Nobody : Bob Odenkirk en père de famille bien plus dangereux qu’il n’y paraît
Un film d’action qui part d’un quotidien presque aussi banal que possible : voilà le pari de Nobody. Écrit par Derek Kolstad, le scénariste de John Wick, et mis en scène par Ilya Naishuller, il prouve qu’on peut renouveler le genre avec peu de moyens, beaucoup d’énergie et un acteur qu’on n’attendait pas là. Le résultat est court, nerveux et franchement réjouissant.

Hutch Mansell mène une vie tranquille et réglée comme du papier à musique : boulot, famille, poubelles le mardi matin. Un soir, des cambrioleurs s’introduisent chez lui et il choisit de ne pas réagir, ce qui lui vaut le mépris de son entourage. Mais cet épisode réveille en lui quelque chose qu’il pensait avoir enterré. Une bagarre dans un bus va alors mettre en colère la mauvaise personne, un mafieux russe bien décidé à lui faire payer. Hutch n’a plus le choix : il doit ressortir les vieux réflexes.
Le grand atout du film, c’est Bob Odenkirk. Connu pour ses rôles plus comiques ou dramatiques, il se glisse dans la peau de ce héros ordinaire avec un naturel bluffant. Il ne ressemble pas à une machine de guerre, et c’est justement ce qui rend les combats aussi efficaces : ils sont brutaux, maladroits parfois, et souvent drôles. La mise en scène de Naishuller est très rythmée et la musique fait le reste, avec quelques passages vraiment marquants.

Le film ne cherche pas à réinventer le genre, et son intrigue reste assez classique. Mais il assume sa simplicité et ne perd jamais de temps, avec une durée d’à peine une heure et demie qui file sans temps mort. Les seconds rôles apportent aussi beaucoup, avec Christopher Lloyd et RZA en tête, qui volent chacun quelques scènes. Un divertissement solide, qui fait du bien et qu’on regarde avec le sourire.



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