[Chronique Manga] Yasha : Tome 03 !
Après un tome 2 qui resserrait encore l’étau autour de Sei, Akimi Yoshida continue de creuser ce qui fait toute la force de Yasha : une science-fiction habitée, où les grandes questions de génétique et de filiation ne sont jamais qu’un prétexte à l’action. L’autrice de Banana Fish confirme ici sa maîtrise du récit, entre tension psychologique et émotion à fleur de peau. Ce troisième tome pousse un peu plus loin l’exploration de ses thèmes de prédilection, sans jamais perdre de vue l’humain derrière le mythe.

En France, Yasha est publié par Panini Manga sous la forme d’une « Perfect Edition » en volumes doubles, traduite par Xavière Daumarie. La série, classée josei, compte 6 tomes en VF pour couvrir les 12 volumes originaux parus chez Shogakukan, avec une parution étalée entre septembre 2022 et 2023 à raison d’un tome environ tous les deux mois. Chaque volume avoisine les 370 pages pour un prix de 16,99 €, et l’édition est déconseillée aux plus jeunes lecteurs en raison d’une violence modérée.

Yasha suit Sei Arisue, un adolescent doté d’une mutation génétique exceptionnelle, dont l’existence se retrouve bouleversée lorsqu’il croise la route de Rin Amamiya, son frère jumeau séparé de lui à la naissance. Rin voue une haine sans limite envers l’humanité qui l’a créé et prépare un plan terrifiant : exploiter un virus extrêmement mortel pour opérer une sélection eugéniste de la population. Kyôichirô Amamiya, le père adoptif de Rin, cherche quant à lui à percer le secret de la mutation génétique de Sei et n’hésite pas à le soumettre à des expériences cruelles au sein de son laboratoire, pendant que les proches du jeune homme tentent de le sauver.

Avec ce tome 3, Akimi Yoshida confirme tout le talent qu’on lui connaissait déjà sur Banana Fish. L’autrice sait doser parfaitement la tension : on tourne les pages avec une vraie urgence, sans jamais se sentir perdu. Son trait reste élégant et précis, avec des expressions de visages qui disent souvent plus que les dialogues.
Ce qui frappe surtout, c’est la manière dont le récit reste profondément humain malgré son cadre de science-fiction. Les thèmes de la famille et de la filiation, chers à l’autrice, prennent ici une dimension presque douloureuse. Les personnages ne sont jamais réduits à de simples pions du récit : chacun porte ses propres failles et ses propres raisons d’agir.


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