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Fire ! Tome 1 : La rage de vivre d'un shôjo qui a bousculé son époque !

Fire ! Tome 1 : La rage de vivre d’un shôjo qui a bousculé son époque !

Certains mangas ont dû attendre plus de cinquante ans pour arriver jusqu’à nous, et Fire ! en fait partie. Publié pour la première fois au Japon à la fin des années 60, il débarque enfin en France le 21 octobre chez Akata, dans la collection Héritages, consacrée aux grands classiques. Il est signé Hideko Mizuno, l’une des toutes premières autrices à avoir marqué le shôjo, et jusqu’ici totalement inédite chez nous. Cette ancienne assistante d’Osamu Tezuka a même vécu au Tokiwa-sô, l’immeuble mythique où se retrouvaient les futurs grands noms du manga. Son œuvre avait de quoi surprendre à l’époque, et elle a même reçu le prix Shôgakukan en 1970.

Aaron, un jeune Américain, est accusé d’un vol qu’il n’a pas commis. Il est envoyé dans un centre de correction pour mineurs, où ses codétenus s’acharnent sur lui. Il y découvre une cruauté qui dépasse tout ce qu’il pouvait imaginer. Sa vie change quand il croise Fire Wolf, un voyou mystérieux et charismatique, qui lui redonne une raison de tenir. Grâce à lui et à sa musique, Aaron entrevoit un autre monde. Quelques années plus tard, il retrouve enfin sa liberté, mais le souvenir de Fire Wolf ne le quitte pas, et il décide de se lancer dans la musique, un chemin qui s’annonce semé d’embûches.

Ce qui fait la force de Fire !, c’est son époque. Le manga paraît à partir de 1969, en pleine guerre du Vietnam, au moment où la jeunesse descend dans la rue et où le mouvement hippie et le rock changent les façons de penser. Mizuno s’est inspirée des mouvements contre la guerre et pour les droits civiques aux États-Unis, et elle a raconté avoir voulu faire passer un message hippie : jeter les faux-semblants et être soi-même. Tout cela se sent dans l’ambiance, pleine de rage de vivre et de révolte. Comme le manga était publié dans un magazine féminin, et non dans une revue de manga, elle a pu aborder des thèmes plus durs et plus adultes que dans un shôjo classique, comme la violence, le désir ou la contestation. C’est aussi ce qui en fait une oeuvre importante pour l’histoire du manga.

Côté personnages, on suit un héros masculin, chose rare dans le shôjo de l’époque. Aaron s’inspire de Scott Walker, le chanteur des Walker Brothers, et ce n’est pas un garçon lisse : il souffre, il doute et il cherche sa place. Fire Wolf, lui, joue le rôle du rebelle magnétique, celui qui ouvre les yeux d’Aaron sur la musique et sur une autre manière de vivre. Leur lien est le cœur de l’histoire. Il faut dire que l’édition française est soignée : le tome regroupe deux volumes japonais en 448 pages, au prix de 21,90 €, dans une traduction de David Pollet, et le second tome est attendu au printemps 2027. Si vous aimez les classiques, le rock ou les histoires de jeunesse en révolte, c’est un rendez-vous à ne pas rater.

Lectrices assidue depuis très longtemps qui lit de tout ! Je lis aussi du Webtoon ! 🫶