Après le délire géant du tome 9, Dandadan redescend d’un cran avec un dixième volume plus ancré dans le quotidien, sans rien perdre de son étrangeté. Yukinobu Tatsu, publié en France par Crunchyroll Manga, y mêle vie lycéenne et légende urbaine, pour un résultat qui rappelle les débuts de la série. C’est aussi l’occasion de voir Momo reprendre la place centrale, dans un récit où la menace est moins spectaculaire mais plus inquiétante. Les fans de l’anime y retrouveront cette alternance de ton qui fait tout le charme de l’univers.

Pour que Vamola, la mystérieuse fille kaiju, ne soit pas en retard pour sa première journée au lycée, Momo l’emmène par un raccourci à travers des ruines interdites d’accès. Mais le sort de protection qu’elles lancent ne fonctionne pas, et elles tombent sur la femme à la bouche fendue qui hante les lieux. Les deux jeunes filles parviennent à s’échapper de justesse, et ce n’est que plus tard que Momo mesure le danger qu’elle a couru. Pourquoi Seiko lui interdit-elle désormais de quitter sa chambre après 22 h pendant une semaine ?

Ce tome 10 réussit un joli équilibre entre tension et légèreté. La rencontre avec la femme à la bouche fendue donne une vraie séquence d’horreur, bien rythmée, qui rappelle que la série sait aussi faire peur quand elle le veut. À côté de ça, l’arrivée de Vamola au lycée apporte une bonne dose de comédie : son décalage avec le quotidien des élèves est drôle sans être forcé, et sa relation avec Momo est un vrai plaisir à suivre.

Le tome profite aussi de ce retour à un cadre plus modeste pour approfondir ses personnages. L’interdiction imposée par Seiko installe une inquiétude qui monte doucement et donne envie de lire la suite. Le dessin reste très efficace, aussi bien dans les scènes de poursuite que dans les moments plus calmes. Un volume plus posé que le précédent, mais tout aussi réussi, qui confirme la capacité de la série à changer de registre sans perdre son identité.

