[Test] Reanimal – Prêts pour une nouvelle dose de cauchemars ?
Un bon moment pour les amateurs du genre qui sauront apprécier le travail d’ambiance impeccable fourni par Tarsier Studios
- Une ambiance impeccable
- Le gameplay bien ajusté
- Des paysages et rencontres mémorables
- La caméra parfaitement gérée
- Les collectibles sympas
- La visée en bateau pas dingue
- La difficulté plutôt faible
- L'IA alliée parfois un peu débile
Reanimal: Tarsier Studio montre encore une fois sa maestria dans le genre, avec une aventure sombre, parfois dégueu qui fera dresser le poil de bien des joueurs, ou au moins, laisser des souvenirs avec certains lieux ou séquences mémorables. Servi par un gameplay globalement impeccable et une ambiance visuelle et sonore de qualité, vous allez dévorer le jeu si vous aimez le genre. – HerrKamper
Tarsier Studio a de l’expérience dans le domaine du jeu d’angoisse, étant à l’origine des deux premiers Little Nightmares. Reanimal s’inscrit non pas comme une suite mais plutôt comme un successeur spirituel des titres précédents, en gardant des traceurs communs mais dans un univers qui lui est propre. C’est le moment d’éteindre les lumières, de visser le casque sur les oreilles et de lancer cette aventure pour le moins perturbante…
L’idée ici sera de tenter de présenter cet univers sans pour autant en dévoiler les potentielles surprises, pas forcément facile mais c’est important pour quiconque souhaite faire le jeu et garder l’expérience intacte. Ce serait comme raconter les moments forts d’un film flippant, aucun intérêt.
Réanime à tort ?
On peut commencer sans spoiler par le tout début de Reanimal, où l’on commence sur une petite embarcation, pilotée par un garçon en guenilles avec un sac sur la tête. On avance doucement sur des flots calmes à travers une brume nocturne peu rassurante, guidé par les faibles lumières et le son des cloches des balises flottantes, quand soudain un corps inerte flotte à la surface. Il s’agit d’une fille, que l’on remonte vite sur le petit bateau. Elle se réveille en sursaut, apeurée et attaque soudain le garçon qui l’a pourtant sauvée. Mais après avoir repris ses esprits, l’ambiance se calme et ils décident de s’entraider pour survivre. Le court périple vous mènera sur une plage, point de départ d’une aventure au coeur des ténèbres d’un monde torturé.
On contrôle le garçon, et la fille est contrôlée par IA en solo ou par un ami en coop local ou en ligne. D’ailleurs, le pass ami est offert pour jouer avec un pote en ligne, on apprécie ! Pour ce test, l’aventure a été faite en solo mais je ferai une mise à jour après avoir étrenné le coop. Cela dit je ne risque pas grand chose en m’avançant et en annonçant que c’est plus sympa mais peut-être moins immersif de papoter en jouant. Ah oui et autre point intéressant : le coop est crossplay, ça fait plaisir.
Nos deux petits personnages vont ainsi traverser bien des épreuves lors de leur périple, visiter des endroits marquants et faire des rencontres pour le moins flippantes. Les thématiques abordées vont enfoncer le clou niveau ambiance, avec la solitude, le suicide, la traîtrise, l’abandon, la maltraitance et j’en passe. Le titre distille tout cela au fil des niveaux, des rencontres, le tout sans presque une parole si ce n’est les rares échanges entre enfants, doublés en français d’ailleurs.

Ici, pas de gros jumpscare toutes les deux minutes, le titre joue avec l’ambiance sonore et visuelle, avec les lumières ou encore avec votre pire ennemi : votre imagination. Pour vous donner mon point de vue sur les jeux d’horreur, mais c’est aussi valable pour les films, tout ce qui est à base de jumpscare, c’est de la peur efficace certes, mais qui s’efface aussi vite qu’elle est apparue.
A mon sens c’est l’angoisse qui est le sentiment le plus compliqué à faire ressentir pour le joueur ou le spectateur, cette crainte d’attendre ce qui va déclencher la peur, parfois avec un son, parfois avec un jeu de lumières bien placées. Cela demande bien plus de travail et de réflexion qu’un truc qui jaillit à l’écran et j’ai infiniment plus de respect pour une ambiance oppressante qui instille le malaise. Et ça tombe bien, ici on est dans ce cas de figure. Avec ses endroits glauques, ses personnages flippants ou un bestiaire peu engageant, le tout emballé dans des décors sinistres et avec une caméra qui vous met au coeur de ce voyage, Reanimal assure le spectacle.
Le contrôle (du jeu, des émotions et des sphincters aussi)
Le titre propose un gameplay simple mais pas débile pour autant. En effet, si ce n’est quelques indications au départ pour les contrôles de base, le reste du jeu vous laissera cogiter en utilisant le peu d’actions disponibles : se déplacer, courir, se baisser pour marcher discrètement et une touche d’action unique qui s’adaptera selon ce que vous vous voudrez faire (ouvrir une porte, prendre un objet ou activer un bouton par exemple) Minimaliste, certes, mais parfaitement maîtrisé, ce qui permet de s’y retrouver facilement mais aussi de réagir rapidement quand cela est nécessaire, surtout quand vous faites des rencontres disons… Dangereuses ? Le tout répond de façon nette et précise et heureusement, car il va falloir parfois faire preuve de sacrés réflexes…
Vous aurez parfois l’occasion de pouvoir rendre les coups ou de trouver de quoi vous défendre, il faut bien ouvrir l’oeil mais globalement, le jeu n’est pas bien difficile. Il est même plutôt sympa avec vous car en cas d’erreur et de décès, vous revenez souvent peu avant l’endroit en question. En gros, il faut faire preuve d’observation et d’un peu de réflexion mais vous n’allez pas vous arracher les cheveux, ou autre pelage corporel, c’est selon.
Seul bémol dans l’aventure, en tout cas d’après mon expérience sur le jeu en termes de gameplay, il faut que je vous parle des phases en bateau. Parce que oui, dès les premières secondes de jeu, vous serez amené à naviguer sur les flots sur une petite barque, rien de foufou ni de bien compliqué à la base. Le souci vient de la visée à partir d’un moment du jeu, pour jeter des harpons sur les ennemis qui peuvent vous attaquer. Le contrôle de la visée est assez erratique, entre le manque de précision de la visée et le temps de “rechargement” c’était certainement l’une des seules causes de défaites un peu lourdingues en jeu.
Art of Darkness
Reanimal laisse toute la place à l’aventure du point de vue visuel : aucune interface, rien : l’immersion est totale et tout se trouve devant vos yeux. A la rigueur oui, vous avez parfois des petits losanges sur les points d’intérêt à activer, mais aucune indication de touches ou autres barre d’endurance ou autre. Là encore on retrouve l’essence de Little Nightmares et on ne peut en dire que du bien.

On ne peut que saluer également le travail de la caméra qui permet de sublimer les différents lieux et paysages qui se présentent à vous, tout en permettant de garder une bonne lisibilité lors des moments de poursuites par exemple. J’ai bien envie de vous parler de certains moments les plus impressionnants du jeu mais impossible sans spoiler ou flinguer votre expérience. Je garde ça pour la vidéo !
Les actions coopératives sont aussi de la partie, forcément plus sympas avec un humain à vos côtés. Il est possible de demander à l’IA de faire une action en l’appelant avec L1, il est arrivé par moments qu’elle réponde peu ou pas, mais en insistant un peu ça passe. Certainement un truc qui peut être corrigé par un patch à l’occasion ?
La sombritude
Le jeu est certes très sombre, mais les jeux de lumières le rendent parfaitement lisible, justement, on s’accroche aux plus petites lueurs en espérant y trouver un chemin, un indice, voire mieux : une sortie ! Mais dans ces ténèbres, vous pourrez utiliser la faible lueur de votre briquet pour éclairer un peu les endroits les plus sombres. Je vous conseille de bien calibrer l’image de votre écran avant de lancer le jeu afin de profiter au maximum de chaque détail offert par Reanimal, et de vous y plonger dans des conditions optimales, lumières éteintes et dans l’obscurité !
Le tout est parfaitement fluide, surtout en mode performances, les animations des personnages sont bien travaillées, et la modélisation des… choses que vous allez rencontrer sauront vous faire l’effet désiré par Tarsier Studios. Mention spéciale à ce moment aquatique, avec une créature qui vous fera de l’oeil, ou encore une autre pleine de poils et de pattes qui est en manque de contact humain… Vous comprendrez en jouant !
On y revient mais l’ambiance sonore est vraiment superbement réalisée, avec parfois quelques notes ou un son prolongé, vous glissant peu à peu dans cette ambiance sombre, sale, dérangeante, qui saura vous mettre mal à l’aise et accompagner parfaitement les différents tableaux du jeu. Là aussi, un bon système de son spatialisé ou un casque de bon aloi sauront vous procurer une expérience au poil.

Reanimal a beau proposer une aventure qui se joue majoritairement en ligne droite, il faut être curieux pour tenter de trouver les divers collectibles ou autres petits secrets… Ce qui plaira aux collectionneurs de trophées/succès ou encore si vous voulez rentabiliser la quarantaine d’Euros que vaut le jeu à sa sortie. Car avec sa durée de vie initiale d’environ 3-4 heures, il faudra bien fouiller pour trouver tout ce qui est planqué dans le jeu, comme les masques ou les illustrations par exemple, ce qui rallongera la durée de vie selon votre implication, sans pour autant la doubler.
La rejouabilité n’est pas exceptionnelle, du moins en solo mais c’est toujours sympa par contre de refaire le jeu avec un ami qui n’aurait pas encore fait l’aventure ou pour passer une bonne soirée avec les enfants (ah, on me dit que non dans l’oreillette ?)
Tarsier Studios prouve encore une fois sa maestria dans le genre, avec une aventure sombre, parfois dégueu qui fera dresser le poil de bien des joueurs, ou au moins, laissera des souvenirs avec certains lieux ou séquences mémorables. Servi par un gameplay globalement impeccable et une ambiance visuelle et sonore de qualité, vous allez dévorer le jeu si vous aimez le genre… Ou vous faire dévorer !
Ce test a été réalisé depuis une version commerciale fournie par l’éditeur, qu’on remercie chaleureusement. Faute de partenariat avec Pampers, c’est le canapé qui a failli morfler en cas de peur trop soudaint, heureusement le jeu traumatise plus qu’il ne fait flipper… Est-ce que c’est mieux au final ?


