Carrie (2026) - mise en avant

Après  Le Fantôme de l’Opéra, la Spooky Season 2026 s’offre un détour du côté des classiques de l’horreur avec Carrie, la nouvelle série développée par Mike Flanagan pour Prime Video. Adaptation du premier roman publié par Stephen King, cette version modernise l’histoire tragique de Carrie White tout en conservant les thèmes qui ont fait la renommée de l’œuvre : le harcèlement, l’exclusion sociale, le fanatisme religieux et la peur de l’adolescence.

L’origine de Carrie : le roman qui a lancé Stephen King

Paru pour la première fois en avril 1974 aux États-Unis (en 1976 en France, aux éditions Gallimard), on ne présente plus cette œuvre désormais culte qui suit l’histoire de Carrie White, une adolescente introvertie vivant sous la coupe d’une mère ultra-religieuse et victime de harcèlement scolaire.

Progressivement, Carrie découvre qu’elle possède un pouvoir de télékinésie. Ce don devient alors le catalyseur d’une tragédie qui marquera durablement l’histoire de la littérature horrifique… Et qui pourtant a failli ne jamais voir le jour ! Une info que l’on connaît tous en tant que fans, l’auteur l’ayant jetée à la poubelle après avoir écrit les trois premières pages. Anecdote que le grand patron relate également dans son autobiographie Écriture : Mémoires d’un métier (qui aura droit à une nouvelle version aux éditions Albin Michel à l’occasion de ses 25 ans) :

Le lendemain soir, quand je suis rentré de l’école (à l’époque Stephen King travaillait comme professeur d’anglais), Tabby avait les pages dans les mains. Elle les avait repérées en vidant ma poubelle, avait retiré les cendres de cigarettes sur les boules de papier, les avait lissées et s’était assise pour les lire.  Elle m’a dit que je devais continuer. Elle voulait connaître la suite de de l’histoire. Je lui ai répondu que je ne connaissais rien des lycéennes. Elle m’a dit qu’elle m’aiderait avec cette partie. Elle me souriait. ‘Tu as quelque chose ici’, m’a-t-elle assuré. ‘Je le pense vraiment’ », se souvient l’auteur.

Extrait d’Écriture : Mémoires d’un métier de Stephen King

Carrie - première édition France

Les différentes adaptations de Carrie au cinéma et à la télévision

Suite au succès inattendu du livre, dont les thématiques résonnent encore au fil des décennies, il est important, avant d’entrer dans le vif du sujet, de rappeler que Carrie a déjà eu droit à de (trop ?) nombreuses adaptations :

  • Carrie au bal du diable (1976) : Réalisé par Brian De Palma, ce film est considéré comme l’adaptation définitive du roman. Son final est aujourd’hui l’une des scènes les plus célèbres de l’histoire du cinéma d’horreur.
  • Carrie 2 : La Haine (1999) : Un film de Katt Shea sorti en 1999. Il s’agit de la suite du film de Brian De Palma.
  • Carrie (2002) : Un téléfilm américain de David Carson. Le téléfilm était également un backdoor pilot pour un projet de série télévisée créé par Bryan Fuller. Néanmoins, la chaîne a décidé de ne pas commander la série. La nouvelle série Prime Video constitue ainsi la seconde adaptation de Carrie pour la télévision.
  • Carrie : La Vengeance (2013) : Réinterprétation contemporaine réalisée par Kimberly Peirce>, mettant davantage l’accent sur les nouvelles technologies et le cyberharcèlement.

2026 est donc marqué par l’arrivée de la cinquième adaptation du roman de Stephen King. On ne pouvait qu’être confiant avec Mike Flanagan (Midnight Mass, The Haunting of Hill House) aux commandes et ce premier trailer. Mais que faut-il retenir de cette nouvelle adaptation ?

Carrie – Bande-annonce officielle | Prime Video

Le harcèlement à l’ère des réseaux sociaux

A cause d’un accident qui coûtera la vie à Ralph White, l’existence de la jeune Carrie (Summer H. Howell) sera révélée au grand jour. Vivant recluse de la société, cachée par ses parents, elle n’aura d’autre choix que d’intégrer le lycée, et pour sa mère Margaret (Samantha Sloyan) de trouver un emploi pour conserver sa garde. Une nouvelle vie débute pour elle, mais moquée par ses camarades, elle va commencer à développer un pouvoir de télékinésie après une énième attaque au lycée.

Carrie 2026 - 1

Mon avis – ce que la série de Mike Flanagan change

Entre Stephen King et moi, c’est une grande histoire d’amour qui dure depuis plus de trente ans. Même si Carrie n’est pas mon livre de chevet (une place que je réserve à Ca que la série de Mike Flanagan change), ce roman aura marqué mon adolescence et ses thématiques résonnent en moi désormais en tant que parent de deux adolescentes…

De primes abords, j’ai apprécié ce prologue qui revient sur la mort tragique de Ralph White (souvent évoquée, mais peu représentée) avant d’embrayer sur le tragique récit que nous connaissons tous. Dès son arrivée au lycée, on retrouve cette jeune fille « différente » de ses camarades. Moquée lors de al fouille des sacs, d’une simulation d’attaque terroriste qui lui est totalement inconnue avant la scène de la douche… La pauvre fille est marquée au fer dès son arrivée qui contre toute attente va provoquer l’attachement de l’une de ses camarades : Sue Snel (Siena Agudong). Le début d’une belle amitié avant l’arrivée de notre chère Chris Argensen (Alison Thornton) qui va briser la vie de la jeune fille qui rêvait cette première année en compagnie d’autres jeunes de son âge.

Carrie 2026 - 2

Reprenant bien entendu les bases du roman, cette nouvelle version pensée pour le petit écran parvient à nous surprendre en prenant le temps de développer différents personnages, dont Carrie, Margareth et les différents élèves de l’établissement dirigé par l’ami Matthew Lillard. Flanagan privilégie une horreur émotionnelle et psychologique plutôt qu’une simple accumulation de scènes choc que l’on ressentira au fil des épisodes.

A travers la série, le réalisateur dresse le portrait d’une société marquée par la violence médiatique, la viralité et l’exposition permanente des adolescents. Le harcèlement de Carrie, lorsqu’elle découvre les menstruations pour la première fois, démontre. les conséquences psychologiques du harcèlement, mais aussi la violence des réseaux sociaux ainsi que leur impact. Un point qui restera l’un des fils rouges de la série avec le compte Instagram de Carrie Red qui déchaînera les foules avant le grand soir !

Le tout jusqu’à un final dont on connaît tous l’issue fatale que l’on revivra lors du bal du diable et à travers les différents témoignages avant un twist innatendu qui ouvre la voie vers une seocnde saison tout en multipliant les nombreuses références à l’univers de Stephen King qui à mon sens relèvent de Charlie, L’institut ou encore Docteur Sleep (j’attends vos commentaires sur ce point pour en débattre).

Conclusion

Près de cinquante ans après la publication du roman de Stephen King, Carrie continue de fasciner et de bouleverser. Derrière son récit fantastique et ses déchaînements télékinésiques se cache toujours la même tragédie : celle d’une adolescente broyée par l’intolérance, le harcèlement et la cruauté collective. Si le film de Brian De Palma demeure une référence indétrônable pour de nombreux spectateurs, cette nouvelle adaptation portée par Mike Flanagan parvient à justifier son existence en transposant intelligemment le cauchemar de Carrie à l’ère des réseaux sociaux et de l’exposition permanente. Plus qu’un simple remake, cette mini-série propose une réflexion moderne sur les mécanismes de l’humiliation publique et sur la violence d’un monde où chaque erreur peut devenir virale en quelques secondes. Tout en respectant l’esprit du roman original, elle apporte un regard neuf sur une histoire qui, malheureusement, reste toujours d’actualité.

Pour les admirateurs du maître de Bangor, cette nouvelle version constitue une revisite sincère et ambitieuse d’un classique incontournable. Quant aux nouveaux venus, ils découvriront pourquoi Carrie White demeure, encore aujourd’hui, l’un des personnages les plus tragiques, touchants et marquants de toute la bibliographie de Stephen King.

Une adaptation moderne, pertinente et respectueuse qui rappelle que les véritables monstres ne sont pas toujours ceux qui possèdent des pouvoirs surnaturels.

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