Ce quinzième volume surprend, car il prend ses distances avec l’ambiance habituelle. Tatsuya Endo choisit ici de raconter autre chose, avec un ton plus grave et plus intime. C’est un tome qui change de rythme, et c’est justement ce qui le rend si marquant pour les lecteurs qui suivent la série depuis longtemps.

Henry et Martha s’apprécient, mais la guerre entre l’Est et l’Ouest les sépare avant qu’ils aient pu se dire ce qu’ils ressentent. Engagée dans l’armée, la jeune femme est envoyée au front. Elle échappe de peu à la mort, mais se réveille en territoire ennemi, à Westalis. Une fois rétablie, elle cherche à retourner vers Ostania.

Ici, l’auteur change complètement de registre. L’humour passe au second plan et laisse place à un récit plus sobre, centré sur des personnages simples, pris dans une période qui les dépasse. On comprend vite que le plus important n’est pas l’action, mais ce que chacun ressent. Martha devient le cœur de l’histoire, et son parcours, fait de peur, de courage et d’espoir, touche vraiment. Le dessin sait rester sobre quand il le faut, avec des visages très parlants et des décors qui rendent bien l’atmosphère pesante de la guerre.

Cette pause dans le fil habituel permet aussi de mieux comprendre le monde dans lequel évoluent les Forger. Les enjeux de la guerre, qui restaient souvent en arrière-plan, deviennent plus concrets, et ça donne plus de poids à toute la série. On se surprend à s’attacher à des personnages qu’on connaissait à peine, et à espérer les voir se retrouver. C’est un volume plus sérieux que les autres, mais très réussi, qui prouve que Tatsuya Endo sait aussi bien émouvoir que faire rire.

