Après des tomes très remplis d’action, la série prend ici une direction plus posée et plus personnelle. Tatsuya Endo montre qu’il sait aussi faire passer de l’émotion, sans casser l’ambiance qu’on aime. Un volume qui surprend par son changement de ton et qui donne de l’épaisseur à toute l’histoire.

Le tome s’ouvre sur un retour en arrière : celui d’un garçon qui mène une vie simple avec ses parents, joue à la guerre avec ses amis et se dispute parfois avec son père. Rien ne laisse imaginer que ce quotidien va un jour disparaître. On passe ensuite à la vie d’aujourd’hui, où Yor part chercher des biscuits pour Anya et fait une rencontre inattendue, qui lui apporte une petite bouffée d’air.

La première partie est la plus marquante. L’auteur prend son temps pour installer l’enfance de ce garçon, et c’est justement ce côté très ordinaire qui rend la suite touchante. Le dessin accompagne bien ce récit plus sobre, avec des visages expressifs et des décors qui parlent d’eux-mêmes. On comprend mieux d’où viennent certains traits du personnage, et ça éclaire les tomes précédents d’une lumière nouvelle. Le ton est plus grave que d’habitude, mais l’ensemble reste sensible, sans jamais tomber dans le trop-plein.

La seconde moitié ramène de la légèreté avec Yor, dont la maladresse fait sourire. Ce contraste fonctionne bien : on passe d’un moment sérieux à une scène plus simple, et chacune met l’autre en valeur. C’est un volume qui change des intrigues d’espionnage habituelles, qui se lit avec plaisir et qui donne envie de poursuivre l’aventure en connaissant mieux ses personnages. Pour ceux qui aiment les séries qui prennent le temps de creuser leurs héros, c’est une très belle étape.

