Ce cinquième volume place la série à un moment charnière. Tatsuya Endo continue de jouer avec l’humour qui a fait le succès de la saga, mais on sent que les enjeux montent d’un cran. Les lecteurs fidèles y retrouveront les ingrédients qu’ils aiment, servis avec un peu plus de tension qu’avant.

La famille Forger vient de s’agrandir, et l’opération Strix semble enfin sur de bons rails. Mais un obstacle se dresse devant Loid : Anya doit passer des examens à l’école, et le moindre faux pas pourrait mettre toute la mission en péril. Il faut donc préparer la petite fille, rester discret et faire en sorte que personne ne remarque ce qui se cache derrière cette famille bien rangée. Chacun essaie de faire de son mieux, sans toujours mesurer les conséquences de ses actes.

Ce tome donne l’impression que la série entre dans une nouvelle phase. Les gags sont toujours là, et Anya reste la reine des situations improbables, mais l’histoire prend davantage de poids. On comprend que Loid joue gros, et c’est plaisant de le voir jongler entre ses devoirs de père et son métier d’espion. Le contraste entre la légèreté des scènes de classe et la gravité de la mission fonctionne très bien, et il donne du relief aux personnages. Le trait reste net, lisible, avec des visages qui disent tout sans un mot.

On apprécie aussi la manière dont l’auteur fait avancer l’intrigue sans perdre en rythme. Les chapitres s’enchaînent vite, chacun apportant son lot de rires ou de rebondissements. Même ceux qui ont lâché prise un instant dans la lecture retrouvent facilement le fil. C’est un volume dynamique, plein de petites surprises, qui prouve que la série a encore beaucoup de ressources.

