[Test] Anno 117: Pax Romana – Respect et robustesse !
Un épisode qui ravira les fans de la licence mais aussi du genre !
- Accessible et accrocheur
- La variété dans le gameplay mais sans devenir trop complexe
- L'époque romaine bien pensée
- Techniquement abouti
- Un peu trop proche d'un Anno 1800
- Le côté militaire manque de profondeur
- Campagne en dents de scie
Anno 117: Pax Romana: Anno 117: Pax Romana impressionne par sa prestance et sa richesse visuelle, offrant le plaisir raffiné de bâtir et de faire prospérer une province façonnée par nos décisions, nos erreurs et nos éclairs de génie. C’est une Rome animée d’un appétit insatiable d’expansion, progressant sans relâche jusqu’à ce que la carte elle-même s’avoue vaincue. Bien qu’imparfait, le titre se distingue par son ambition, sa générosité et surtout par son intensité vivante. Dans un genre où nombre de productions se contentent de recycler des mécaniques éculées, voir un empire oser se réinventer constitue déjà un mérite digne des honneurs du Sénat. – HerrKamper
Depuis plus de vingt-cinq ans, Anno continue de façonner l’art de la gestion urbaine avec une minutie remarquable. Après avoir emmené ses joueurs dans le futur, au cœur d’archipels tropicaux, à l’époque de la Renaissance ou en pleine révolution industrielle, Ubisoft choisit cette fois de nous plonger dans un tournant majeur de l’Histoire : l’apogée de l’Empire romain, en 117 après J.-C., sous le règne de l’empereur Trajan.
Anno 117: Pax Romana invite à endosser le rôle d’un gouverneur romain, responsable de l’essor économique et culturel de provinces stratégiques. Il s’agit d’orchestrer le développement du commerce, de maîtriser les relations diplomatiques, de planifier et améliorer les infrastructures, tout en répondant aux attentes d’une population aussi nombreuse qu’exigeante. Une mission ambitieuse qui promet une immersion totale dans la gestion et l’expansion de l’Empire romain à son apogée.
Si vis pacem…
Anno a toujours aimé jouer avec l’Histoire sans jamais se laisser enfermer dans ses carcans. Mais cette fois, la licence se plonge dans un décor particulièrement fascinant : la Pax Romana, cette ère de stabilité politique, d’essor économique et d’effervescence culturelle, un terrain rêvé pour un jeu de gestion ! Les provinces à administrer ne sont pas de simples îles interchangeables : ce sont des terres aux identités marquées, avec leurs propres contraintes, ressources et tensions internes. Ici, la romanisation n’est pas une option magique à activer : c’est un processus, parfois long, parfois conflictuel, mais toujours profondément stratégique.

Les citoyens romains nourrissent des attentes différentes de celles des populations locales. Les infrastructures doivent se conformer aux standards imposés par l’Empire. Routes, aqueducs, forums, thermes… ces éléments ne sont pas de simples ornements, mais constituent des réseaux interconnectés influençant la productivité, le moral et la sécurité de la communauté.
À l’image des meilleurs jeux de la série Anno, Pax Romana offre plusieurs approches pour bâtir son empire. La campagne scénarisée en est le cœur narratif : on y joue un gouverneur mandaté par Rome pour stabiliser et développer diverses provinces. Les missions sont variées et immersives : redonner vie à une ville détruite par une révolte, mettre en place une économie locale pour approvisionner Rome, apaiser les tensions entre tribus ou encore satisfaire les demandes parfois extravagantes de l’Empereur. Véritable tutoriel grandeur nature, la campagne introduit les mécaniques de jeu en douceur, sans jamais prendre le joueur de haut. Seul petit défaut, un rythme inégal qui oscille entre des moments très calmes et des phases particulièrement intenses.
Une fois que vous aurez pris vos marques, vous pourrez essayer le mode Bac à sable : aucune contrainte scénarisée, juste vous, une province et une liberté totale. Les options de personnalisation sont variées : difficulté économique, agressivité des factions, fréquence des événements, ressources disponibles… Puis vient le mode Conquête, une nouveauté inspirée des ambitions impériales romaines. Ce mode semi-roguelite fait évoluer les conditions à chaque province conquise. Le rythme y est plus soutenu, presque stratégique, contrastant avec la lenteur contemplative du bac à sable.
le BTP à la romaine
Anno 117 conserve la formule emblématique de la série : collecter des ressources, fabriquer des biens, répondre aux besoins des habitants, débloquer de nouvelles constructions et étendre progressivement son territoire. Si la mécanique reste familière, l’époque romaine insuffle un vent de fraîcheur grâce à ses infrastructures impériales. Les routes romaines, par exemple, ne se limitent pas à relier deux points : elles influencent la rapidité des déplacements, renforcent la sécurité et impactent même la fiscalité. Quant aux aqueducs, ils occupent une place centrale dans la gestion de la cité : en irriguant les quartiers, ils augmentent la valeur foncière et ouvrent la voie à l’édification de bâtiments plus avancés. Cette combinaison entre tradition et innovations romaines promet une expérience de jeu riche et immersive.


De même, la société romaine se compose de diverses catégories : plébéiens, artisans, patriciens, légionnaires et fonctionnaires impériaux. Chacun dispose de besoins spécifiques, de bâtiments dédiés et de chaînes de production propres. Les populations locales, quant à elles, possèdent leurs attentes particulières, parfois en contradiction avec celles de Rome. Il faut alors jongler habilement entre l’assimilation, le respect des traditions et l’exploitation économique. Les routes maritimes connaissent un dynamisme sans précédent. Les provinces commercent activement entre elles, tandis que Rome fixe des quotas stricts et que les pirates, ou plutôt les “bandits de mer”, continuent de rôder sans relâche.
Anno a longtemps été conçu pour une utilisation à la souris, comme la plupart des jeux du genre. Les précédentes versions sur consoles remplissaient leur rôle, sans toutefois atteindre la fluidité d’un city-builder pensé dès le départ pour la manette. Ici, la situation est différente : le travail réalisé sur l’ergonomie du pad est particulièrement soigné. Menus radiaux, raccourcis contextuels, gestion intuitive des caméras : chaque élément semble pensé pour éviter la complexité habituelle. La navigation entre bâtiments, routes, ressources et statistiques se fait sans heurts, même si l’abondance de menus peut parfois désorienter lors de situations urgentes.
En résumé, les menus radiaux offrent un accès rapide à l’ensemble des options de construction en seulement deux actions, rendant la navigation fluide et intuitive. Le stick droit assure un contrôle précis de la caméra, essentiel pour observer et apprécier chaque détail architectural du projet. Quant aux gâchettes, elles agissent comme des modificateurs polyvalents, permettant d’accélérer la mise en place des routes, de sélectionner efficacement des zones spécifiques ou encore de passer aisément d’une couche d’information à une autre, optimisant ainsi l’expérience de conception et la gestion des infrastructures.

Les différents menus offrent un accès direct aux flux de marchandises, au niveau de satisfaction des habitants, à la couverture des services, à la stabilité politique ou encore à l’état des infrastructures. La navigation est intuitive, mais le véritable défi réside dans la masse d’informations à assimiler pour s’y repérer efficacement.
Pour faciliter la gestion quotidienne, des notifications intelligentes regrouperont les problèmes par catégorie et offriront des solutions rapides. Par exemple, si un quartier manque d’eau, un simple clic permettra de visualiser instantanément l’endroit précis où prolonger l’aqueduc afin de rétablir l’approvisionnement. Ce système optimise la réactivité et garantit une prise de décision efficace face aux imprévus.
C’est loin mais c’est beau !
Visuellement, Anno 117: Pax Romana offre une reconstitution convaincante de l’Empire romain sans chercher à en mettre plein la vue en permanence. Les bâtiments sont soignés, les matériaux crédibles, et les contrastes entre zones romanisées et quartiers locaux donnent une lecture claire du territoire. Le cycle jour/nuit et les changements météo enrichissent l’ambiance sans jamais éclipser le gameplay. L’ensemble reste cohérent, lisible, et assez élégant pour donner envie de zoomer de temps à autre, tout en privilégiant la clarté fonctionnelle plutôt que la démonstration technique. C’est net, maîtrisé, parfois superbe, mais toujours au service de la gestion.
Le sound design suit la même logique. La bande-son, discrète et teintée de sonorités méditerranéennes, accompagne la construction sans jamais chercher à dominer. Les ambiances urbaines sont soignées : marchés animés, ateliers bruyants, murmures des habitants, eau qui circule dans les aqueducs… tout concourt à créer une atmosphère crédible, sans surenchère. Les retours sonores liés aux actions du joueur restent simples mais efficaces, assez clairs pour orienter sans détourner l’attention. Ce n’est pas un spectacle audio, mais un univers cohérent qui soutient la progression et renforce l’immersion, sans jamais la forcer.
À l’instar de tous les volets de la série, Pax Romana se distingue par une expérience qui s’apprécie sur la durée. La campagne principale propose à elle seule une trentaine d’heures de jeu, mais c’est le mode bac à sable qui repousse véritablement les limites, offrant des centaines d’heures aux passionnés d’optimisation de chaque quartier, chaîne de production et route commerciale. Le mode Conquête, avec ses provinces générées aléatoirement et ses défis renouvelés, assure une rejouabilité quasi illimitée. De plus, Ubisoft accompagne le titre d’un Year 1 Pass riche en contenu additionnel, annonçant un suivi dans la lignée de celui d’Anno 1800.

Anno 117: Pax Romana impressionne par sa prestance et sa richesse visuelle, offrant le plaisir raffiné de bâtir et de faire prospérer une province façonnée par nos décisions, nos erreurs et nos éclairs de génie. C’est une Rome animée d’un appétit insatiable d’expansion, progressant sans relâche jusqu’à ce que la carte elle-même s’avoue vaincue. Bien qu’imparfait, le titre se distingue par son ambition, sa générosité et surtout par son intensité vivante. Dans un genre où nombre de productions se contentent de recycler des mécaniques éculées, voir un empire oser se réinventer constitue déjà un mérite digne des honneurs du Sénat.


