Les jeudis de l'angoisse saison 2 - 5

[Les jeudis de l’angoisse S2E05] Retour à Silent Hill

Temps de lecture estimé :4 Minutes, 51 Secondes

Vingt ans après la sortie du film original, Christophe Gans fait son come-back avec Retour à Silent Hill. Adaptation du titre emblématique de Konami qui était aussi attendue que redoutée par les fans. L’attente en valait la peine ?

Origines d’un titre culte

Je me souviens encore de ma première visite à Silent Hill. La PlayStation de Sony enchaînait les succès et dans la boîte de Metal Gear Solid était glissée une démo d’un titre qui allait marquer les esprits quelques mois plus tard : Silent Hill. Un héros dans une ville aussi sombre que tourmentée, la cendre avait remplaçait la neige et c’est armé d’un simple morceau de bois, d’une lampe torche et d’une radio qui crépitait lorsque l’on allait passer un sale quart d’heure que j’avais pu découvrir jusqu’aux premières classes de l’école. Quelle claque !

Puis trois ans plus tard, la team Silent remet le couvert avec un second opus. Bien plus qu’une simple suite, Silent Hill 2 est LE jeu de toute une génération. Son esthétique, ses thématiques fortes résonnent encore dans nos têtes tout comme les mélodies d’Akira Yamaoka. Les suites se sont enchaînées, deux adaptations en salles (oui oui Silent Hill Révélations existe…) et après le retour en force du jeu phare sur nos consoles de salon (merci Bloober Team pour ce remake), le grand Christophe Gans nous offre une nouvelle œuvre aussi torturée que l’originale qui est sortie en salles ce mercredi 4 février.

Mais avant d’entrer dans le vif du sujet, je vous laisse admirer le diaporama des superbes affiches que nous avons eu le plaisir de découvrir tout au long de la promotion du film.

Un vibrant hommage au jeu original…

Tout débute aux abords d’une route où James Sunderland (Jeremy Irvine) échappe de peu à la mort et manque de renverser par la même occasion Mary (Hannah Anderson). Une jeune femme dont il tombera immédiatement sous le charme avant de la ramener dans la petite ville de Silent Hill qui a tout d’une petite station balnéaire. Nos deux tourtereaux semblent filer le parfait amour jusqu’au moment où l’on retrouve notre héros dans un bar dont il se fera jeter quelques minutes plus tard. De retour chez lui, il découvre alors une lettre de sa défunte femme qui lui demande de retourner là ou tout a commencé. Mais ce retour aux sources va aller bien plus loin qu’une simple promenade lorsque James va découvrir le véritable visage de la ville du pêché…

… mais une adaptation qui n’est pas sans défauts

SI l’on prend le temps d’interroger les fans de la licence, on retrouve systématiquement Silent Hill dans le top 3 des meilleurs jeux de la saga. Une oeuvre magistrale mais aussi très complexe qu’il n’était pas simple d’adapter on ne va pas se mentir. Et pourtant nous étions nombreux à être confiants lors des annonces initiales qui confirmaient le retour de Christophe Gans derrière la caméra. Puis vinrent les premières images et le premier trailer. Le doute s’est alors installé lentement dans nos esprits avant que les torches comment à s’allumer sur les réseaux. N’ayant pas eu le plaisir de voir le film en projection presse ou en avant-première, j’ai vu un nombre incalculable de critiques incendiaires fuser. Les spectateurs ont massacré le film tandis que la presse (ci-dessous la moyenne dévoilée par Allociné) se voulait plus tendre. Coincé entre le marteau et l’enclume, j’ai malgré tout étant un fan de la licence saisi ma lampe torche pour foncer en salles aujourd’hui. Alors Retour à Silent Hill ça vaut quoi ?

Dès les premières minutes, le film nous propose un premier flash-back. On prend plaisir à redécouvrir la rencontre entre James et Mary avant que notre héros ne débarque en ville. En arrivant dans le cimetière, on découvre une ville peu accueillante qui a été le théâtre d’horribles événements. Des flocons de cendres continuent de tomber suite à de nombreux incendies, la ville est déserte jusqu’à la rencontre avec un clochard qui l’heureux propriétaire d’une petite radio dont les grésillements vont nous accompagner durant 106 minutes. Puis débarque alors une première créature qui donne enfin le top départ que nous attendions tous. Welcome back to Silent Hill James !

Passé ce premier tiers qui pose les bases, nous voilà embarqués dans un cauchemar psychologique dont on ne sortira pas indemnes…

Mon avis

Étant clairement le film que j’attendais le plus en ce début d’année, j’appréhendais cette découverte de Retour à Silent Hill. Mais le moins, que l’on puisse dire, c’est que la ville n’a jamais été aussi sublime visuellement. Cette esthétique sombre et crasseuse nous colle à la peau. Ces bâtiments délabrés, les ténèbres qui nous entourent sans oublier ce bestiaire enrichi qui a de la gueule, on ne va pas se mentir. Cependant, on regrettera cependant quelques effets qui semblent techniquement datés alors que d’autres flattent la rétine. Il en est de même côté casting avec un Jeremy Irvine qui n’aura pas réussi à me convaincre alors que Mary touche en plein cœur. Il est également sympathique de retrouver quelques personnages emblématiques comme Eddy, et Laura (Evie Templeton) que vous avez pu voir dans Mercredi) qui apporte une petite touche de tension dans l’esprit torturé de James.

Mais malgré l’amour mis dans la réalisation et la bande-son toujours aussi magistrale, j’ai regretté un rythme parfois décousu. Les flash-back étaient nécessaires afin de mieux comprendre les tourments de James et la tragique histoire de Mary, mais les nombreux enchaînements entre passé et présent m’ont empêché d’entrer pleinement dans le film auquel on pourrait reprocher quelques longueurs.

De ce fait, on retrouve quelques incohérences qui font que la mayonnaise à du mal à prendre. Mais il ne faut pas oublier que le film a eu un budget drastiquement réduit (20 millions contre 50 millions pour le film de 2006) ce qui handicape pas mal sur certains aspects. Cela n’excuse pas tout, mais permet de mieux appréhender les mauvais points du film qui ara malgré tout réussi à capter l’essence même de Silent Hill tout en préservant ces thématiques pourtant complexes.

Comme vous l’aurez compris, le coup de cœur n’était pas au rendez-vous malgré la hype du fan que je suis. Retour à Silent Hill à toutes les bonnes intentions du premier film de Christophe Gans, mais faute de moyens traîne a les lacunes de Révélations. Reste malgré tout un film sincère qui se voulait être une lettre d’amour pour les fans de la licence…

Petite note pour prolonger l’expérience

Que vous soyez fan de la saga et/ou curieux d’en apprendre davantage… Je tenais à faire quelques petites recommandations. Côté lectures, je ne peux que vivement vous recommander les ouvrages de Bruno Rocca : Génération Silent Hill paru chez Omaké Books et Silent Hill : voyage au coeur de l’enfer de Bruno Provezza et Damien Mecheri chez Third Editions. Deux pépites à découvrir d’urgence si ce n’est pas encore fait.

Et si vous souhaitez simplement réviser vos classiques avant de foncer en salles voir Retour à Silent Hill, je ne peux que vous inviter à voir la vidéo de l’ami Le guide du JV qui l’an dernier nous avait proposé une superbe vidéo dédiée à Silent Hill 2.

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La légende raconte qu'il est apparu pour la première fois dans le rayon "horreur" du vidéoclub local. Grand amoureux du 7ème art , des survival horror et de la littérature sous toutes ses formes, sa plume est aussi aiguisée que le couteau de Michael Myers.

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