Les filles d’Awajima Tome 1 : Des rêves, des rivalités, des blessures
Takako Shimura fait son retour dans le catalogue Akata avec une série que beaucoup considèrent comme l’une des plus abouties de sa carrière. Après Comme un adieu et Si nous étions adultes…, l’autrice s’installe une nouvelle fois dans la collection Large de l’éditeur avec Les filles d’Awajima, un manga achevé en cinq tomes et publié au Japon sur une période très longue, entre 2011 et 2024. Le titre bénéficie en plus d’une actualité favorable, avec une adaptation animée diffusée au printemps 2026 par le studio Madhouse. Un contexte artistique qui n’est jamais nommé explicitement, mais qui évoque fortement la célèbre revue Takarazuka, ce théâtre japonais où toutes les silhouettes, y compris masculines, sont interprétées par des femmes.

L’histoire se déroule au sein de la prestigieuse école des arts de la scène d’Awajima, qui accueille chaque année de jeunes filles venues de tout le pays. Toutes partagent la même ambition : décrocher une place dans la troupe de théâtre d’élite de l’institution. Mais les rôles les plus convoités se font rares, et la compétition est rude entre les élèves. À travers plusieurs portraits croisés, le récit s’attarde sur les désirs inavoués, les sentiments ambivalents et les doutes de ces jeunes filles, qui doivent se dépasser aussi bien sur scène qu’en coulisses pour tenter de se révéler.

Ce premier tome frappe surtout par sa finesse. Takako Shimura ne cherche pas à multiplier les rebondissements : elle préfère installer patiemment un récit, qui suit plusieurs personnages à travers différentes époques et générations. Cette construction demande un peu de temps pour prendre ses marques, mais elle permet ensuite de mieux comprendre les liens qui unissent les différentes élèves, ainsi que le poids des attentes qui pèsent sur elles. L’autrice retrouve ici les thématiques qui font sa force : les non-dits, les frustrations et les blessures que l’on cache derrière un sourire de façade.

L’autre grande réussite de ce tome, c’est sa capacité à parler d’ambition et de rivalité sans jamais être dans la caricature. Chaque personnage a ses propres raisons de vouloir réussir, et Shimura prend le temps de les rendre crédibles et attachants, même quand leurs choix ne sont pas toujours les meilleurs. Le dessin, tout en délicatesse, accompagne parfaitement cette ambiance douce-amère.



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