Ushijima, l’usurier de l’ombre Tome 2 : La dette qui va tout détruire
Après avoir suivi le parcours de Takeda dans le tome précédent, Ushijima, l’usurier de l’ombre change de perspective pour ce deuxième volume et s’attache cette fois aux pas de Masaru, un nouveau venu dans l’entourage du sinistre prêteur sur gages. L’occasion de plonger un peu plus loin dans les rouages glaçants de ce métier de l’ombre, où l’argent finit toujours par tout corrompre.

Soupçonné d’avoir volé et détruit la moto d’Aizawa, un chef de gang, le jeune Masaru se retrouve contraint de rembourser une somme colossale de deux millions de yens. Plutôt que d’emprunter cette somme, il propose à Ushijima de l’intégrer directement à son équipe. Pris en main par Takada, qui lui enseigne les ficelles du métier d’usurier, Masaru voit rapidement sa situation financière s’améliorer. Mais cette aisance nouvelle réveille chez lui un appétit pour l’argent de plus en plus difficile à maîtriser, au point de mettre en péril sa loyauté envers Ushijima.

Ce deuxième tome opère un changement de point de vue intéressant en délaissant temporairement Takeda pour suivre Masaru, ce qui permet à Shôhei Manabe d’explorer un autre visage du monde du crédit sur gages : celui des gangs et du racket, plutôt que celui des familles ou des employés ordinaires étranglés par leurs dettes. Ce choix donne un tome un peu plus orienté vers l’action et les rapports de force violents, avec toujours cette écriture crue et sans concession qui fait la force de la série. Le personnage d’Ushijima continue par ailleurs de gagner en épaisseur, entre sa froideur redoutable en affaires et des petits détails de sa vie personnelle qui viennent nuancer son portrait.

Ce recentrage sur l’univers des voyous et des chefs de gang peut cependant sembler légèrement moins riche que le tome précédent, qui offrait une plus grande diversité de destins et de tranches de vie touchant un public plus large. Les personnages secondaires de ce tome, plus interlopes, suscitent aussi un peu moins d’empathie immédiate. Cela reste malgré tout un volume efficace, qui creuse à sa manière les thèmes de la cupidité et de la dérive morale propres à la série, sans jamais perdre en intensité.



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