Valkyrie Apocalypse T10 : La danse de Shiva peut-elle vaincre l’art du rikishi ?
Après neuf tomes à suivre les affrontements du grand tournoi du Ragnarök, Valkyrie Apocalypse continue de creuser son sillon si particulier : celui d’un manga de baston pur et assumé, où chaque combat devient prétexte à une réflexion sur ce qui sépare ou rapproche les hommes des dieux. Shinya Umemura et Ajichika ne cherchent pas à réinventer la formule, mais à la sublimer à chaque nouveau duel, et ce dixième volume ne fait pas exception à la règle. On y retrouve cette énergie qui a fait le succès de la série depuis ses débuts chez Ki-oon, portée par un dessin toujours aussi spectaculaire dans la mise en scène des affrontements.

Ce dixième tome de Valkyrie Apocalypse est intégralement consacré à un seul affrontement : celui qui oppose Shiva, dieu hindou de la destruction, à Raiden, sumotori d’une puissance colossale. Malgré leurs statuts que tout oppose l’un divin, l’autre humain , les deux combattants partagent une détermination commune et se battent avant tout pour ceux qu’ils représentent. Alors que le combat s’intensifie, Shiva décide de dévoiler toute l’étendue de sa puissance à travers une danse destructrice, mettant Raiden au défi de tenir la distance face à un adversaire d’un tout autre calibre. Ce duel s’annonce comme l’un des sommets du tournoi du Ragnarök, où l’issue reste incertaine jusqu’aux toutes dernières pages.

Ce dixième tome frappe fort en misant tout sur un seul combat, celui de Shiva contre Raiden, et le pari est réussi. Dès les premières pages, on sent que les auteurs ont voulu marquer le coup : ce duel est pensé comme un moment fort de la série, presque un point d’orgue du tournoi du Ragnarök. Ce qui fonctionne bien, c’est le contraste entre les deux combattants. D’un côté, Shiva, une divinité qui incarne la puissance à l’état pur et qui n’hésite pas à se transformer en véritable force de la nature. De l’autre, Raiden, un humain, certes exceptionnel, mais qui doit puiser dans autre chose que la force brute pour espérer tenir face à un dieu. Ce déséquilibre apparent rend le combat plus intéressant qu’un simple étalage de coups : on se demande vraiment comment l’humain va pouvoir s’en sortir.

Le dessin fait aussi une grande partie du travail. Les scènes d’action sont dynamiques, lisibles malgré leur intensité, et donnent un vrai sentiment de puissance à chaque coup porté. Certaines planches sont pensées comme de véritables moments spectaculaires, presque comme des scènes de film.Le petit bémol, c’est que si vous cherchez de la profondeur psychologique ou une intrigue complexe, ce n’est pas ce que ce tome propose. On reste sur une mécanique assez simple : deux combattants, une arène, et une montée en puissance progressive jusqu’au dénouement. Mais pour qui aime les mangas de combat portés par du spectacle visuel et une vraie tension, ce tome remplit parfaitement son rôle.



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