[Test] Trails in the Sky 1st Chapter – un ancien JRPG encore magique ?
Une aventure qui prend son temps
- La Bande-son du jeu magnifique
- Le Système de combat hybride
- Les Améliorations qui facilitent la vie
- Des personnages attachants
- Un World Building incroyable
- Graphismes datés pour un remake sorti en 2025
- C'est très très long !
- Des dialogues à n'en plus finir des fois.
- Un début très lent
La patience est une vertu. Et Trails in the Sky: 1st Chapter en demande beaucoup, soyons honnêtes. Dès les premières heures, le jeu te plonge dans un rythme volontairement lent. Tu incarnes Estelle Bright, une adolescente énergique, et Joshua, son frère adoptif plus réservé. Tous deux sont membres aspirants de la guilde des Bracers ou Égides en français, des aventuriers qui accomplissent des missions à travers tout Liberl. Très vite, un événement personnel va bousculer leur routine : leur père, Cassius Bright, un bracer légendaire, disparaît lors d’une mission mystérieuse. Bouleversés et inquiets, Estelle et Joshua prennent alors la route – officiellement pour leur formation de bracers, mais surtout dans l’espoir de retrouver la trace de Cassius. L’histoire met du temps à démarrer : on passe de ville en ville, on rend service aux habitants, on apprend à connaître le monde et ses personnages petit à petit. Certains joueurs pourraient trouver ce début trop tranquille, voire ennuyeux. Je le reconnais, j’ai moi-même parfois trouvé le temps long durant les premières heures de jeu.
Est-ce un défaut rédhibitoire ou une force cachée ?
Voilà la question que je me suis posée en avançant dans l’aventure. Car si Trails in the Sky prend son temps, c’est aussi pour mieux construire un univers riche et cohérent. Les dialogues sont nombreux, détaillés, parfois très long (trop long). Tu peux discuter avec quasiment chaque PNJ et chacun a sa petite histoire, ses réactions qui évoluent après chaque événement du scénario. C’est un vrai bonheur pour qui aime s’immerger dans le lore : tu te surprendras à parler une seconde fois aux habitants après un chapitre, juste pour voir ce qui a changé dans leur quotidien.
Bien sûr, cette profusion de texte peut décourager si tu n’aimes pas lire de longs dialogues dans un jeu vidéo. Mais sans ces moments de vie paisibles, comment s’attacher aux personnages ? Personnellement je me suis attaché à Estelle et Joshua justement grâce à ces scènes du quotidien qui les rendent profondément humains et touchants. D’ailleurs, le jeu ne manque pas d’humour : de nombreuses scènes prêtent à sourire et apportent de la légèreté entre deux moments plus sérieux.

Un système de combat à l’ancienne
Entre deux dialogues, le jeu n’oublie pas d’être un JRPG avec des combats au tour par tour. Sur ce point, Trails in the Sky pourrait sembler classique. Un système de timeline affiche l’ordre des actions, comme dans Final Fantasy X, ce qui permet d’anticiper les coups. Par ailleurs, les monstres sont visibles dans les zones d’exploration : il n’y a pas de combats aléatoires impromptus – un bon point si tu aimes pouvoir choisir tes batailles. Un autre aspect intéressant du système hybride, c’est la possibilité d’alterner temps réel et tour par tour pour maximiser son efficacité. Affaiblir des ennemis faibles en temps réel, puis basculer en tour par tour pour placer des attaques combinées ou gérer un affrontement plus complexe : le jeu encourage à jouer sur cette complémentarité. C’est un équilibre qui fonctionne bien et qui évite la lassitude.
Est-ce que ce gameplay daté de 2004 tient toujours la route aujourd’hui ? À mon avis, oui. Je trouve qu’il n’a pas pris une ride sur le plan tactique. Chaque personnage possède des compétences uniques et tu peux personnaliser leurs capacités magiques grâce au système d’Orbments : en équipant des quartz, tu débloques des sorts (Arts) et bonus de statistiques. Tout ça t’encourage à tester différentes combinaisons pour adapter ton équipe à chaque situation.
Les combats offrent un défi modéré mais réel. Tu devras parfois réfléchir et exploiter les faiblesses élémentaires des monstres ou utiliser le bon objet au bon moment, surtout lors des combats de boss. J’ai aimé que le jeu ne soit jamais frustrant : si un affrontement te semble difficile, tu peux toujours retourner t’entraîner un peu ou ajuster ton équipement ou même changer la difficulté. Et puis, quel plaisir quand tu déclenches un S-Craft au moment critique pour renverser un combat mal engagé ! Ce mélange de réflexion et de dynamisme m’a vraiment plu et je pense qu’il peut te faire kiffer aussi, à condition d’aimer les JRPG au tour par tour un brin old-school.




Un monde vivant et nostalgique
Là où Trails in the Sky m’a conquis, c’est par la vie qui se dégage de son monde. Liberl est un royaume fictif plein de détails : une technologie unique basée sur l’orbal (imagine un mélange de magie et de science steampunk), des livres et journaux à collectionner qui enrichissent le background, et des villes avec leurs traditions et problématiques locales. Chaque chapitre de l’aventure se concentre sur une région du royaume, avec son ambiance propre. Par exemple, tu découvriras la ville de Zeiss centrée sur les inventions technologiques, ou Rolent, la bourgade paisible de départ entourée de verdure, etc. À chaque étape, le jeu prend soin de te faire sentir partie prenante de la communauté locale en te confiant des quêtes variées : chasse aux monstres, enquêtes, livraisons, aide aux villageois… Ces quêtes annexes, bien que classiques dans leur gameplay, renforcent l’attachement au monde et aux personnages. Attention cependant, beaucoup de missions secondaires sont temporaires et peuvent être manquées si tu avances trop vite dans l’histoire sans consulter le tableau de la guilde. Le jeu ne te mâche pas le travail : à toi d’être curieux et attentif. Si le remake modernise certains aspects de confort, il reste encore des points qui mériteraient plus de souplesse. Le HUD, par exemple, est omniprésent : barre de vie, mini-carte, encadrés… tout reste affiché en permanence, même pendant les simples phases de déplacement entre les villes. Résultat, l’écran paraît parfois surchargé inutilement.
Le doublage mérite une mention particulière. Si les grandes cinématiques bénéficient de voix (en japonais ou en anglais), le reste du jeu repose surtout sur des bulles de texte classiques, comme dans la plupart des JRPG. Dommage, car un doublage plus complet aurait pu renforcer l’immersion et moderniser l’expérience.

Côté qualité, la VO japonaise fait le travail avec justesse et colle parfaitement à l’ambiance. L’anglais, en revanche, laisse beaucoup plus perplexe : le jeu sonne souvent forcé, surjoué, avec des intonations caricaturales qui rappellent les vieilles adaptations de Dragon Ball Z ou d’anime des années 90. La voix d’Estelle, par exemple, évoque directement une Harley Quinn de cartoon : aiguë, surjouée, presque insupportable à force. Bref, difficile de s’y attacher, même si ça permet de profiter du jeu sans lire constamment les sous-titres.
La musique, elle, bénéficie d’un traitement intéressant : le jeu permet de choisir entre trois bandes-son distinctes.
- La version standard réarrangée, pensée pour ce remake,
- la bande-son originale de 2004, pour les puristes,
- et la bande-son FC Evolution, déjà arrangée auparavant.
Un vrai plus pour les fans, qui peuvent sélectionner la couleur musicale qui leur convient le mieux selon leur sensibilité.
Visuellement, Trails in the 1st Chapter peine à convaincre. Les couleurs paraissent un peu fades, trop lumineuses, et même avec toutes les options poussées à fond, l’aliasing reste bien présent. Les ombres, elles, sont parfois bancales, ce qui donne une impression générale datée — difficile de croire qu’il s’agit d’un remake sorti en 2025. On a plus le sentiment de retrouver un jeu du milieu des années 2010, surtout quand on compare à un Dragon Quest XI sorti depuis plusieurs années déjà.
Côté direction artistique, le constat reste mitigé. Les environnements se limitent beaucoup aux verts des forêts, aux gris ternes des villes et aux beiges des bâtiments en bois. Que ce soit Roland ou Bose, les deux premières villes du jeu peinent à émerveiller : elles manquent de personnalité et donnent une impression de déjà-vu. On est loin de la richesse et de l’émerveillement que peut offrir un Dragon Quest, avec ses panoramas colorés et ses cités majestueuses.

Un premier chapitre qui donne envie de voir la suite
Un jeu doit-il te happer dès la première heure pour mériter ton attention, ou peux-tu lui laisser le temps de déployer toute sa richesse à son rythme ?
Pour Trails in the Sky 1st Chapter, j’ai choisi la deuxième option, et je ne le regrette pas.
Trails in the Sky 1st Chapter: Je me suis plongé dans un univers fascinant qui prend son temps pour se révéler, mais qui au final m’a marqué bien plus que beaucoup d’aventures au rythme plus effréné. C’est un pari osé de demander au joueur de la patience en 2025, à l’ère du tout, tout de suite. Et toi, tu penses quoi ? Si tu aimes les JRPG profonds, les personnages attachants et les épopées qui montent en puissance doucement mais sûrement, alors embarque sans hésiter à bord de l’aéronef vers Liberl. Je parie que tu ne le regretteras pas. – MonsieurHidan


