacement l’action, sans jamais prendre le dessus, mais en soutenant constamment l’expérience.

L’ensemble forme une proposition cohérente, où direction artistique et ambiance sonore se répondent pour créer une identité forte. Un point essentiel qui permet à Screamer de se démarquer immédiatement dans le paysage des jeux de course.

Une vraie surprise imparfaite.

Screamer n’est pas un jeu parfait, mais il a le mérite de proposer quelque chose de différent dans un genre qui a souvent tendance à tourner en rond. Là où beaucoup de productions se contentent d’opposer simulation et arcade, Milestone fait le choix d’explorer une autre voie, en mélangeant course, narration et identité visuelle forte.

Ce parti pris ne fonctionne pas toujours parfaitement. La narration, malgré de bonnes idées, reste parfois limitée par le manque de moyens, et certaines séquences donnent l’impression que le jeu n’exploite pas pleinement son potentiel. Sur la durée, la structure du mode histoire pourrait montrer certaines limites, même si cela reste à confirmer avec plus de recul.

Mais malgré ces réserves, Screamer parvient à se démarquer. Son univers inspiré de l’animation japonaise, sa direction artistique soignée et surtout son gameplay exigeant lui permettent de proposer une expérience solide. Le jeu ne cherche pas à être accessible à tout prix, et assume au contraire une certaine rigueur dans sa prise en main.

C’est précisément ce mélange entre ambition, identité et exigence qui fait la force du titre. Screamer ne conviendra pas à tous les joueurs, mais ceux qui accrocheront à sa proposition y trouveront une expérience différente, capable de renouveler, au moins en partie, les codes du jeu de course.

Une belle surprise, à condition d’accepter ses imperfections et de s’investir pleinement dans son gameplay.

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Test réalisé grâce à une clé fournie par l’éditeur. Aucun boost n’a été utilisé pour écrire ce test.

Breton et fière de l'être, ancien commentateur de catch, fait des vidéos sur YouTube depuis 10 ans, passionné de FPS et jeux de sports, à écouter chaque semaine dans le podcast de Game Cover.

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