[Test] Towa and the Guardians of the Sacred Tree : un roguelike sur peinture à l’aquarelle
J’ai plongé tête baissée dans l’univers de Towa and the Guardians of the Sacred Tree. Ce titre promettait de mélanger des mécaniques roguelite avec une narration japonaise vraiment intéressante, ce qui est assez rare dans ce genre.
- L'univers est riche
- Un système de duo intéressant
- Le village "vieilli" avec les runs
- Le visuel : du bonbon pour vos yeux
- Mais ça parle trop
- Avec beaucoup de désavantage
- Les "pauses" sont trop longues
Bien que le jeu comporte de belles promesses, l’expérience s’est malheureusement révélée frustrante. Ca arrive malheureusement souvent avec des projets trop ambitieux. Je vous raconte tout, soyez patient.
Un visuel incroyable pour les yeux
Nous devons impérativement commencer par saluer la direction artistique, parce qu’elle mélange le 2D et le 3D d’une manière absolument magnifique et vraiment très vibrante. Nous avons ici une aquarelle qui fait plaisir aux yeux, remplie de couleurs saisissantes. Le tout est accompagné par les mélodies légendaires et envoûtantes du grand Hitoshi Sakimoto, créateur de compositions musicales de Final Fantasy Tactics et Final Fantasy 12.
La promesse initiale du jeu était de redéfinir le genre roguelite, notamment grâce à cette approche narrative profondément japonaise et extrêmement personnelle.
En ce qui me concerne, l’atmosphère est un franc succès total : on est immédiatement happé par le charme discret et particulier du village de Shinju. C’est très plaisant de voir le village évoluer sans cesse au fil de nos quêtes et de développer des liens uniques avec les habitants.
Ce monde mêle habilement 2D et 3D et offre une incroyable variété d’environnements, allant des plaines remplies de fleurs, jusqu’aux étangs sereins où l’on discute avec son compagnon. On se sent vraiment aspiré par cet univers doux mais périlleux.
Les huit Gardiens qui accompagnent l’héroïne Towa sont vraiment charismatiques. Ils ont chacun leur caractère et designs mémorables. Leur dialogue est vraiment varié et c’est plaisant. On voit parfaitement que les développeurs ont misé énormément sur la personnalité de chacun, ce qui rend l’investissement émotionnel dans toute l’histoire beaucoup plus facile et intéressant.


Le combat en duo : l’idée de génie gâchée
L’élément principal de toute l’expérience du jeu réside sans conteste dans le système de combat en duo, qui est particulièrement dynamique et surtout unique. Nous incarnons donc Towa, la prêtresse, accompagnée d’un Gardien qui manie soit la puissance de l’épée sacrée Tsurugi, soit la magie du bâton Kagura.
Chacun des huit Gardiens qu’on peut recruter possède ses propres capacités ainsi qu’un set d’épées, multipliant le potentiel de rejouabilité. Apprendre à jongler efficacement entre les attaques rapides des deux personnages, c’est ce qui rend l’affrontement contre les monstres vraiment stimulant et assez technique, je dois l’admettre.
C’est là que le jeu brille vraiment, car la nécessité de choisir la bonne paire de Gardiens avant chaque run renouvelle profondément l’expérience de jeu à chaque tentative. Cependant, même si l’idée de base est carrément brillante sur le papier, elle se heurte violemment à un mur. Le fait d’avoir un second personnage, possédant une barre de vie complexifie énormément le gameplay. Surtout qu’il y a peu de possibilité de mouvement avec le compagnon qui nous accompagne, et se prend la plupart des coups. C’est très prometteur, mais la prise en main semble avoir été laissée de côté par les développeurs.

Le rythme scénaristique : le véritable coup de gueule
Un autre point noir : l’histoire met beaucoup trop de temps à vraiment se lancer, parce que le rythme scénaristique impose des pauses narratives interminables entre chaque expédition.
Pour être honnête, ces dialogues peuvent être peu intéressants et traînent en longueurs, ce qui casse le rythme du jeu. Je me retrouve vraiment frustré en tant que fan de roguelite, un genre qui exige normalement exécution rapide et immédiate de la boucle de gameplay.
Towa nous demande d’investir un trop grand nombre d’heures à mes yeux pour qu’il commence enfin à prendre de l’ampleur et à devenir vraiment amusant et fluide.
La conséquence : ce décalage fatal sera la raison principale pour laquelle énormément de joueurs vont malheureusement abandonner avant de découvrir le vrai potentiel de Towa. Le roguelite ne supporte pas d’être freiné par des temps morts narratifs. On veut simplement mourir pour mieux recommencer le plus vite possible.
Cette tentative d’allier une narration profonde et un gameplay nerveux cause un déchirement pour l’accessibilité du jeu pour les nouveaux venus.
Pire encore, la lourdeur de la prise en main générale et les contrôles peu instinctifs rendent les débuts absolument très énervants pour les fans d’action.
Pour moi, le mapping des touches est un véritable calvaire qui cause énormément d’erreurs de débutant pendant les combats importants. On a d’ailleurs souvent l’impression de faire trop d’erreurs bêtes à cause des doubles compétences et des doubles sabres, ce qui est extrêmement punitif et agaçant.
Côté rejouabilité, la sélection des Gardiens est fantastique, mais le bestiaire des ennemis nous semble rapidement limité sur le long terme des heures de jeu.



La progression du jeu : l’hameçon de l’addiction
Assez parlé des défauts accablants. Il existe des raisons cruciales qui nous poussent fortement à nous accrocher à l’expérience Towa jusqu’au bout. Par exemple, la confection de sabre personnalisée est un système de progression incroyablement addictif, incitant les joueurs à récupérer de l’acier en permanence pour s’améliorer. Cette chasse à l’acier permet de forger des Tsurugi qui jouent sur les statistiques, ce qui donne un vrai sens palpable à chaque run perdue ou ratée.

Ce n’est pas tout, car notre progression se ressent également dans l’évolution même du village de Shinju, qui change constamment au fil des années que nous passons à combattre.
Par conséquent, voir le village s’épanouir et développer des liens vraiment forts avec les Gardiens est très satisfaisant et réconfortant, rendant chaque retour à la base moins frustrant. Chaque visite est une opportunité unique pour s’entraîner au dojo, pour invoquer des Grâces puissantes, ou simplement pour se reposer un peu dans les sources chaudes revigorantes. On développe ainsi des liens très personnels avec les habitants, apprenant leurs histoires et leurs coutumes, ce qui tisse une toile émotionnelle très engageante. Cette vision unique autour des liens et de la forge est la seule chose qui rend la mort moins punitive. On se prend facilement au jeu, même après s’être fait littéralement marcher dessus par un boss de Magatsu après une longue expédition.

Towa, le mot de la fin
Au final, on peut clairement affirmer que Towa and the Guardians of the Sacred Tree est un titre très paradoxal, malheureusement plein de promesses gâchées par un rythme exaspérant et trop lent. Si vous êtes un fan absolu du roguelite et que vous supportez les débuts vraiment trop lents, vous pourriez devenir accro comme moi. Il faut juste savoir que le vrai plaisir de jeu n’arrive malheureusement que très tard, après avoir surmonté cette barrière de frustration initiale assez corsée.



