Starship Troopers: Ultimate Bug Wars!

[Test] Starship Troopers: Ultimate Bug War! – Plaisir solitaire

Temps de lecture estimé :6 Minutes, 23 Secondes

Un ptit jeu solo fidèle au matériau d’origine qui fait le job mais qui ne vous retiendra pas non plus des dizaines d’heures.

Les +
  • Les zones d'action assez grandes
  • Assez bourin
  • Le respect des films
  • Assez fluide globalement
  • L'ambiance et les voix
  • Le gun feel pas trop vilain
Les –
  • La visée de base immonde
  • Répétitif quand même
  • Globalement assez classique
  • Désespérément solo

Starship Troopers: Ultimate Bug War!: Starship Troopers: Ultimate Bug War! est un jeu sympa, parfois même attachant, mais rarement exceptionnel. Il propose une expérience solo cohérente, structurée, accessible, mais il lui manque ce supplément d’âme, cette étincelle créative, cette folie contrôlée qui aurait pu en faire un titre vraiment cool. Déjà un simple coop aurait été le bienvenu car l’univers et le jeu s’y prête carrément ! HerrKamper

6.5
von 10
2026-03-31T18:02:25+02:00

Le bug dans l’amatrice

Starship Troopers: Ultimate Bug War! tente de retranscrire ce qui a fait le succès du premier film avec bien évidemment l’action musclée et les insectes dégueus, mais aussi l’ambiance militaire et la propagande satirique, avec ici des vidéos incluant notamment Casper Van Dien reprenant son rôle du Général Johnny Rico dans des vidéos entre fun et cringe, expliquant que le jeu est carrément une simulation pour vous entraîner pour le vrai conflit.. Le jeu tente lui de reproduire ce qui fait le sel des films, presque avec modestie, comme un titre conscient de ses limites, de son budget, de son héritage aussi, et qui tente, avec une sincérité palpable, de proposer une expérience solo solide dans un univers où la démesure est pourtant la norme en incarnant Samantha Dietz, une Marine qui débarque et veut en découdre avec les insectes !

Eh oui, Ultimate Bug War n’est pas un défouloir coopératif à quatre joueurs, ni un shooter multijoueur où l’on aligne les vagues d’Arachnides en hurlant des slogans patriotiques : ici, tout se joue en solo, dans une structure narrative divisée en deux campagnes distinctes, l’une côté Fédération, l’autre côté Arachnides, qui cherchent à offrir deux perspectives opposées d’un même conflit, avec un sérieux parfois surprenant, et une volonté manifeste de raconter quelque chose d’un peu plus nuancé que la simple extermination d’insectes géants.

En termes de gameplay c’est pas non plus révolutionnaire, mais on vous conseille cependant de bien calibrer la visée au préalable dans les options. En effet, les réglages de base rendent le jeu assez dégueulasse dans le contrôle de la visée mais heureusement il est possible de bien paramétrer la zone morte et la sensibilité pour des sensations plus proches des standards de la concurrence.

Friture à l’huile d’arachnide

Le résultat, sans être renversant, possède une certaine personnalité, une forme de rigueur presque académique dans sa manière de dérouler ses missions et une honnêteté qui force le respect. Mais il souffre aussi d’un manque d’audace, d’une répétitivité structurelle, et d’une absence de moments réellement marquants, ce qui l’empêche de s’élever au-delà du statut de « bon petit jeu solo » que l’on apprécie sur le moment avant de passer à autre chose.

La campagne de la Fédération constitue le cœur du jeu, celle que l’on explore en premier, celle qui pose les bases du gameplay et de l’univers. Elle s’ouvre sur un discours martial, comme il se doit, où un officier trop enthousiaste vous explique que votre vie appartient désormais à la Fédération, que votre devoir est de servir, et que la survie n’est pas garantie, un préambule qui, sans atteindre la finesse satirique du film de Verhoeven, installe néanmoins une ambiance cohérente, presque confortable dans sa familiarité.

Rien de révolutionnaire, mais rien de véritablement décevant non plus. Le jeu applique une formule éprouvée, presque scolaire, où chaque mission introduit un élément nouveau : un type d’ennemi, une arme, un gadget tactique avant de le réutiliser dans des situations légèrement plus complexes. Cette progression, très linéaire, fonctionne plutôt bien, même si elle manque parfois de souffle, comme si le jeu hésitait à sortir de sa zone de confort.

Satire à vue

Le ton, lui, reste étonnamment sérieux. Là où l’on aurait pu attendre une satire plus appuyée, une ironie mordante ou un commentaire plus explicite sur la propagande militariste, Starship Troopers: Ultimate Bug War choisit une approche plus sobre, presque documentaire, où la Fédération apparaît moins comme une caricature fascisante que comme une institution rigide, bureaucratique, parfois dépassée par l’ampleur du conflit. Ce choix, s’il surprend, confère à la campagne une certaine gravité, mais prive aussi le jeu de cette dimension satirique qui fait tout le sel de la licence.

Les Arachnides constituent évidemment le cœur du gameplay, et le jeu s’en sort plutôt bien dans leur représentation. Les Warriors déboulent en masse, les Spitters harcèlent à distance, les Tankers transforment le sol en brasier, et les Plasma Bugs illuminent le ciel de leurs tirs bleutés. Chaque espèce possède un comportement identifiable, une silhouette lisible, et une manière d’occuper l’espace qui oblige le joueur à s’adapter.

Cependant, malgré cette variété apparente, les affrontements finissent par se ressembler. Les vagues d’ennemis, aussi impressionnantes soient-elles, suivent souvent les mêmes schémas, les mêmes trajectoires, les mêmes timings. On apprend rapidement à anticiper les attaques, à repérer les points d’apparition, à gérer les priorités. Cette maîtrise progressive est satisfaisante, mais elle révèle aussi les limites du système : une fois les mécaniques assimilées, le jeu peine à surprendre.

La mise en scène, elle, reste efficace sans être spectaculaire. Les explosions sont lisibles, les impacts convaincants, les animations correctes. Rien ne choque, rien n’éblouit. On est dans une forme de sobriété technique qui, si elle évite les faux pas, empêche aussi le jeu de proposer des moments réellement mémorables.

L’arsenal humain, composé d’une dizaine d’armes principales et de quelques gadgets, remplit parfaitement son rôle sans jamais chercher à briller. Le Morita, fusil emblématique de la licence, offre des sensations correctes, avec un recul mesuré et un claquement métallique satisfaisant. Les armes lourdes, comme le lance-flammes ou le canon à plasma portable, apportent un peu de variété, mais leur utilisation reste très encadrée, presque trop sage.

Mode boucherie inclus !

L’une des particularités les plus intrigantes du jeu réside dans sa seconde campagne, entièrement dédiée aux Arachnides. Une idée audacieuse, presque subversive, qui aurait pu offrir un contrepoint fascinant à la perspective humaine. Malheureusement, si l’intention est louable, l’exécution reste timide.

On incarne ici un gros insecte métamorphe chargé défoncer tout ce qui bouge mais aussi capable d’appeler des renforts près des nids présents sur les maps dédiées à ces niveaux. Votre insecte peut changer de forme pour être plus efficace en attaque, défense ou mobilité avec par exemple la capacité de voler. Sur le papier, cela ressemble à un mélange de stratégie légère et de gestion organique. Dans les faits, la campagne se résume souvent à défoncer des vagues successives d’unités en détruisant les bâtiments ennemis, avec un joli bordel ambiant.

Il y a bien quelques idées intéressantes dans le gameplay avec le côté changement de forme ou le fait de récupérer des unités dans les nids mais l’ensemble manque de profondeur. On a parfois l’impression de jouer à un mode secondaire, presque expérimental, qui n’a pas bénéficié du même soin que la campagne humaine. Pourtant, malgré ses limites, cette campagne apporte un petit vent d’air frais, une manière différente d’appréhender l’univers et permet de varier les plaisirs après des niveaux avec des gros flingues.

Visuellement, Starship Troopers: Ultimate Bug War oscille entre le convenable et le légèrement daté. Les panoramas planétaires sont parfois jolis, avec des ciels saturés de spores et des reliefs accidentés, mais les textures manquent souvent de finesse, les effets de lumière paraissent artificiels, et certaines zones semblent recyclées d’une mission à l’autre. Le côté vieillot est voulu et donne un certain cachet au jeu, qui pourrait rebuter les amateurs de FPS actuels avec des graphismes plus léchés.

La lisibilité reste bonne, ce qui est essentiel dans un jeu où l’on affronte des hordes d’ennemis, mais l’ensemble manque de personnalité. On aurait aimé des environnements plus marquants, plus variés, ou simplement plus vivants. Ici, tout semble fonctionnel, presque utilitaire, comme si le jeu avait privilégié la stabilité technique au détriment de l’ambition artistique. Certes, le jeu est coincé dans le cahier des charges de l’univers de Starship Troopers mais ça aurait été l’occasion de sortir quelques nouveautés plus inspirées en termes de planètes ou d’environnements.

L’IA alliée qui vous accompagne n’a pas inventé l’eau chaude, l’idée c’est de pouvoir recruter des petites escouades en les sélectionnant quand vous êtes proches d’eux, avec 4 troufions qui peuvent vous suivre mais ils sont plus souvent de la chair à canon que des vrais équipiers efficaces. Idem pour les insectes mais eux c’est déjà plus pardonnable.

La bande-son accompagne correctement l’action, avec des thèmes martiaux, des percussions lourdes et quelques envolées orchestrales. Rien de particulièrement mémorable, mais rien de gênant non plus. Les bruitages, eux, sont plus réussis : les cris des Arachnides, les impacts des armes, les explosions thermiques contribuent à une atmosphère immersive. Les voix sont plutôt sympas, en anglais mais le jeu est intégralement en français dans les textes et sous-titres.

Pour boucler le jeu, comptez environ 6 heures en ligne droite après cela dépendra de votre skill, avec la possibilité de rejouer dans une difficulté plus élevée. Au terme des deux campagnes, une impression domine : celle d’un jeu correct qui fait de son mieux avec les moyens dont il dispose, mais qui n’ose jamais franchir le pas vers quelque chose de plus audacieux ou de plus marquant.

Starship Troopers: Ultimate Bug War est un jeu sympa, parfois même attachant, mais rarement exceptionnel. Il propose une expérience solo cohérente, structurée, accessible, mais il lui manque ce supplément d’âme, cette étincelle créative, cette folie contrôlée qui aurait pu en faire un titre vraiment cool. Déjà un simple coop aurait été le bienvenu car l’univers et le jeu s’y prête carrément !

Le retrogaming est ma passion principale, mais il ne faut pas tomber dans la tristesse du "c'était mieux avant" ! Les jeux aujourd'hui sont hyper variés, et proposent parfois des choses assez incroyables. Gardons l'esprit ouvert, loin des gueguerres et des clivages stupides et stériles, et n'oublions pas que le jeu est un loisir qui doit nous rassembler ! J'aime particulièrement les RPG, les jeux d'action et d'aventure, et j'apprécie particulièrement les titres avec une histoire riche et les univers déjantés ou atypiques.

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