Une si belle couleur Tome 2 : la méfiance d’Aya va-t-elle enfin céder ?
Après un premier tome qui posait les bases d’un récit aussi intime que douloureux, Une si belle couleur poursuit son histoire avec ce deuxième volume. L’occasion de retrouver l’univers de sa mangaka, reconnue pour sa capacité à traiter avec sensibilité les thématiques adolescentes, entre blessures intimes et premiers pas vers la reconstruction. Un tome qui s’annonce comme une étape clé dans l’évolution de son héroïne, à mesure que le récit avance vers de nouveaux développements.

Une si belle couleur raconte l’histoire d’Aya, une lycéenne passionnée de dessin dont la vie bascule après qu’une rumeur infondée sur une prétendue relation avec son professeur d’arts plastiques se répand dans son lycée. Rejetée par ses camarades et privée de leur estime, elle choisit de se rendre invisible aux yeux de tous, traversant sa scolarité dans une solitude presque totale et abandonnant même sa passion pour le dessin. Tout bascule avec l’arrivée d’Aimu, un nouvel élève métis aux yeux bleus, qui remarque immédiatement Aya et cherche à se rapprocher d’elle malgré sa méfiance initiale. Au fil des deux tomes, leur relation évolue et se précise, poussant Aya à affronter progressivement ses peurs, son isolement et le poids de la rumeur qui a bouleversé sa vie. Le second tome, qui conclut cette histoire en duologie, voit Aya cheminer vers une forme de reconstruction personnelle, à mesure que les sentiments d’Aimu à son égard se font plus clairs et qu’elle retrouve peu à peu le chemin vers ce qu’elle avait laissé de côté : sa passion pour le dessin.

Une si belle couleur frappe fort dès son postulat de départ : une adolescente injustement mise au ban de son lycée à cause d’une simple rumeur, contrainte de disparaître aux yeux de tous pour survivre socialement. Ce point de départ, aussi cruel que réaliste, offre un terrain particulièrement fertile pour aborder des thématiques universelles comme le jugement, l’isolement et la difficulté de se reconstruire après avoir été brisée par le regard des autres. L’arrivée d’Aimu, loin de désamorcer la tension dramatique, vient au contraire l’enrichir en questionnant la capacité d’Aya à s’ouvrir de nouveau à quelqu’un après un tel traumatisme social.

Le format court de la duologie s’avère à double tranchant : il permet une narration resserrée et efficace, sans temps mort, mais impose aussi un rythme parfois rapide dans l’évolution des sentiments entre les deux protagonistes, ce qui peut laisser une impression d’urgence là où une histoire plus longue aurait pu davantage installer sa progression. Reste que l’alchimie entre les deux personnages principaux et la sincérité avec laquelle sont traités les thèmes de l’isolement et de la résilience font de cette œuvre une lecture marquante.



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