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[Chronique Manga] Les Noces Veneneuses : Tome 01 !

[Chronique Manga] Les Noces Veneneuses : Tome 01 !

Il y a des mariages qui unissent, et il y a des mariages qui empoisonnent , littéralement. Chez Kazé, la romantasy prend cette fois des allures plus mordantes qu’à l’accoutumée, entre malédiction, secrets bien gardés et alchimie trouble entre deux âmes que tout semble opposer. On a plongé dans ce premier tome pour voir si l’ivresse des débuts tient ses promesses.

En France, Les Noces Vénéneuses est publié par Kazé Manga, avec un premier tome sorti le 3 juin 2026 au prix de 7,99€. L’œuvre originale, intitulée Alkaloid no Hanayome au Japon, a été prépubliée chez Kodansha à partir de 2022 et compte cinq tomes au total, une série donc complète que l’éditeur français pourra publier à un rythme resserré. Il s’agit du premier titre de Nijimi Oikawa à être édité en France, l’autrice s’étant déjà fait connaître au Japon avec Tsubame Gondoliere.

Romelia est maudite : ses fluides corporels , larmes, salive contiennent un poison si puissant qu’il détruit tout ce qu’il touche. Longtemps réduite au rang de cobaye dans un laboratoire de recherche où elle a perdu tout espoir de mener une existence normale, elle voit son destin basculer lorsque Kuturi, un militaire désinvolte au passé mystérieux, la tire de cet enfer… en lui demandant sa main. Mais quel secret pousse le jeune général à vouloir épouser une femme aussi dangereuse ? Entre mariage arrangé, non-dits et attirance naissante, ce tome 1 pose les bases d’une romantasy où la toxicité de l’un pourrait bien répondre à celle de l’autre.

Premier constat en ouvrant ce tome : le trait de Nijimi Oikawa ne cherche pas à séduire à tout prix. L’ambiance graphique, volontairement un peu rêche et mélancolique, tranche avec les codes plus mignons habituels du genre, et colle finalement très bien à l’atmosphère pesante que dégage cette histoire. On sent l’influence de son travail d’illustratrice sur Pixiv dans certains cadrages et jeux de lumière.

Il faut cependant reconnaître que le début peine un peu à décoller : le prologue et le premier chapitre s’appuient sur des ficelles assez convenues du mariage arrangé et de la romantasy, avec des personnages qui ressemblent d’abord davantage à des concepts qu’à des individus. Romelia se résume à sa malédiction, Kuturi à son immortalité, et l’ensemble donne une impression de récit un peu pressé dans sa mise en place.

Heureusement, passé ce cap, la mécanique se réajuste : la relation entre les deux protagonistes gagne en épaisseur, et l’intérêt naissant de Romelia pour les plantes médicinales ouvre une piste de caractérisation cohérente avec son vécu. Le regard du personnage, souvent mis en avant à travers des yeux très expressifs, reste le vecteur principal de son mal-être, porté par un dessin qui sait faire ressentir la douleur sans surenchère. Vivement la suite !

Nijimi Oikawa (及川滲) est une mangaka japonaise née le 10 décembre 1990. Avant de se lancer dans Les Noces Vénéneuses (Alkaloid no Hanayome), prépublié à partir de 2022 puis édité chez Kodansha, elle s’était fait connaître avec Tsubame Gondoliere, un one-shot josei mêlant drame, romance et tranche de vie autour d’une rencontre improbable entre une ancienne employée de bureau et un yakuza blessé, publié en 2022 chez Shodensha. Son travail se distingue par une identité graphique reconnaissable, mélancolique et un peu rêche, qu’elle cultive également à travers ses illustrations couleur publiées sur Pixiv. Les Noces Vénéneuses constitue sa première œuvre à être éditée en France, chez Kazé Manga.

Lectrices assidue depuis très longtemps qui lit de tout ! Je lis aussi du Webtoon ! 🫶