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[Chronique Manga] Ayashimon !

[Chronique Manga] Ayashimon !

Yuji Kaku n’a pas mis longtemps à se relancer après Hell’s Paradise. À peine son précédent succès refermé qu’il enchaîne avec Ayashimon, une série publiée dans le Weekly Shōnen Jump entre fin 2021 et mi-2022. Format court , trois tomes seulement mais patte graphique immédiatement reconnaissable : le mangaka retrouve son goût pour les silhouettes monstrueuses et les combats nerveux, cette fois plongés dans une ambiance yakuza teintée de folklore japonais. De quoi titiller la curiosité des lecteurs qui avaient adoré son sens du spectacle, tout en changeant complètement de registre.

En France, Ayashimon est édité par Crunchyroll (Crunchyroll Kaze), qui en a annoncé la sortie et publié le premier tome à partir d’avril 2023. La série y est proposée dans son intégralité en trois tomes, conforme au découpage japonais des 25 chapitres originaux, ce qui en fait une lecture courte et facilement accessible pour qui voudrait découvrir le travail de Yuji Kaku sans s’engager sur une série au long cours.

Maruo Kaidô est un adolescent doté d’une force herculéenne qu’il a développée à force de s’entraîner comme ses héros de manga préférés au point que personne n’ose l’affronter et qu’il peine même à trouver un simple travail. Sa vie bascule le jour où il croise Urara, une jeune fille pourchassée par des hommes de main qui se révèlent être des ayashimon, des yôkai capables de prendre forme humaine et infiltrés jusque dans les rangs du yakuza. Urara n’est autre que la fille cachée du chef d’un puissant clan disparu dans des circonstances troubles, et bien décidée à venger sa mort. Impressionnée par la puissance de Maruo, elle l’enrôle comme garde du corps, lui offrant enfin l’occasion de se mesurer à des adversaires à sa hauteur et de vivre l’aventure dont il a toujours rêvé, aux frontières d’un monde souterrain peuplé de démons.

Franchement, ça se lit d’une traite. Yuji Kaku enchaîne juste après Hell’s Paradise et ça se voit tout de suite : ça va vite, y’a pas de temps mort, chaque chapitre fait avancer l’histoire.Le dessin, c’est clairement le point fort. Les combats sont super lisibles, ça bouge bien, on comprend tout de suite ce qui se passe. Le mélange yakuza et créatures surnaturelles donne un univers qui change un peu de ce qu’on voit d’habitude.

Le duo principal marche bien, on s’attache vite aux personnages, et il y a de l’humour qui vient casser le côté plus sombre de l’histoire. Par contre, comme c’est court (seulement 3 tomes), on sent que ça manque un peu de place pour développer certains sujets, et la fin arrive un peu trop vite, presque en mode « on coupe court ».

Au final, une lecture sympa et efficace, avec un vrai talent derrière le dessin. Si vous cherchez un shonen court plutôt qu’une grosse saga qui dure des années, ça peut clairement vous plaire.

Yuji Kaku entre dans l’industrie du manga par la petite porte, en travaillant d’abord comme éditeur au sein du Weekly Shōnen Champion avant de se lancer lui-même dans le dessin. Il fait ses débuts en tant que mangaka en 2009 avec le one-shot Omoide Zeikan, qui reçoit une mention honorable au 14e Jump SQ Comic Grand Prix, puis lance sa première série, Fantasma, en 2013. Après avoir été assistant du célèbre Tatsuki Fujimoto , il enchaîne avec Hell’s Paradise: Jigokuraku, série qui le révèle véritablement au grand public et qui sera adaptée en anime en 2023. C’est fort de ce succès qu’il enchaîne directement avec Ayashimon, confirmant sa patte reconnaissable entre combats spectaculaires et univers teintés de surnaturel.

Lectrices assidue depuis très longtemps qui lit de tout ! Je lis aussi du Webtoon ! 🫶