[Chronique Manga ] Le sommet des Dieux !
Découvre notre chronique sur le manga Le sommet des Dieux éditer chez Kana en 5 tomes. Cette œuvre magistrale retrace la quête obsessionnelle d’un photographe et d’un alpiniste solitaire face aux sommets impitoyables de l’Everest.

L’édition française du manga Le Sommet des Dieux adaptation par Jirô Taniguchi du roman de Baku Yumemakura, a été publiée par les éditions Kana (collection Made In) entre mars 2004 et mai 2005. L’édition initiale en format souple a été suivie de rééditions, dont une version cartonnée en 2010, et reste appréciée pour la beauté réaliste du trait de Taniguchi et la profondeur psychologique de l’histoire. Elle est toujours disponible chez Kana.

Le Sommet des Dieux est un puissant manga qui entremêle mystère historique et passion obsessive pour l’alpinisme. En 1993 à Katmandou, le photographe japonais Makoto Fukamachi découvre par hasard dans une boutique un vieil appareil photo qu’il croit appartenir à George Mallory, l’alpiniste britannique disparu en 1924 avec Andrew Irvine lors de leur tentative historique sur l’Everest , une énigme restée intacte : ont-ils atteint le sommet avant de mourir ? L’appareil lui est volé par un homme taciturne, qu’il identifie comme Jôji Habu, un grimpeur légendaire et solitaire des années 1970-80, disparu de la scène depuis longtemps.Fukamachi se lance alors dans une enquête qui le mène à retracer le parcours de Habu à travers des flashbacks : son caractère difficile, son obsession pour les faces les plus extrêmes, ses ascensions solitaires et son affrontement constant avec la montagne et avec lui-même.

Jirô Taniguchi , né le 14 août 1947 à Tottori et décédé le 11 février 2017 à Tokyo à l’âge de 69 ans, est l’un des plus grands auteurs de manga seinen et gekiga du Japon. Après avoir travaillé comme assistant auprès de Kyūta Ishikawa puis de Kazuo Kamimura, il fait ses débuts en 1970 avec Kareta Heya. Influencé par la bande dessinée franco-belge (notamment la ligne claire), il passe d’abord par des récits policiers et d’aventures en collaboration avec le scénariste Natsuo Sekikawa (Au temps de Botchan, qui remporte le Prix culturel Osamu Tezuka en 1998), avant de se consacrer à un style plus intime et contemplatif à partir des années 1990. Son œuvre, souvent qualifiée de « poésie du quotidien », explore avec une finesse rare les relations humaines, la mémoire, le passage du temps, le rapport à la nature et le dépassement de soi. Parmi ses titres les plus emblématiques figurent L’Homme qui marche, Quartier lointain (A Distant Neighborhood), Le Journal de mon père, Un zoo en hiver et Le Sommet des Dieux (adaptation du roman de Baku Yumemakura). Son trait réaliste, d’une précision et d’une beauté graphique exceptionnelles, a conquis un large public international, particulièrement en France où il est devenu un véritable phénomène et a été fait Chevalier de l’Ordre des Arts et des Lettres en 2011. Taniguchi reste aujourd’hui une référence majeure pour sa capacité à transformer des tranches de vie ordinaires en moments universels et profondément émouvants.


