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[Spooky Season #9] Monstre : L’histoire d’Ed Gein
Temps de lecture estimé :4 Minutes, 6 Secondes
La série d’anthologie emblématique de Ryan Murphy et Ian Brennan revient pour un troisième volet. Plus glaçant que jamais. Monstre : L’histoire d’Ed Gein dévoile comment un homme ordinaire de Plainfield, dans le Wisconsin, est devenu l’abomination la plus singulière de l’histoire, et nous rappelle une vérité terrifiante : on ne naît pas monstre, on le devient.
De l’homme à la légende du cinéma
John Wayne Gacy, Ted Bundy, Charles Manson,… Des noms connus de tous suite aux nombreux meurtres que chacun d’entre eux à commis. On pourrait remonter au début du XXème siècle pour suivre l’évolution du nombre de tueurs en série ayant sévit aux Etats-Unis. Même s’il n’a pas un nombre très élevé de victimes à son actif,… Ed Gein reste l’un des plus dérangeants et les plus fascinants. Vous connaissez l’homme à travers les personnages qu’il a inspiré au cinéma mais connaissez-vous vraiment son histoire?



Norman Bates dans Psychose, Latherface dans Massacre à la tronçonneuse, Buffalo Bill dans Le Silence des agneaux… Des monstres qui n’ont eu de cesse de nous hanter à travers le cinéma, la littérature et la télévision et qui ont été inspirés par un seul et même homme : Edward Gein. Dit « Le boucher de Plainfield ». Fascination morbide ou manière de pénétrer la psyché des dits tueurs, Ed Gein aura été une source d’inspiration pour certains réalisateurs mais aussi dans la littérature. Comment ne pas penser à Norman Bates dans Psychose qui est né dans l’esprit de Robert Bloch. Et ce, après la vente aux enchère des affaires d’Ed Gein… A Leatherface issu d’une famille cannibale et tout comme Gein ayant une passion pour le travail de le peau humaine. Des croque-mitaine qui sont devenu des icônes de la pop culture mais nées d’une histoire dont certains ignorent l’existence.
Une mention spéciale pour le docteur Hannibal Lecter crée par le romancier Thomas Harris! Qui s’inspirera de Gein pour son célèbre psychiatre mais aussi du tueur Buffalo Bill recherché par l’agent Starling dans Le Silence des Agneaux. Des tueurs romantisés par la fiction mais qui au travers des diverses adaptations vivront éternellement à travers elles…

Après tant d’adaptations s’inspirant du célèbre tueur en série, on pensait en avoir terminé avec cette sordide affaire. Mais c’était sans compter sur Ryan Murphy et Ian Brennan qui nous offrent leur vision via la petite lucarne de Netflix dans Monstre : L’histoire d’Ed Gein.
Un fils que seule une mère peut aimer
Tout débute dans l’Amérique d’après-guerre durant les années 50. Alors que son frère a quitté le domicile familial pour tenter de mener une vie normale, Ed Gein est resté dans sa petite ferme du Wisconsin rural en compagnie de sa mère. Véritable matriarche extrémiste, elle l’empêche de profiter du monde extérieur. Mais surtout de la compagnie des femmes qu’elle diabolise au quotidien. Malgré, tout, elle reste pour ce dernier son pilier. Mais tout bascule lors du décès de sa seule famille. Isolé et complètement perdu, Ed va alors tenter ce combler ce manque affectif par le biais du meurtre et de bien d’autres atrocités…




Une troisième saison réussie, mais à ne pas mettre entre toutes les mains
Après Dahmer et les frères Menendez, c’est une nouvelle figure du crime que nous découvrons dans Monstre : L’histoire d’Ed Gein. S’inspirant de son effroyable histoire tout comme les antagonistes qu’il aura fait naître au cinéma… Le duo nous offre une nouvelle saison inspirée de fait réels, mais reprenant également divers aspects fictifs comme la relation qu’il avait avec l’une des habitantes du coin. Elle aura certes bien connu Ed, mais leur relation n’était pas aussi poussée. L’affaire de la baby sitter (qui gardait en réalité un enfant de 20 mois) n’a jamais été résolue. Et n’a jamais été attribuée à Gein qui n’a officiellement tué que deux personnes. Son frère serait mort par asphyxie lors de l’incendie de la demeure familiale. On pourrait donc brandir les torches face à ces injustices, mais il faut prendre en compte les besoins d’étirer la série sur huit épisodes. Ce qui permet aussi de mieux cerner la personnalité du personnage.
Mais passé ces petits détails (il fallait bien chipoter un peu), nous assistons à une véritable descente aux enfers. Même si les différents trailers nous avaient offert un bel aperçu de ce qui nous attendait, la série marque les esprits pour sa violence. Meutre, nécrophilie, découpe de chair humaine, confection d’objets à partir de corps… Rien ne nous est épargné ici ce qui limite donc le public. Certains spectateurs n’auront pas le coeur assez accroché. De plus, nous avons droit à une petite surcouche qui revient sur les horreurs perpétrées par les nazis durant la Seconde Guerre mondiale. Dahmer était un sale gosse, mais passe ici pour un enfant de coeur à côté d’Ed.

Nous avons droit également à de nombreux hommages aux monstres du septième art. Quel plaisir de découvrir la reconstitution de Massacre à la tronçonneuse, Anthony Perkins se préparant pour le rôle de Norman Bates. Où encore ce cher Alfred Hitchcock qui se délecte face à la réaction du public découvrant Psychose en salles. Comme le dit ce dernier, il a transformé le cinéma. Et Ed a également changé notre façon de voir les tueurs en séries. De simples faits divers au grand écran, la frontière s’est affinés au fil du temps. En résulte une fascination morbide pour ces personnages qui ont fait de nous des monstres d’une certaine manière. La fiction rejoignant désormais les plus horribles crimes que nous découvrons au journal télévisé.
Et que dire de la prestation de Charlie Hunnam complètement habité par le personnage. Bien loin du charismatique Jax Teller des Sons of Anarchy, il nous offre ici SA meilleure performance. Aussi glaçant, qu’attachant sur les derniers épisodes, nous assistons progressivement à la transformation psychologique d’un homme qui malgré toutes les atrocités qu’il a commises se rend compte avec le temps que la folie était en lui depuis le début. Difficile de s’attacher à ce monstre et pourtant, il est le reflet de notre fascination sociétale pour les histoires vraies morbides.


