Il y a des tomes qui font avancer l’histoire, et d’autres qui la font basculer. Ce neuvième volume de Kagurabachi appartient clairement à la seconde catégorie. Takeru Hokazono rassemble des enjeux semés depuis longtemps et les fait converger dans une escalade qui ne laisse aucun personnage indemne. Le ton se fait plus dur, les rapports de force se redessinent, et la série prouve qu’elle sait gérer plusieurs lignes narratives sans perdre en intensité.

Chihiro se retrouve face à Samura, un adversaire dont la puissance dépasse tout ce qu’il a affronté jusque-là. Le combat pousse le jeune forgeron dans ses retranchements et l’oblige à mieux comprendre la lame qu’il porte, Enten. Pendant ce temps, à Tokyo, les Hishaku lancent leur assaut contre le quartier général des Kamunabi, qui tente de s’organiser pour résister. Deux affrontements se déroulent en parallèle, et chacun peut tout faire basculer.

C’est l’un des tomes les plus ambitieux de la série. Le duel principal est magnifiquement mis en scène : on sent l’écart de niveau entre les combattants, et la progression de Chihiro paraît méritée plutôt que gratuite. La découverte des capacités d’Enten apporte aussi un vrai calme, en donnant plus de profondeur à l’arme et à la relation qui lie son porteur à elle. Le dessin d’Hokazono reste très lisible malgré la densité des scènes.

Le choix de faire avancer plusieurs combats en même temps fonctionne bien, car il entretient la tension sans jamais ralentir le rythme. L’attaque contre le QG des Kamunabi donne au récit une ampleur plus collective, ce qui change agréablement de la quête individuelle de Chihiro. Seul bémol, le tome demande d’avoir bien en tête les tomes précédents, car les alliances et les trahisons s’y croisent beaucoup.

