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Test elliot and the millennium tales

[Test] The Adventures of Elliot: The Millennium Tales

Pas vraiment surprenant ni novateur mais suffisamment enchanteur pour se laisser jouer avec plaisir

Les +
  • Des personnages attachants
  • Les magilithes et les variations de gameplay qu'elles procurent
  • Les musiques, superbes
  • Le gameplay simple et efficace
  • L'immersion (univers, peu de temps de chargement et l'ambiance générale)
  • Le chara design des portraits
Les –
  • Un hommage un peu trop appuyé par moments
  • Manque parfois d'originalité dans les décors
  • Faie qui veut jamais la boucler
  • Trop de tutos, le jeu veut trop vous prendre par la main

The Adventures of Elliot: The Millennium Tales: réussit à toucher cette corde sensible, celle qui nous rappelle pourquoi on aime jouer, pourquoi on aime se perdre dans des mondes imaginaires, pourquoi on aime suivre des héros qui n’ont rien d’extraordinaire mais qui, par leur seule présence, parviennent à nous embarquer. Ce n’est pas un grand jeu, mais c’est un jeu qui fait du bien. Et parfois, c’est largement suffisant. HerrKamper

6.5
von 10
2026-06-25T19:42:36+02:00

Dès les premières minutes, The Adventures of Elliot: The Millennium Tales donne cette impression d’un jeu HD‑2D qui s’ajoute à la longue file qui se trace dans le sillage d’Octopath Traveler. Les pixels ciselés, les lumières volumétriques, les décors miniatures qui semblent posés sur une table tel des dioramas : tout paraît peu original. On avance en se disant qu’on a déjà vu cette patte graphique, déjà croisé ces villages, déjà exploré ces forêts qui jouent avec la profondeur de champ comme un peintre qui répète un geste qu’il maîtrise trop bien. Pourtant, au moment où l’on pense avoir cerné le jeu, un autre souvenir s’invite : celui d’un certain aventurier en tunique verte, avec ses coffres, ses armes iconiques, ses quarts de cœur et cette manière très spécifique de structurer l’exploration. Sous ce mélange d’un genre qui semble s’afadir couplé à cet hommage au daron de l’action RPG, on aperçoit de petites étincelles.

Zelda, c’est plus fort que toi ?

Sous cette couche de déjà‑vu, The Adventures of Elliot commence à déployer ses propres cartes, comme un magicien qui laisse volontairement traîner un faux indice avant de révéler le vrai tour. La map unique traversée à différentes époques, les variations de gameplay liées aux magilithes, la douceur de la prise en main, la chaleur de l’univers, tout cela finit par créer une identité plus personnelle qu’on ne l’aurait cru. On se surprend à reconnaître les influences sans que cela n’écrase l’expérience, comme si le jeu utilisait ses références non pas comme des béquilles, mais comme des tremplins pour installer son propre rythme, sa propre couleur, sa propre manière de raconter une aventure.

Le jeu respire la nostalgie, alors qu’il s’agit d’une nouvelle IP, c’est assez paradoxal… Il convoque Zelda comme un cousin évident, Secret of Evermore comme un clin d’œil discret, et tout un pan de la 2D HD moderne qui commence à tourner en rond mais qui, ici, retrouve un peu de fraîcheur grâce à son univers coloré et ses multiples paysages. On sent immédiatement que l’aventure ne sera pas révolutionnaire, mais qu’elle a suffisamment de cœur, de malice et de sincérité pour mériter qu’on s’y attarde. Et avant même de comprendre comment les époques s’imbriquent, comment les armes évoluent, comment les magilithes transforment le gameplay, on se surprend déjà à sourire, à reconnaître des sensations que l’on croyait rangées quelque part entre deux cartouches Super Nintendo. Un truc vraiment sympa, c’est qu’une fois le monde chargé, vous pouvez aller partout, sans temps de chargement ou en tout cas, rien de notable et c’est un vrai plus pour l’immersion dans l’aventure.

The Adventures of Elliot: The Millennium Tales
Visuellement c’est quand même bien sympa !

On découvre ainsi Elliot, jeune héros propulsé dans une aventure qui parle du temps, avec un monde qui baigne dans la magie mais aussi dans un conflit bien ancré entre les hommes et les autres bestioles qui peuplent le royaume et ce depuis des siècles. Le jeu reprend cette idée de carte unique traversée à plusieurs moments de son histoire, un concept qui évoque immédiatement Secret of Evermore pour ceux qui ont grandi avec les consoles 16 bits, mais qui ici se décline avec une douceur presque contemplative, comme si chaque époque n’était qu’une variation d’un même thème musical, jouée avec des instruments différents. On passe ainsi d’un village paisible à sa version ruinée, d’une forêt luxuriante à son reflet asséché, d’un temple oublié à son incarnation flambant neuve, et l’on comprend vite que le plaisir ne réside pas tant dans la découverte que dans la comparaison, dans cette sensation étrange de marcher dans les traces d’un monde qui change sans jamais vraiment changer.

Un lien vers le passé

Le jeu assume pleinement son héritage zeldaesque, au point que l’on pourrait presque parler d’hommage intégral, tant les codes sont repris avec une fidélité qui frôle parfois la citation directe. On retrouve les armes emblématiques, de l’épée au boomerang en passant par l’arc, les bombes, la lance, la faucille et même un maillet qui semble tout droit sorti d’un coffre poussiéreux de la Super Nintendo. On retrouve aussi les fameux quarts de cœur, les coffres gigantesques qui s’ouvrent avec une mise en scène théâtrale, la clé du boss qui scintille comme un trésor sacré, et cette manière très particulière de structurer l’aventure en zones, en donjons, en petites énigmes qui ne cherchent jamais à nous perdre mais qui savent se montrer suffisamment malines pour maintenir l’attention. La prise en main est immédiate, presque instinctive, comme si le jeu savait que son public connaît déjà les règles du genre et qu’il n’a pas besoin de les réexpliquer. Le contrôle se fait avec une fluidité qui rappelle les jeux d’autrefois, ceux qui ne cherchaient pas à nous impressionner mais simplement à nous occuper. On peut changer le couple d’armes à disposition d’un simple appui de touches, permettant de s’adapter rapidement aux situations, puzzles ou monstres face à vous : simple et efficace !

Pourtant, derrière cette façade rassurante, se cache une écriture qui peine à surprendre. Le scénario, bien que sympathique, reste d’une platitude presque désarmante, malgré quelques petits moments sympas mais globalement, rien qui ne va vraiment vous retourner, sauf si c’est votre premier jeu du genre. Les personnages sont attachants, certes, mais leurs arcs narratifs suivent des trajectoires tellement convenues que l’on devine souvent leurs répliques avant même qu’ils ne les prononcent. L’histoire du temps, pourtant prometteuse, se contente d’effleurer des thèmes déjà vus mille fois, sans jamais oser les approfondir ou les détourner. On aurait aimé un peu plus d’audace, un peu plus de folie, quelque chose qui vienne bousculer cette structure trop sage, mais le jeu préfère rester dans le confort de la tradition, quitte à perdre en intensité ce qu’il gagne en accessibilité. Après c’est un peu selon l’expérience de chacun avec les histoires temporelles, mais pour ma part, le scénario ne m’a pas surpris.

L’univers visuel, quant à lui, oscille entre charme et déjà-vu. Le style HD-2D, qui avait émerveillé lors de ses premières apparitions, commence ici à montrer ses limites, non pas parce qu’il est mal exécuté, mais parce qu’il devient difficile de distinguer un jeu d’un autre lorsque tous adoptent la même esthétique. Les décors sont colorés, chaleureux, parfois même magnifiques, mais ils manquent de cette identité visuelle forte qui permettrait au jeu de se démarquer. On a l’impression de parcourir un monde déjà visité, déjà exploré, déjà admiré, et même si cela n’enlève rien à la beauté de l’ensemble, cela réduit l’impact émotionnel que l’on pourrait ressentir. Le bestiaire, malgré sa variété affichée, souffre du même problème, avec des créatures qui semblent parfois sorties d’un catalogue générique plutôt que d’un univers réellement pensé.

The Adventures of Elliot: The Millennium Tales
Mais enfin, un peu de tenue !

HEY ! LISTEN !

L’un des aspects les plus discutables du jeu réside dans la présence de Faie, une sorte de guide (quasi) omniprésent qui rappelle immédiatement Navi, pour le meilleur et surtout pour le pire. Faie parle beaucoup, trop même, au point de commenter le moindre événement à l’écran avec une voix perçante qui finit par devenir une véritable agression sonore, du moins en anglais. Le jeu propose heureusement une option pour atténuer cela, mais cela ne résout pas le problème de fond, à savoir une surabondance de conseils qui viennent parasiter l’expérience. Autre souci : parfois les fenêtres d’aide sont trop gentilles et vous donnent (à mon sens) trop d’indications, comme si le jeu avait peur que l’on se perde, ou qu’on utilise trop notre cerveau, allez savoir. Cette volonté de guider constamment finit par nuire à l’exploration, en transformant certaines séquences en simples formalités plutôt qu’en véritables défis.

Les missions secondaires souffrent du même manque d’inspiration. Elles se résument souvent à des tâches répétitives, du type aller chercher un objet, tuer un certain nombre de monstres ou rapporter un item à un PNJ. Rien de catastrophique, mais rien de mémorable non plus. On sent que le jeu aurait pu profiter de son concept temporel pour proposer des quêtes plus originales, jouant sur les conséquences d’une époque à l’autre, mais il se contente de rester dans une zone de confort qui finit par lasser. Les allers-retours fréquents sur la même carte, bien que cohérents avec le thème du jeu, renforcent cette impression de répétition, surtout lorsque les objectifs ne se renouvellent pas suffisamment. On notera cependant quelques quêtes qui sortent du lot, dont une un peu poignante mais qui oblige là encore à se retaper un donjon déjà visité précédemment… pfff…

The Adventures of Elliot: The Millennium Tales
No shit Sherlock…

La magilithe : l’ingrédient secret !

Heureusement, tout n’est pas monotone, loin de là. Le jeu brille particulièrement dans son système d’armes et de magilithes, ces artefacts que l’on peut attacher à son équipement pour en modifier les propriétés. Chaque arme possède ainsi plusieurs variations de gameplay, ce qui permet de renouveler les combats et d’adapter sa stratégie en fonction des ennemis rencontrés. L’épée peut devenir plus rapide, l’arc peut gagner en puissance ou en précision, le boomerang peut adopter des trajectoires différentes, et les bombes peuvent se transformer en outils plus subtils qu’il n’y paraît. Cette modularité apporte une profondeur bienvenue, qui contraste avec la simplicité du reste du jeu, et l’on prend un plaisir certain à expérimenter différentes combinaisons pour trouver celle qui correspond le mieux à notre style de jeu. Cependant, tel un gacha, il faudra compter sur le hasard en dépensant des cristaux pour tenter de glaner les magilithes, de 1 à 5 étoiles. Pour trouver le combo qui colle au mieux avec votre style de jeu, il va falloir farmer des cristaux sur les monstres ou dans les coffres ! L’avantage, si vous êtes bon au combat, c’est qu’en enchaînant les victoires sans prendre de dégât, vous aurez un butin plus conséquent. Bref votre skill sera votre meilleur allié !

Les épreuves annexes, quant à elles, offrent un souffle d’air frais dans une aventure parfois trop balisée. Elles permettent de gagner de nouveaux pouvoirs, de tester vos réflexes dans des phases de plateforme, de résoudre des énigmes plus corsées ou de se mesurer à des adversaires plus coriaces. Ces moments, souvent courts mais intenses, rappellent que le jeu est capable de surprendre lorsqu’il s’en donne la peine, et qu’il possède un potentiel ludique bien plus riche que ce que laisse entrevoir son scénario. On aurait aimé que ces épreuves soient plus nombreuses, plus variées, plus intégrées à l’histoire, mais elles constituent malgré tout l’un des points forts de l’expérience.

The Adventures of Elliot: The Millennium Tales
Et pas de microtransaction !

La quinte juste

La musique mérite également d’être saluée. Elle accompagne l’aventure avec une élégance discrète, alternant entre mélodies douces et thèmes plus épiques, sans jamais tomber dans l’excès. Les compositions de Yuto Moritani et Tomohiro Nakamachi contribuent à créer cette atmosphère chaleureuse qui caractérise le jeu, et parviennent parfois à compenser les faiblesses de l’écriture en apportant une émotion que les dialogues ne parviennent pas toujours à transmettre. Les personnages, malgré leur manque d’originalité, restent attachants, grâce à un chara design soigné et à quelques touches d’humour bien placées. Tiens, petit détail plaisant d’ailleurs en rapport aux dialogues : la petite coche qui indique lorsqu’on a déjà parlé à un PNJ est une idée simple mais brillante, qui évite de perdre du temps dans des conversations répétitives et qui montre que le jeu sait parfois faire preuve d’intelligence dans ses détails.

La difficulté, enfin, est globalement bien dosée, à choisir parmi le classique facile, normal et difficile. Le titre ne cherche pas à frustrer, mais il ne se montre pas non plus trop permissif. Les combats demandent un minimum d’attention, les boss offrent des défis intéressants sans être insurmontables, et les énigmes, malgré l’intervention intempestive de Faie, restent suffisamment variées pour maintenir l’intérêt. On progresse à un rythme agréable, sans jamais avoir l’impression de stagner ou de se retrouver face à un mur. Cette fluidité contribue grandement au plaisir de jeu, et elle permet de pardonner certaines lourdeurs structurelles.

En fin de compte, The Adventures of Elliot: The Millennium Tales est un jeu qui ne cherche pas à briller par son originalité, mais par sa sincérité. Il s’adresse avant tout à ceux qui aiment les aventures classiques, celles qui sentent bon la nostalgie et qui ne cherchent pas à bouleverser les codes. Il souffre de défauts évidents, notamment dans son écriture, son manque d’audace visuelle et ses quêtes secondaires trop convenues, mais il compense par une ambiance chaleureuse, un gameplay solide, une musique envoûtante et une galerie de personnages attachants. C’est un jeu que l’on parcourt avec plaisir, même si l’on sait qu’il ne restera peut-être pas gravé dans notre mémoire comme un chef-d’œuvre incontournable.

Et pourtant, il y a quelque chose dans cette aventure, quelque chose de discret mais de tenace, qui nous pousse à continuer, à explorer, à revenir dans ces époques qui se répondent comme des miroirs déformés. Peut-être est-ce la simplicité assumée du jeu, peut-être est-ce cette manière de nous rappeler que l’on peut encore s’amuser sans chercher la perfection, peut-être est-ce simplement le plaisir de retrouver des sensations que l’on croyait perdues. Quoi qu’il en soit, The Adventures of Elliot: The Millennium Tales réussit à toucher cette corde sensible, celle qui nous rappelle pourquoi on aime jouer, pourquoi on aime se perdre dans des mondes imaginaires, pourquoi on aime suivre des héros qui n’ont rien d’extraordinaire mais qui, par leur seule présence, parviennent à nous embarquer. Ce n’est pas un grand jeu, mais c’est un jeu qui fait du bien. Et parfois, c’est largement suffisant.


Test réalisé depuis une version commerciale fournie par l’éditeur, nous n’avions aucune directive ni orientation pour rédiger ce test, réalisé sous environ 40 degrés mais au final tout s’est bien terminé !

Le retrogaming est ma passion principale mais j'ai rien contre la découverte de jeux plus récents ! J'aime particulièrement les RPG, la baston, les jeux d'action et d'aventure et j'apprécie particulièrement les titres avec une histoire riche et les univers déjantés ou atypiques.