[Test] Millennium Runners : l’ombre de Wipeout

Temps de lecture estimé :5 Minutes, 17 Secondes
Les +
  • Concept de jeu de course de vaisseau toujours séduisant sur le papier
  • Une dizaine de vaisseaux jouables
  • Multijoueur local à deux
Les –
  • Freezes fréquents
  • Optimisation fragile
  • Mode carrière peu structuré et peu engageant
  • Gameplay exigeant mais peu gratifiant
  • Sensations de vitesse et de glisse insuffisantes
  • OST électronique peu marquante
  • Effets visuels parfois peu lisibles

Millennium Runners: avait tout pour me parler. Un hommage assumé à Wipeout, un univers futuriste, de la vitesse, de l’exigence. Mais l’exécution ne suit pas. Le jeu propose des bases correctes, du contenu et une direction claire. Pourtant, il manque l’essentiel. Le frisson, l’adrénaline, cette envie immédiate de relancer une course pour faire mieux. L’ensemble manque de sensations, de personnalité et de finition. On joue, mais sans excitation. En l’état, difficile de le recommander. Cody

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von 10
2026-02-28T10:00:00+0100

Entre nostalgie et réalité.

Millennium Runners est sorti le 13 novembre 2025 sur Steam, après une phase d’accès anticipé débutée en avril de la même année.

Si j’ai voulu tester ce jeu, c’est pour une raison très simple. L’un de mes tout premiers souvenirs marquants de jeu de course, c’était Wipeout sur Sega Saturn. Cette licence m’a marqué pour sa vitesse, son exigence, son esthétique et même sa musique. Depuis, dès qu’un jeu évoque cet héritage, je suis curieux. F Zero, Fast Fusion sur Switch, ce sont des jeux exigeants, mais grisants.

Millennium Runners promettait cet esprit là. Forcément, j’avais envie d’y croire.

Première chose importante à signaler. Lors de mes premières sessions, il m’a été impossible de terminer une course. Le jeu freezait systématiquement à la fin. Après avoir baissé les paramètres graphiques, le problème a disparu. Le jeu est devenu jouable. Mais ce démarrage chaotique a forcément impacté mon ressenti global.

Maintenant que j’ai pu jouer correctement, qu’est ce que vaut réellement Millennium Runners ?

Des sensations qui ne décollent pas.

Le jeu propose environ neuf circuits répartis sur trois mondes différents, ainsi qu’une dizaine de vaisseaux jouables. Sur le papier, le contenu est honnête. Ce n’est pas immense, mais suffisant pour une production indépendante.

Les bonus sont classiques. Turbo, pilote automatique, missile autoguidé. Rien d’original, mais les bases sont là. On retrouve les mécaniques traditionnelles du genre, celles qui ont fait leurs preuves.

Le problème ne vient pas de la structure. Il vient des sensations.

Millennium Runners veut être exigeant, dans la lignée d’un Wipeout. Mais l’exigence seule ne suffit pas. La physique manque de finesse. On ne ressent pas cette glisse maîtrisée, ni cette montée d’adrénaline qui donne envie de relancer immédiatement une course. La vitesse est affichée, mais rarement ressentie.

On joue, on termine une épreuve, mais sans excitation. Et certaines décisions d’équilibrage viennent accentuer la frustration.

Très souvent, les adversaires semblent plus rapides que vous, même en ligne droite. Il arrive régulièrement que vous soyez à pleine vitesse, boost activé, parfaitement placé, et qu’un concurrent vous dépasse avec une facilité déconcertante. Sans erreur apparente de votre part. Sans vraie explication.

Cela donne une impression d’injustice. Non pas une difficulté stimulante, mais une sensation que l’IA bénéficie d’un avantage artificiel. Dans un jeu qui se veut technique, c’est problématique. La difficulté doit encourager la progression, pas provoquer l’agacement.

Le mode carrière accentue ce manque de plaisir. Il s’agit d’un simple enchaînement de courses, sans véritable mise en contexte, sans progression valorisée, sans explication claire. On enchaîne les épreuves mécaniquement, sans attachement ni montée en puissance.

Au final, tout fonctionne. Mais rien ne passionne. Et dans un jeu de course de vaisseau, c’est un manque difficile à ignorer.

Une direction artistique sans véritable identité.

Le jeu n’est pas moche. Il serait malhonnête de dire qu’il est raté visuellement. Les environnements sont propres, les modèles de vaisseaux sont corrects, et l’ensemble reste cohérent.

Mais il n’est jamais vraiment agréable à regarder.

Les trois mondes proposés offrent des décors différents, mais aucun ne parvient réellement à marquer l’esprit. Les circuits manquent d’une identité forte, d’un élément visuel mémorable, d’un style assumé. On enchaîne les tracés sans qu’aucun ne s’imprime durablement en mémoire.

Le problème ne vient pas d’un manque de moyens évident, mais d’un manque de personnalité. Là où des références comme Wipeout ou F Zero construisaient une identité visuelle forte, immédiatement reconnaissable, Millennium Runners reste générique. Futuriste, oui. Fonctionnel, oui. Mais rarement inspiré.

Les effets visuels posent également souci. Certaines explosions ou impacts manquent de lisibilité. Il arrive même qu’en pleine course, on ait du mal à comprendre ce qui vient de nous toucher. Entre les particules, les effets lumineux et la vitesse affichée à l’écran, l’action devient parfois confuse au lieu d’être spectaculaire.

Et puis il y a la question de l’optimisation.

Même après avoir corrigé le problème de freeze en fin de course en baissant les paramètres graphiques, les performances restent fragiles. Des variations de fluidité apparaissent encore, ce qui est d’autant plus étonnant que le rendu visuel reste modeste.

Dans un jeu de course de vaisseau, la fluidité est primordiale. La sensation de vitesse dépend directement de la stabilité du framerate. La moindre irrégularité casse l’illusion. Ici, cette instabilité empêche le jeu de délivrer l’impact visuel qu’il cherche à produire.

Au final, Millennium Runners n’est pas désagréable à l’œil, mais il manque d’identité, de clarté et de finition technique pour véritablement impressionner.

Une bande son sans étincelle.

La bande son est électronique, dans la tradition du genre. Sur le papier, le choix est logique. Un jeu de course de vaisseau rapide appelle naturellement une musique énergique, rythmée, capable d’accompagner la vitesse.

Le problème, c’est que cette musique ne marque jamais.

Les morceaux restent fonctionnels. Ils tournent en arrière plan, soutiennent l’action, mais sans jamais l’amplifier. Il n’y a pas ce moment où la musique et la course se synchronisent parfaitement pour créer une vraie montée d’adrénaline.

Dans les grandes références du genre, la bande son était presque un personnage à part entière. Elle participait à l’identité du jeu. Elle donnait envie de monter le son, elle restait en tête après la partie. Ici, l’électro proposée est propre, mais générique. Elle manque de puissance, de personnalité, d’un thème fort qui viendrait ancrer l’expérience.

Le sound design est dans la même veine. Les bruitages des vaisseaux, des boosts ou des impacts remplissent leur rôle, sans être particulièrement marquants. Rien n’est vraiment raté, mais rien ne crée ce petit supplément d’âme.

Dans un jeu basé sur la vitesse et la tension, la musique et le son sont essentiels. Ils doivent renforcer l’impression d’accélération, soutenir la concentration, amplifier la compétition.

Ici, ils accompagnent l’action sans jamais la transcender. Et dans un titre qui manque déjà de sensations fortes, cette neutralité sonore n’aide pas à créer l’étincelle.

Un potentiel qui ne décolle jamais.

Millennium Runners n’est pas un jeu catastrophique. Il fonctionne. Il propose du contenu. Il permet même de jouer à deux en local. Sur le papier, les bases d’un jeu de course de vaisseau solide sont bien présentes.

Mais un jeu de ce genre ne peut pas simplement fonctionner. Il doit faire ressentir quelque chose. Il doit créer une tension dans les virages, une montée d’adrénaline en ligne droite, cette envie presque instinctive de relancer une course pour améliorer son temps.

Ici, malgré un hommage assumé à Wipeout et une direction claire, l’exécution manque d’impact. Les sensations ne décollent jamais vraiment. La direction artistique reste trop neutre pour marquer les esprits. La bande son accompagne sans galvaniser. Le gameplay exige, mais sans récompenser.

Si Millennium Runners venait tout juste de sortir, on pourrait espérer des mises à jour rapides, des ajustements sur l’optimisation, l’équilibrage de l’IA ou le ressenti de la physique. On pourrait imaginer un travail progressif pour affiner l’expérience.

Mais le jeu est disponible depuis plusieurs mois maintenant. Et en l’état, l’ensemble donne davantage l’impression d’un projet figé que d’un titre en pleine évolution. Rien n’indique une dynamique forte d’amélioration.

Peut-être que le jeu évoluera avec le temps. Peut-être que des correctifs viendront affiner les sensations. Mais aujourd’hui, il est difficile de recommander un titre sur la base d’un potentiel hypothétique.

Millennium Runners avait les bonnes intentions. Il lui manque simplement l’essentiel : le frisson.

Test réalisé grâce à un code presse fourni par l’éditeur. Les attentes étaient élevées. Les paramètres graphiques un peu moins.

Breton et fière de l'être, ancien commentateur de catch, fait des vidéos sur YouTube depuis 10 ans, passionné de FPS et jeux de sports, à écouter chaque semaine dans le podcast de Game Cover.

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