[Test] I Hate This Place – Il a tout d’un grand
Malgré ses bonnes idées, le jeu se prend les pieds dans le tapis faute d’équilibrage et de challenge.
- Le côté discrétion et survival initial
- La quantité de plans à trouver
- La variété des environnements
- Un lore original et intéressant
- Visuellement sympa malgré les accrocs de framerate
- Trop facile
- La fin nulle
- Manque de variété du bestiaire
- Rejouabilité inexistante
I Hate This Place: I Hate This Place mérite d’être essayé pour son univers et ses bonnes idées de gameplay axées sur le son et la discrétion. Dommage que l’équilibre ne tienne pas jusqu’au bout : une fois la machine à ressources lancée au ranch, la tension s’évapore. Si vous cherchez une expérience courte, atmosphérique et pas prise de tête, vous y trouverez votre compte mais si vous espérez un survival hardcore et constant, passez votre chemin. – HerrKamper

Adapté du comics éponyme, I Hate This Place a tout pour plaire sur le papier : visuellement engageant, une histoire sombre et originale, un côté survival horror qui reprend les codes des grands du genre… Mais des erreurs de jeunesse sont venues ternir ce joli tableau, reste à espérer que cela ne flinguer pas l’intérêt du titre !
Dis donc toi avec ton casque à cornes !
L’histoire vous met directement dans le bain : on découvre Elena et Lou dans un bosquet sinistre, voulant invoquer le Démon Cornu pour obtenir des réponses sur… Un truc. Ouais, on ne sait rien au départ et pourquoi pas ! L’incantation foire bien évidemment, Lou disparaît, et Elena se réveille seule dans une forêt oppressante : c’est le point de départ d’une enquête qui mêle culte étrange, secrets et créatures difformes. L’intrigue tient sur un ticket de métro, mais le lore disséminé via des notes, bribes et PNJ ambigus, parvient à maintenir la curiosité. On avance parce qu’on veut savoir comment tout cela finit… même si la conclusion se révèle trop vite torchée malheureusement.
L’atmosphère est la vraie réussite du titre : une esthétique comics aux couleurs vives mais assombries, un cycle jour/nuit qui module les missions, et une bande-son qui joue son rôle d’élément de tension. Le doublage anglais fait le job, les textes sont traduits en français, et malgré quelques couacs narratifs, on reste accroché aux mystères du culte et aux petites révélations disséminées dans l’environnement.


A ce propos, si la forêt et ses environs représentent la majorité de la carte, vous aurez des endroits souterrains à trouver et à explorer, comme des bunkers lugubres et autres complexes ou mines (presque) désaffectées. On salue la variété des endroits qui dégagent une ambiance assez crade, à défaut d’être vraiment originaux. On a aussi deux ou trois phases de recherche façon enquête qui sont un peu nulles, dans une sorte de monde fantomatique, oubliable même si ça donne un peu de lore en plus.
Survival mais pas trop
Le jeu met le son au centre de sa mécanique : les ennemis sont aveugles et réagissent uniquement au bruit. Un indicateur visuel vous renseigne sur votre niveau sonore : jaune en marche normale, bleu accroupi, rouge en sprint et il faudra composer avec ces codes pour survivre. Marcher sur du verre ou dans l’eau attire l’attention et jeter des objets pour créer des diversions devient vite indispensable. La discrétion est gratifiante et tendue, et les premières heures fonctionnent très bien sur ce registre.
Attention aussi à vos munitions, à la bouffe et à votre endurance, qu’il faudra surveiller pour éviter de se retrouver en mauvaise posture au mauvais moment ! Manger permet de faire remonter l’endurance mais sans nourriture, impossible de courir ou de frapper au corps à corps correctement. Cramer toute votre endurance vous ralentira également le temps de faire remonter la barre. Heureusement vous aurez des items à trouver ou à crafter pour reprendre du poil de la bête ou récupérer des munitions ou des armes si vous trouvez les plans adéquats. Sauf que c’est là que I Hate This Place se prend les pieds dans le tapis…

Le côté survie s’effrite en effet au fil du jeu : les matériaux sont trop facilement accessibles sur la carte, le crafting permet de produire munitions et consommables en quantité, et surtout le ranch et ses différents postes à construire brise l’équilibre assez rapidement : on peut alors générer des ressources à la chaîne et transformer l’expérience en massacre généralisé sans trop s’inquiéter.
L’arsenal est d’ailleurs assez varié : batte, pistolet, fusil à pompe, grenades mais des hitbox parfois capricieuses et des animations qui perturbent la détection des tirs obligent à temporiser entre deux salves pour ne pas gaspiller de balles. On trouve même un taser qui permet d’activer certaines installations électriques, qui permettront d’activer des mécanismes notamment, sympa. On vise avec le stick droit, on tire avec RT, classique ! On aurait par contre apprécié un peu plus de variété dans le bestiaire, limité à des arachnides, des humains parasités ou des tentacules façon hentai, on a au final une dizaine de bestioles avec des patterns pas bien difficiles… Dans le tas, seul un boss est un peu lourdingue mais on peut en venir à bout à cause d’un bug de collision, magnifique !
L’exploration est plutôt plaisante malgré le manque de challenge : la carte par exemple n’est pas hyper lisible, ce qui force à mémoriser des recoins et rend la progression moins guidée, quelques énigmes demandent un peu de réflexion et évitent l’ennui et la quantité de plans à dégoter donne envie d’explorer au maximum les recoins de chaque souterrain. Le loot, les plans de fabrication et les PNJ à retrouver donnent envie d’arpenter la carte, même si la sensation de menace s’amenuise avec le temps.
C’est le voyage qui compte…
Le rendu comics fonctionne bien : couleurs franches, contrastes sombres, lumières vacillantes : le tout donne une identité visuelle marquée, proche d’un rendu BD façon Walking Dead par exemple. Le cycle jour/nuit apporte de la variété et certaines missions ne s’activent qu’à des moments précis, ce qui ajoute un peu de rythme.
Dans les huit heures jouées pour finir le jeu, j’ai rencontré des ralentissements et des chutes de framerate, en intérieur comme en extérieur, qui n’ont rien d’extrême mais qui détonnent sur des machines récentes comme la Xbox Series X sur laquelle le test a été effectué. Côté bugs, j’ai croisé les mêmes PNJ qui se retrouvent clonés à plusieurs endroits ou des objectifs qui se réactivent en revenant sur des lieux nuisent à l’immersion… espérons qu’un patch correctif arrange tout cela.

Globalement, le jeu est assez maniable à la manette : contrôles simples, menus réactifs, et fouiller n’interrompt pas l’action, ce qui est appréciable. Mais il faut être attentif car le jeu ne se met pas en pause quand vous farfouillez dans votre sac ou que vous regardez vos quêtes ou la carte !
I Hate This Place propose une expérience sympathique, portée par une ambiance forte et une identité visuelle originale. Le problème, c’est la constance : le jeu commence comme un survival tendu et finit par se transformer en shooter où l’on peut produire assez de ressources pour balayer la map sans trop d’efforts. La durée de vie est correcte (comptez environ huit heures), mais la rejouabilité est quasi nulle, pas de New Game +, et une fin qui tombe comme un rideau baissé trop tôt.

Test réalisé depuis une version commerciale fournie par l’éditeur, et retesté après un patch qui au final n’a pas changé grand chose. Mais on essaie de faire bien les choses quand même, on avait même préparé un stock de couches en espérant se chier dessus, finalement on va les revendre, laissez un commentaire si ça vous intéresse !


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