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VoxPopuli
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[Les Jeudis de l’Angoisse] Backrooms de Kane Parsons
Avec Backrooms, l’horreur prend la forme d’un espace infini, impersonnel et oppressant. Entre found footage suffocant, tension permanente et esthétique dérangeante, le film transforme une creepypasta culte en véritable cauchemar audiovisuel. Une plongée dans un labyrinthe où chaque couloir semble vouloir vous avaler.
Backrooms, du mythe internet au film d’horreur
Nées d’une simple image postée sur un forum en 2019, les Backrooms se sont imposées comme l’une des creepypastas les plus marquantes de l’ère moderne. Cet espace jaunâtre, infini, éclairé par des néons bourdonnants, a immédiatement fasciné par son mélange d’ennui, de malaise et de terreur diffuse. Le concept s’est étendu à travers des vidéos, des jeux et des récits collaboratifs, jusqu’à devenir un véritable univers partagé façonné par la communauté. Ce phénomène a attiré l’attention d’A24, qui en a tiré Backrooms, une adaptation en found footage qui pousse encore plus loin l’angoisse originelle. En passant du mythe internet au grand écran, les Backrooms confirment leur statut d’icône horrifique contemporaine, capable de transformer un simple couloir vide en cauchemar absolu.
Réalisé par Kane Parsons, l’homme derrière le mythe… Il est temps de voir si cette adaptation, réalisée avec un modeste budget (10 millions de dollars) comme les dernières pépites du genre (Obsession, Saccharine, Iron Lung…), parvient à se hisser au box-office tout comme le projet d’origine en son temps…
Se perdre c’est mourrir
Tout débute avec Clark (Chiwetel Ejiofor) qui, souffrant de troubles de la colère, suit une thérapie auprès du Dr Mary Kline (Renate Reinsve) afin d’apaiser ces derniers. La route est longue pour ne plus céder au côté obscur, mais tout bascule lorsqu’un soir, il découvre un monde parallèle derrière l’un des murs de sa boutique de meubles. Derrière cette sombre découverte, Clark voit son monde basculer, entraînant ses proches dans sa chute…


Le rythme : tension continue ou répétition ?
L’avantage de ce scénario dont l’intrigue tient sur un timbre-poste, c’est que vous ne serez pas perdu avec ce film. Ce qui n’est pas le cas de l’immense dédale dans lequel vous allez errer durant pas moins d’1 h 50 (pas simple de faire un long-métrage au vu du projet initial). Chaque couloir, chaque espace perd en logique et en devient étouffant. Un véritable bazar de l’épouvante dont le but est de séduire le plus grand nombre. Mais pas si simple de captiver les spectateurs durant un si long laps de temps !
On prend plaisir passé l’intro qui nous offre un petit aperçu de la bestiole tapie dans ce labyrinthe de la mort avant de découvrir Clark suivi d’autres pauvres âmes errer dans ce dédale. Chacun retrouve ici son propre enfer, lui faisant éclater au visage la solitude qui s’est emparée de lui. Le film tente de remplir un maximum de cases avant de se vider peu à peu de ce qui fait son charme…



Backrooms : un film qui divise
Malgré un postulat de départ pour le moins sympathique, on pourrait regretter les quelques longueurs dont souffre le film. L’exploration laisse place à l’ennui à force de parcourir ces immenses couloirs qui se ressemblent tous, avant un final plutôt réussi qui, contre toute attente, parvient à raccrocher tous les wagons avant le départ du train de l’enfer. Le mythe ne fait alors plus défaut à la réputation du matériau d’origine qui, ici, brille pour ses effets pratiques et son aspect found-footage qui était un pari risqué, mais qui fait mouche très rapidement. Pas de quoi crier au génie, Backrooms n’invente pas le genre, mais parvient à en exploiter les codes avec brio.
Backrooms de Kane Parsons: En transposant le mythe des Backrooms au cinéma, Kane Parsons signe une œuvre aussi fascinante que déroutante. Le film réussit brillamment à capturer l’essence anxiogène des liminal spaces, cette horreur diffuse qui naît du vide, du silence et de l’inconnu. Mais derrière son atmosphère suffocante et sa mise en scène immersive, Backrooms reste volontairement abstrait, presque hermétique, au risque de laisser une partie du public à distance. Une expérience sensorielle unique, imparfaite mais marquante, qui confirme que certaines peurs n’ont pas besoin de monstres pour s’incruster durablement dans l’esprit. – VoxPopuli

Réalisateur : Kane « Kane Pixels » Parsons
Acteurs : Chiwetel Ejiofor, Renate Reinsve, …
Distributeur : A24 / Metropolitan Filmexport
Genre : Épouvante-horreur.
Nationalité : Américain.
Durée : 1h50min.
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