Il y a des mangas qui n’ont pas besoin de grands combats pour nous captiver. Dungeon Elf fait partie de ceux-là : il joue sur l’ambiance, sur la curiosité et sur ce petit plaisir de se demander ce qui se cache derrière chaque porte. L’idée de regarder les donjons du point de vue de celle qui les prépare, plutôt que des aventuriers qui les traversent, change complètement la façon de lire une histoire d’aventure. Ce troisième volume arrive donc avec une question simple : va-t-on enfin comprendre ce qui pousse cette elfe à continuer, siècle après siècle ?

Snail poursuit son voyage à travers les donjons, toujours accompagnée de son petit compagnon, et continue de déposer ses coffres au trésor, quels que soient les dangers. Cette fois, elle visite des lieux à l’architecture très particulière, comme une tour où la gravité est inversée, ou un donjon qu’elle a elle-même aidé à concevoir autrefois. Entre deux explorations, des souvenirs reviennent peu à peu, et ils laissent entendre que la clé du grand mystère de l’elfe se trouve du côté de son ancienne élève.

Ce qui fonctionne le mieux dans ce tome, c’est la manière dont les souvenirs de Snail sont amenés. Au lieu de tout expliquer d’un coup, l’auteur les glisse entre deux donjons, ce qui garde l’envie de tourner les pages pour comprendre qui elle est vraiment. Le ton reste calme et un peu mélancolique, comme dans les volumes précédents, mais l’histoire avance un peu plus que d’habitude. Ça fait du bien, car on sent que les mystères posés au départ commencent à se rapprocher d’une réponse.

Les donjons sont aussi un vrai plaisir à découvrir. Chacun a sa propre idée, et certains jouent même avec la lecture elle-même, par exemple avec ce donjon à la gravité inversée où l’on a envie de retourner le livre. C’est amusant, ça change du reste, et ça montre que l’auteur a encore des idées à revendre. Pour les lecteurs qui aiment les ambiances tranquilles et les mondes qui sortent de l’ordinaire, ce troisième tome est une suite très agréable.

