Chargement en cours
17 ans, une chronique du mal Tome 2 : Quand la fiction rattrape l'horreur du réel

17 ans, une chronique du mal Tome 2 : Quand la fiction rattrape l’horreur du réel

Adapté d’un fait divers qui a profondément marqué le Japon à la fin des années 1980, 17 ans, une chronique du mal de Seiji Fujii et Yoji Kamata ne cherche jamais à édulcorer son propos. Publié chez naBan Éditions, ce manga en quatre tomes s’attache à raconter une histoire aussi difficile que nécessaire, portée par une volonté de ne pas détourner le regard face à l’horreur qu’elle dépeint. Ce deuxième tome poursuit cette démarche avec la même intensité que le précédent.

Dans ce deuxième tome, la bande de Miyamoto continue de s’en prendre à Sachiko, dont l’état physique et moral se dégrade de plus en plus au fil des jours. Miyamoto lui-même devient de plus en plus virulent et ne tolère plus la moindre contradiction, ce qui fait naître des tensions grandissantes entre les membres du gang. Kazuya, chez qui Sachiko est séquestrée, impose désormais un climat de terreur jusque dans sa propre maison, allant jusqu’à s’en prendre physiquement à ses parents, qui n’osent rien dire face à lui.De son côté, Miki, la sœur jumelle de Sachiko, sent que le danger grandit et continue sans relâche ses recherches pour la retrouver. La police, jusque-là peu réactive, commence enfin à se mobiliser sur cette disparition.

Ce deuxième tome confirme la dureté du récit installé dès le premier volume. La situation de Sachiko continue de s’aggraver, et les auteurs ne cherchent pas à adoucir cette réalité, ce qui rend la lecture aussi difficile qu’importante. On sent également que le groupe de Miyamoto commence à se fissurer de l’intérieur, avec des tensions qui grandissent entre les membres, ce qui apporte une dimension supplémentaire au récit au-delà de la seule violence subie par la victime.

L’autre force de ce tome, c’est la parallèle avec Miki, la sœur jumelle, dont la détermination à retrouver Sachiko apporte un peu d’espoir dans une histoire par ailleurs très sombre. Le fait que la police commence enfin à s’impliquer marque aussi une évolution dans l’intrigue. Ce tome reste éprouvant, à réserver à un public averti, mais il garde toute sa force en refusant de détourner le regard face à une histoire tirée d’un fait divers réel.

Lectrices assidue depuis très longtemps qui lit de tout ! Je lis aussi du Webtoon ! 🫶