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Le diable s'habille en papa

[Chronique Manga] Le diable s’habille en papa – Tome 01

Découvre notre chronique du manga « Le diable s’habille en papa ». Manga sorti le 4 juin dernier chez Mana Books. Un manga touchant et humoristique qui suit le quotidien d’un redoutable seigneur démon soudainement contraint d’élever un bébé humain. Cette comédie fantastique bouscule les codes du genre en mêlant instincts paternels improvisés, responsabilités infernales et situations hilarantes.

Le diable s’habille en papa est édité en France par Mana Books dans la collection EPIC, avec un premier tome sorti le 4 juin 2026 à 7,95 €. Il s’agit de l’adaptation manga d’un light novel japonais intitulé Tensei Akuma no Saikyou Yuusha Ikusei Keikaku, écrit par Tamagokake Candy et illustré par Megumi Nagahama, dont la version manga est dessinée par Ryuu Segawa et prépubliée depuis 2023 dans le magazine Comic Gardo d’Overlap. La série compte actuellement trois volumes au Japon et est toujours en cours, laissant espérer un rythme de publication régulier pour les lecteurs français. Le tome 2 est quant à lui prévu pour le 20 août. Du côté du titre, il faut souligner le jeu de mots savoureux qui a fait parler dans la communauté : quelque part dans les locaux de Mana Books, il y a un salarié qui mérite une belle augmentation pour avoir trouvé ce titre français détournement élégant du célèbre film Le diable s’habille en Prada.

Kakyu est un diable de rang inférieur qui a survécu deux mille ans en enfer, y développant une puissance hors normes, avant d’être propulsé dans un monde parallèle à la suite d’une querelle entre Satan et Zeus. Reconverti en marchand ambulant, il coule une vie paisible au sein du village de Jorn jusqu’au jour où celui-ci est réduit en cendres durant son absence. Dans les décombres, il ne trouve qu’un seul survivant : Ars, un nouveau-né dont la mère avait consommé de la viande de dragon, lui conférant des pouvoirs extraordinaires. Kakyu décide alors de l’élever et de faire de lui la personne la plus heureuse du monde, endossant malgré lui le rôle de père et se retrouvant confronté aux joies et aux tourments bien humains de la parentalité , nuits blanches, peur de mal faire, angoisse de perdre l’enfant de vue , le tout dans un univers de fantasy mêlant action , humour, porté par un duo improbable mais profondément attachant.

J’ai pu découvrir ce premier tome et ça à été une très bonne surprise. On pense tomber sur du tranche de vie, mais pas tant que ça au final. Nous avons une intrigue qui commence à se mettre en place , tout en suivant le quotidien de ce nouveau papa et des aléas de la vie avec un nourrisson. On découvre un côté très humain de notre protagoniste malgré son passif. C’est une bonne surprise, l’histoire est prenante, des personnages très attachants et aussi mystérieux qui nous donnent envie de découvrir la suite !

Le manga s’inscrit dans cette nouvelle vague de séries qui mêlent univers fantastiques et récits centrés sur les relations humaines avec des résonances évidentes du côté de SPY×FAMILY dans son concept de famille improvisée tout en s’en démarquant par un ancrage plus fort dans la dark fantasy et l’aventure. Ce qui rend le titre particulièrement savoureux, c’est ce contraste permanent entre la brutalité de son univers , affrontements , torture, magie, créatures surnaturelles et la douceur de sa relation père-fils . Kakyu, malgré ses 2 000 ans passés à incarner le diable, se révèle profondément humain dans sa manière d’agir et d’évoluer, endossant le rôle d’un père non de sang, mais de cœur. Le manga aborde avec humour et tendresse des problématiques très humaines la fatigue, les nuits blanches, la peur de mal faire, l’inquiétude quand un enfant disparaît de votre champ de vision pendant quelques secondes tout en maintenant un vrai souffle , ce qui en fait une lecture accessible aussi bien aux amateurs de fantasy pure qu’à ceux qui cherchent un récit plus émotionnel et chaleureux.

Les informations biographiques disponibles sur les deux auteurs restent très parcellaires. Le diable s’habille en papa constitue la première œuvre de Tamagokake Candy au scénario du light novel, dont on ne sait pratiquement rien sur sa vie ou sa carrière antérieure. Le roman est illustré par Megumi Nagahama également peu documentée publiquement. Du côté manga, Ryuu Segawa semble lui aussi en être à ses débuts, sans œuvre antérieure recensée : les planches ténébreuses du manga témoignent d’un goût prononcé pour le registre sombre et l’univers dark fantasy , et son style se distingue par un découpage dynamique, des scènes explosives entrecoupées de tranches de vie attendrissantes, avec une attention particulière portée aux expressions des personnages et aux décors. En somme, ces trois créateurs semblent avoir fait leurs armes directement sur cette série, ce qui en fait un projet d’autant plus remarquable pour une première collaboration.

Lectrices assidue depuis très longtemps qui lit de tout ! Je lis aussi du Webtoon ! 🫶