Avec ce dix-neuvième volume, Dandadan poursuit l’affrontement lancé dans le tome précédent, en lui donnant un tour plus étrange encore. Yukinobu Tatsu, publié en France par Crunchyroll Manga, y mêle pouvoirs surnaturels, hésitations intérieures et solutions improbables, avec le sens de l’absurde qui fait le sel de la série. C’est un tome où l’on joue autant sur les émotions que sur l’action, dans un décor qui menace de s’écrouler. Pour les lecteurs de la série, c’est l’occasion de retrouver des personnages secondaires dans un rôle inattendu.

La Carte de Conte de Fées remarque que les sentiments de Zuma vacillent et tente de s’échapper de la malle maudite. Turbo Granny demande à Rin, qui attend à l’extérieur, d’utiliser le pouvoir de Mai pour les en sortir, mais Mai refuse. À la place, elle transforme Rin en idole et lui dit qu’elle devra sauver tout le monde par sa chanson. Pendant ce temps, alors que la Carte de Conte de Fées s’enfuit, le monde intérieur de la malle commence à s’effondrer.

Ce tome 19 repose sur une idée aussi absurde que séduisante : faire de Rin une idole chargée de sauver tout le monde par la chanson. C’est typiquement le genre de trouvaille qui rend la série unique, entre second degré et sincérité. Le refus de Mai de simplement ouvrir la voie donne une dimension plus surprenante à l’intrigue, et la transformation de Rin offre des scènes à la fois drôles et touchantes.

Le doute de Zuma apporte aussi une profondeur intéressante au récit : le combat se joue autant dans sa tête que dans l’action. L’effondrement du monde intérieur de la malle installe une urgence qui maintient le rythme jusqu’à la dernière page. Le dessin de Yukinobu Tatsu reste très expressif, que ce soit dans les moments de comédie ou de tension. Un volume inventif, qui prouve que la série sait toujours se réinventer sans perdre son ton.

