Ce huitième volume des Carnets de l’Apothicaire est paru chez Ki-oon le 7 avril 2022, dans la collection Seinen. Il compte 168 pages et il était proposé au prix de 7,95 €. Le manga est scénarisé par Itsuki Nanao et dessiné par Nekokurage, d’après l’œuvre de Natsu Hyuuga, traduite par Géraldine Oudin. La série est tirée de light novels très populaires au Japon, et Ki-oon en est à son tome 16 en France, paru en février 2026, sans oublier l’anime, qui compte déjà trois saisons. Le tome 8 occupe une place à part dans la collection : une critique de l’époque soulignait qu’il permettait de rattraper à grands pas la parution japonaise, avec une suite importante pour le passé de l’héroïne. C’est donc un rendez-vous que beaucoup de lecteurs attendaient.

Au cœur du palais impérial, Mao Mao continue de mener son enquête du quotidien, entre poisons, secrets et petites énigmes. Mais cette fois, c’est une autre question qui l’occupe : pourquoi Lacan, ce stratège excentrique, ne cesse-t-il de vouloir se rapprocher d’elle, malgré tous ses refus ? Pour mettre les choses au clair, elle lui lance un défi très particulier autour d’une partie de xiangqi, avec en jeu la façon dont ils vont se considérer à l’avenir, mais aussi l’un des plus grands secrets du palais vert-de-gris. À partir de là, des souvenirs anciens remontent à la surface et dévoilent un passé douloureux, lié à une mystérieuse femme d’une beauté troublante. Le volume alterne ensuite avec des moments plus légers de la vie au palais, où l’on retrouve Jinshi, les dames de la cour et les petites habitudes de la jeune apothicaire.

J’ai adoré ce tome, parce qu’il montre une autre facette de l’histoire. On y retrouve tout ce qui fait le charme de la série : l’intelligence de Mao Mao, son humour pince-sans-rire et ce monde de femmes régi par des hommes, où chaque geste a son importance. Mais ici, l’enquête laisse beaucoup de place aux sentiments. Le thème de la famille, de ce que l’on se transmet et de ce qu’on choisit de laisser derrière soi est traité avec beaucoup de finesse. C’est un volume à la fois tendre et émouvant, qui prend le temps de nous faire comprendre les personnages. Les récits plus calmes qui suivent sont eux aussi très agréables : on y découvre notamment comment les livres, l’écriture et la lecture existent dans le palais, avec des anecdotes pleines d’humour. Cela donne l’impression de vraiment vivre dans cette cour impériale, inspirée de la Chine d’autrefois. Les décors et les costumes de Nekokurage sont toujours aussi soignés, et certaines planches sont vraiment superbes.

Côté personnages, c’est un vrai plaisir de voir Mao Mao sous un jour un peu différent, sans que son caractère change. Elle reste forte, indépendante et très maligne, mais on devine ce qu’elle ressent derrière son air détaché. Lacan, lui, gagne beaucoup en épaisseur : on comprend mieux d’où il vient et pourquoi il agit ainsi, ce qui rend ses scènes plus touchantes. Jinshi apporte comme toujours une touche de charme et d’humour, et sa complicité avec Mao Mao donne de très beaux moments. Le développement des personnages est très bien dosé, et il donne envie de continuer la série pour savoir comment leurs liens vont évoluer. Pour moi, ce volume est un excellent mélange d’intrigue, d’émotion et de légèreté, parfait pour ceux qui aiment les histoires de palais où chaque détail compte.

