Après deux tomes presque entièrement consacrés au duel, Kagurabachi change d’ambiance et laisse enfin respirer son histoire. Takeru Hokazono ralentit un peu la cadence pour s’intéresser davantage à ses personnages, avant de remettre la machine en route avec brutalité. Ce nouveau volume cherche à approfondir l’univers de la série tout en gardant son goût pour les situations qui tournent mal. Le résultat est un tome plus posé en apparence, mais qui prépare le terrain pour de gros enjeux, et qui rappelle que le manga a plus à offrir que de simples combats.

Pour la protéger des Hishaku, Chihiro emmène Iori à l’hôtel du Sang de Kyoto, un endroit où elle devrait pouvoir se cacher en sécurité. Sur place, la jeune fille doit faire un choix difficile : retrouver les souvenirs qu’elle a perdus au sujet de son père, ou continuer à vivre sans rien savoir de son passé. Mais le calme ne dure pas. Quand l’un des membres des Hishaku s’en prend à l’hôtel et le plonge dans un véritable carnage, Iori n’a plus vraiment le temps de réfléchir à ce qu’elle veut.

Ce tome fait du bien à la série en ajoutant un peu de calme entre deux grosses séquences d’action. Iori occupe enfin le devant de la scène, et son dilemme donne une vraie dimension humaine à l’histoire. On s’attache davantage à elle, ce qui rend la suite plus forte. Le cadre de l’hôtel est aussi bien exploité : le lieu paraît rassurant au début, puis devient glaçant quand tout bascule, et Hokazono joue très bien sur ce contraste.

Côté dessin, on retrouve la même précision et la même énergie, notamment dans les scènes d’attaque, où le danger se ressent à chaque page. Les amateurs d’action trouveront peut-être le début un peu plus calme que les volumes précédents, mais la montée en puissance est bien dosée et la fin du tome compense largement. C’est un volume qui prend le temps de construire quelque chose, et qui donne envie de voir ce que l’auteur réserve à Iori et à Chihiro.

