[Les Jeudis de l’angoisse] Monkey’s Magic Merry Go Round
Disponible sur Shadowz à partir du 22 mai , Monkey’s Magic Merry Go Round d’Aidan Leary propose un voyage cauchemardesque où un animateur d’émission pour enfants, frappé d’amnésie, voit son univers se fissurer. Entre marionnettes hostiles, souvenirs brisés et paranoïa croissante, le film s’impose comme une proposition radicale, parfaite pour Les Jeudis de l’Angoisse.

Un concept dérangeant et fascinant
Premier long-métrage du réalisateur Aiden Leary (co-écrit avec C.R Thompson), (Monkey’s Magic Merry Go Round débute dans un show télévisé qui va raviver de vieux souvenirs pour celles et ceux qui ont connu la belle époque de la Rue Sésame où encore les aventures de Pee Wee. Des incontournables de notre enfance où nous découvrons cette fois-ci James Jensen (Michael Gilio) sur un plateau haut en couleurs et entouré de sympathiques marionnettes dont Fausty Fox, Beaver, Rory le lion et surtout Mr Monkey qui au-delà de ses mains humaines (ce qui peut surprendre) semble assez amical. L’occasion de s’offrir une petite séance d’apprentissage avec nos personnages, mais très rapidement leur sympathie s’efface pour nous offrir un show tourmenté durant lequel notre animateur va être confronté à ses propres souvenirs…



Une ambiance oscillant entre innocence pervertie et folie totale
Ce qui frappe de prime abord, c’est le souci du détail dont a fait preuve Aiden Leary qui a reconstruit une authentique émission télévisée pour enfants. On a l’impression d’avoir retrouvé une vieille VHS de notre enfance avant que cette dernière ne vire au cauchemar. Pas d’équipe de tournage, pas de script, juste notre héros qui déroule son speech avant que Mr Monkey et toute la bande nous montrent l’envers du décor. Une « boîte à trésor » au nom de James donne le ton : du papier coloré, de la colle, une paire de ciseaux et un couteau… L’atelier de création d’une nouvelle marionnette qui n’est autre que son genou donne alors le ton avec une première scène qui va soulever le cœur des âmes sensibles… Mais que se passe-t-il ?
C’est l’arrivée de la factrice qui ressemble étrangement à la mère de James qui va commencer à semer la petite graine du doute dans nos esprits ! Alors que ce dernier semble être en proie à des crises psychotiques, d’étranges souvenirs remontent et les assistants du show vont lui rafraîchir la mémoire de façon assez douloureuse. Après un premier tiers qui ferait briller les yeux de n’importe quel gosse, nous plongeons dans un joyeux bordel psychédélique dont le piège se referme progressivement. Sous ses airs innocents, le film aborde les traumatismes de l’enfance, l’émission n’étant que le théatre d’événements biens plus tragiques… Un show pour le moins surréaliste qui nous plonge peu a peu dans la folie humaine pour la moins surprenante avec ses effets pratiques malgré un petit manque de rythme sur la seconde partie.
Monkey’s Magic Merry Go Round est un trip malsain, hypnotique et profondément perturbant. Une œuvre qui ose, qui dérange et qui reste en tête longtemps après le générique. Une exclusivité Shadowz idéale pour le weekend, et un film qui ne laissera personne indifférent. On ne peut que saluer le travail d’Aidan Leary qui avec son premier film parvient à nous proposer une petite pépite pour les amoureux du cinéma de genre…



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