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PRAGMATA Test

[Test] PRAGMATA – La prise de risque osée (et réussie) de Capcom

Capcom continue bien son année 2026 avec un autre hit !

Les +
  • Hugh et Diana attachants
  • Le mix de gameplay prenant
  • Les zones variées
  • La durée de vie de bon aloi
  • La quantité de choses à trouver et débloquer
  • Le refuge qui évolue
  • Visuellement très cool et toujours fluide même en mode qualité
  • Le doublage français
Les –
  • L'écriture du dernier acte
  • La caméra dans les endroits exigus
  • Le contenu post-fin discutable

PRAGMATA: Voilà un jeu ambitieux et foisonnant, avec de l'émotion, un réel plaisir de jeu, des personnages attachants et un univers qui paraît simple mais qui est rendu avec une certaine maestria. Un pari osé pour Capcom qui propose ici certainement l'un de ses meilleurs jeux, que je vous recommande chaudement d'essayer ne serait-ce qu'avec sa démo. On a toujours cette crainte de commencer une aventure dans l'inconnu, loin du confort de certaines licences, suites ou dérivés. ne ratez pas cette aventure lunaire qui mérite largement le détour, ne serait-ce que pour le duo Hugh et Diana qui vous accompagneront dans cette histoire.  HerrKamper

9
von 10
2026-04-13T18:00:00+02:00

Après avoir pu tester le jeu à la gamescom et en preview exclusive récemment, l’attente était difficile car PRAGMATA se dévoilait par petits morceaux et si nos premiers retours étaient quand même positifs, il reste toujours cette crainte que le titre perde de son intérêt sur la longueur ou encore que l’histoire ne tienne pas debout. Après plus de 15 heures passées sur le jeu, qui ne tient compte que du temps joué et donc pas les cinématiques ou le temps dans les menus, le verdict est là !

La fibre créative

Première chose, qu’on ne pourra pas reprocher à Capcom qui commence son année 2026 déjà riche en gros titres : PRAGMATA a pour lui d’être une nouvelle IP, avec la quantité de risques que cela représente et juste pour ça, je salue le geste et l’intention. Difficile de vendre un jeu aujourd’hui dans ces conditions, à moins d’être porté aux nues par une armée d’influenceurs, un plan de communication hyper agressif et/ou une horde de joueurs dans la hype absolue, ce qui ne semble pas être le cas de notre jeu du jour. Pourtant il mérite largement son gros coup de projecteur à bien des égards.

Pour commencer, un jeu c’est avant tout une histoire, et celle de PRAGMATA vous envoie sur la Lune. Dans un avenir proche, plusieurs années après la découverte du lunum, l’humanité a mis au point la lunafibre, un matériau capable de reproduire tout objet à partir de ses données de conception. Lorsque toutes les communications avec la station lunaire chargée de son développement cessent brusquement, une équipe d’intervention est dépêchée sur place, mais un puissant séisme survient peu après son arrivée. Séparé de ses coéquipiers, grièvement blessé et plongé dans l’inconscience, Hugh Williams est finalement secouru par Diana, un androïde énigmatique aux traits juvéniles qui s’avère être une Pragmata, entité synthétique façonnée à partir de lunafibre.

PRAGMATA

Leur relation est au cœur du récit, cela se matérialise avec avec leurs interactions, lors de cutscenes parfois touchantes ou de phases de dialogues, avec un soldat qui tente d’apprendre de décrire des sentiments humains à une machine qui a les traits d’une jeune fille, dotée elle d’un pouvoir crucial pour la survie de Hugh. Le doublage français aide beaucoup à s’immerger et contribue à ce lien entre Hugh et Diana, doublés respectivement par Serge Thiriet (dont vous retrouverez le travail ici) et Sonia Petit (qui a interprété Atsu dans sa jeunesse dans Ghost of Yotei dernièrement)

Cette symbiose se voit et se vit d’autant plus dans l’exploration, car l’un ne pourrait pas survivre sans l’autre. Hugh a la capacité offensive de venir à bout des menaces mécaniques qui pullulent mais ne pourrait pas en venir à bout sans l’aide de Diana qui elle peut les hacker et les rendre ainsi vulnérables aux assauts de Hugh, mais peut aussi interagir avec tout ce qui est sécurisé électroniquement et pouvoir accéder à des endroits normalement inaccessibles.

Ce qui est paradoxal, c’est que l’être humain est le plus souvent dans son armure intégrale, masquant son visage et conservant son côté humain sous cette couche mécanique, alors que Diana est la machine, avec l’apparence d’une petite fille, expressive, curieuse et espiègle, paraissant plus vivante que l’humain qui l’accompagne. Tout au long du jeu, les thématiques vont s’étoffer, avec en vrac la parentalité, le transhumanisme, la solitude ou le désormais classique sujet des limites de l’IA, qui ne sait que reproduire ce qui existe déjà.

PIRATE !

Hugh et Diana vont devoir trouver un chemin dans la station lunaire pour tenter de contacter la Terre mais c’est sans compter sur IDUS, l’IA malfaisante qui va vous barrer la route dès qu’elle le pourra. Les plus anciens y verront une résonance avec System Shock, dans laquelle l’IA SHODAN retenait captive toute une station spatiale dans un huis clos glauque à souhait. Bref, IDUS a non seulement le pouvoir de bloquer des accès mais aussi de faire appel à une belle quantité de sbires robotiques, proposant un bestiaire au final assez varié mais visuellement plutôt classique : bipèdes humanoïdes, tourelles volantes ou mini-mechas seront de la partie, à vous de trouver leur point faible et comment les éliminer efficacement.

A cet effet, Hugh est le bras armé du duo, avec à son actif tout un arsenal, divisé en 4 catégories d’armes. La première, l’arme de base, est la seule à ne pas se détruire après avoir utilisé toutes ses munitions et pour cause : elles sont illimitées. Les autres se rangent dans 3 catégories distinctes : attaque, soutien et défense, la première étant assez évidente avec des classiques mais toujours sympathiques gros flingues à dispersion, lance-roquettes ou rayon laser qui vont bien. Les armes de soutien servent à ralentir les adversaires, en les maintenant sur place ou en les renversant par exemple pour gagner du temps et enfin les armes de soutien permettront à Hugh de se protéger en envoyant un leurre ou utiliser un bouclier entre autres.

Les armes se débloquent au fil du jeu, avec juste derrière un exemple concret permettant de bien comprendre comment appréhender chaque type d’arme de façon ludique et ainsi vous permettre d’être optimal au combat, contre un ou plusieurs malfaisants, voir contre l’un des énormes boss qui parsèment le jeu, donnant lieu à des combats mémorables pour certains.

Mais c’est bien beau d’avoir des flingues s’ils n’ont pas d’effet car oui, les robots ne sont que très peu sensibles aux seules attaques de hugh. Pour les rendre vulnérables, c’est Diana qui doit les pirater en temps réel : en visant avec la gâchette gauche, une interface de piratage s’affiche sur la droite de l’écran avec des petits carrés. Vous devez amener votre curseur de carré en carré jusqu’au point vert avec les boutons A, B, X et Y (ou carré, triangle, rond et croix sur PlayStation) afin de pouvoir faire du dégât aux ennemis pendant un temps limité, ensuite il faudra recommencer. Si Diana le peut, quand la barre correspondante est pleine, elle peut lancer une grosse attaque OverDrive qui va pirater automatiquement tous les adversaires à l’écran, pratique quand vous êtes dans la panade !

PRAGMATA

A cela s’ajoutent des effets, appelés Noeuds de hack, que vous débloquerez aussi au fil du jeu et donnant au jeu un léger semblant de deck building car à force de trouver des noeuds différents, vous pourrez faire des combinaisons selon vos préférences de jeu : pirater plusieurs ennemis d’un coup, les garder vulnérables plus longtemps ou encore les faire surchauffer, le jeu va s’enrichir au fil de votre progression et les possibilités en combat également.

Dans PRAGMATA, vous allez découvrir plusieurs zones à explorer, non seulement pour avancer dans l’histoire mais aussi pour tenter de trouver un maximum de ressources en fouillant partout. La verticalité du jeu est assez sympa et on prend plaisir à explorer le moindre recoin de chaque zone pour tenter de réussir à atteindre les 100% dans chacune d’entre elles. Ce que j’ai fait en environ 13 heures de jeu effectifs avant de passer au dernier boss.

Parfois il faudra trouver un objet ou débloquer certains pouvoirs pour débloquer certains passages antérieurs, un petit côté Metroidvania bienvenu mais pas prépondérant non plus, pas de quoi effrayer les réticents au genre. Plateformes à escalader, murs en hologramme, mécanismes planqués, puzzles ou salles spéciales bien gardées sont au programme de votre exploration pour glaner tout le nécessaire pour ensuite améliorer et débloquer plein de choses au refuge. Et paf, transition, incroyable !

Cabin fever

Entre deux explorations, vous allez pouvoir vous ressourcer au Refuge : c’est là que vous arriverez si vous tombez au combat ou si vous utilisez une trappe de secours en cours de mission. Vous pourrez utiliser les matériaux récupérés durant vos explorations et au fil des affrontements pour améliorer votre équipement et vous préparer à poursuivre vos aventures.

Vous pourrez, en vrac, créer de nouvelles armes et les améliorer pour les rendre plus efficaces (puissance, vitesse de rechargement etc…) ou encore débloquer ou booster des compétences ou noeuds de hack dont on a parlé précédemment. Pour cela il vous fera des matériaux dont notamment la fameuse lunafibre que vous pourrez dégoter en explorant, sachant qu’il faudra être curieux pour en trouver un maximum, ainsi que d’autres matériaux ou autres petits bonus sympas.

Pour les armes, il sera possible d’améliorer leurs dégâts, vitesse de rechargement ou autres bonus assez classiques. Pour les noeuds de hack pareil, mais vous pourrez aussi obtenir des puces de hacking, permettant à Diana d’optimiser un aspect de hacking comme par exemple augmenter la surchauffe des ennemis plus rapidement pour tenter de les one-shot ou augmenter la durée de vulnérabilité. A vous de choisir selon votre style de jeu, ce qui rend l’expérience de combat assez personnalisée à partir d’un certain point de votre progression.

Enfin, vous aurez aussi la possibilité de débloquer des modules, qui sont aussi des bonus pour Hugh et/ou Diana de natures variées, pour optimiser l’attaque, la défense, le soutien… Bref, de quoi vous préparer au mieux selon la zone à franchir : augmenter les points de vie, faire plus de dégâts si votre vie est sous un certain seuil ou gagner davantage de ressources : vous pourrez équiper de plus en plus de ces bonus au fil du jeu, et en débloquerez ou achèterez aussi au fil de la progression.

Le Refuge est aussi l’occasion de papoter avec Diana, de jouer à cache-cache avec elle ou de lui faire des cadeaux qui sont tous des jeux humains, ce qui ouvre à chaque fois un petit dialogue sympa entre nos deux protagonistes. Parfois on a droit à quelques lignes de dialogue en rapport avec la progression actuelle, plus ou moins sérieuses selon les cas mais toujours agréables à suivre. On a même droit à une explication du pourquoi des pieds nus de Diana, entre autres passages rigolos ou plus émotionnels.

PRAGMATA

Enfin, on garde le meilleur pour la fin avec Cabin, le robot qui fait office de taulier du Refuge ! Avec lui vous pourrez jouer au bingo en dépensant des jetons Cabin trouvés en cours d’exploration ou en réussissant des défis qu’il vous propose de relever. Ces défis en mode mission VR de Metal Gear Solid vont mettre à l’épreuve vos compétences de tir, de piratage, de plateforme, parfois tout en même temps. Trois lots sont à gagner par épreuve, notamment des jetons Cabin, des points de compétences, de la lunafibre ou d’autres bonus alléchants. Pas facile de gagner chaque épreuve au complet mais les défis sont sympas bien que prise de tête pour certains. Pareil ici : ils se débloquent avec votre progression dans l’aventure. Enfin vous pourrez changer la musique de fond avec le Juke-Box, facultatif mais pourquoi pas.

Plus vous progresserez et échangerez, avec Cabin et Diana, plus le Refuge changera et saura vous surprendre ! Quand vous aurez fini de vous amuser, retour à l’action via le Tram, permettant de vous équiper avant de partir au combat.

Le verdict

PRAGMATA est un plaisir à jouer, que ce soit son exploration ou ses combats, on ne voit pas le temps passer et il faudra compter entre 13 et 17 heures selon votre skill et la difficulté choisie pour en venir à bout. Les biomes visités ont un fil rouge récurrent avec des couloirs et bureaux blancs aseptisés, mais ont une véritable personnalité selon le niveau dans lequel vous allez jouer. D’ailleurs on retrouve quelques clins d’oeil rigolos aux jeux ou univers de Capcom, via des affiches ou dialogues, des trucs un peu méta parfois mais plutôt marrants au final.

Pris à part, les différents éléments peuvent paraître déjà vus dans le gameplay, avec un shoot d’action TPS assez classique dans sa forme, mais le côté piratage lui confère un côté nerveux et d’une justesse impeccable. Alors oui parfois la caméra est un peu lourdingue dans les petits espaces notamment, il faut bien penser à imaginer où on peut faire la petite roulade d’esquive pour éviter de se prendre un mauvais coup en se cognant sur une caisse qu’on avait pas vue. Mais globalement quand vous foirez, c’est de votre faute et le jeu n’est pas injuste, proposant toujours des alternatives même quand vous êtes dans la panade, sans non plus vous faire de cadeau. Si l’arsenal à votre disposition est bien fourni, la menace en face est aussi de plus en plus relevée et saura garder votre attention.

Je dois vous admettre mes bons amis, si vous êtes toujours là à lire ce test, que j’ai pris un grand plaisir à faire le jeu, c’est rare que je m’amuse à sécher le contenu à 100% de chaque zone pour un test, je garde souvent cela pour après ou jamais si cela manque d’intérêt. Je précise aussi au cas où qu’il n’y a pas de copinage ou de direction donnée par Capcom, juste mon avis personnel sur un titre qui m’a vraiment plus de A à Y. Oui parce que le titre à mon sens a déconné un peu vers la fin en termes de narration, et surtout avec un contenu post-fin que j’ai trouvé assez décevant dans sa construction. Est-ce que cela change mon avis global sur PRAGMATA ? En vérité non, j’ai apprécié chaque minute du jeu et je respecte les choix faits pour ces derniers points, qui se conçoivent du point de vue créatif, c’est juste que j’aurais préféré autre chose que ce qui a été proposé ici.

PRAGMATA est un jeu ambitieux et foisonnant, avec de l’émotion, un réel plaisir de jeu, des personnages attachants et un univers qui paraît simple mais qui est rendu avec une certaine maestria. Un pari osé pour Capcom qui propose ici certainement l’un de ses meilleurs jeux, que je vous recommande chaudement d’essayer ne serait-ce qu’avec sa démo. On a toujours cette crainte de commencer une aventure dans l’inconnu, loin du confort de certaines licences, suites ou dérivés. ne ratez pas cette aventure lunaire qui mérite largement le détour, ne serait-ce que pour le duo Hugh et Diana qui vous accompagneront dans cette histoire.

PRAGMATA